Montpellier : la gare de la Mogère sera mise en service en 2018

Les travaux de la gare de la Mogère-Sud-de-France ont bien avancé. Photo François Fondeville

C’est très précis : la gare de la Mogère, à Montpellier, s’ouvrira aux voyageurs le 7 juillet 2018. Malgré la polémique et le coup de frein financier de la Région, cette fameuse seconde gare, pivot du projet de la grande vitesse et d’une meilleure offre des trains du quotidien, pourrait se faire à vitesse grand V.

Les sillons sont réservés. Selon une source bien informée, « Le commissaire-enquêteur devrait donner un avis favorable au projet, même avec des recommandations. Et les recours tombent un à un… » Sur la gare polémique de la Mogère, à Montpellier, Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie,  considère qu’avec « seulement quatre trains par jour, la SNCF ne remplit pas son contrat ». Elle avait d’ailleurs annoncé qu’elle bloquait sa participation financière à cette gare. Elle veut aller vite (notre dossier du 7 février 2017). Car, sans le dire, les deux métropoles se livrent à une course contre la montre. Le développement économique et l’équilibre du territoire sont en jeu. Et son leadership.

Le contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier se fera en plusieurs étapes. La ligne nouvelle ouvrira le 11 décembre 2017. Quarante à soixante trains de fret l’emprunteront à cette date. Le 7 juillet 2018, donc, la Mogère-Sud-de-France, tel est son complet, sera accessible aux voyageurs à raison de huit trains par jour, dont quatre TGV et quatre Intercités (la moitié dans chaque sens) et non plus seulement quatre TGV esseulés. De quoi réjouir les pouvoirs publics. Enfin, fin 2019, sous réserve que la gare de Manduel, près de Nîmes, soit purgée des tous les recours, la SNCF prévoit entre 24 et 28 trains de voyageurs quotidiennement qui s’arrêteront donc à Manduel et à la Mogère.

La grande vitesse entre Montpellier et Perpignan par petits bouts

Est-ce suffisant pour donner un coup de fouet à la grande vitesse entre Montpellier et Perpignan ? En tout cas, celle-ci est toujours renvoyée aux calendes grecques. Et pourrait se faire, au mieux, par petits bouts. Carole Delga évoque la possibilité d’une première phase entre Montpellier et Béziers (Hérault) ce qui permettra de gagner 18 minutes entre Toulouse et Montpellier.

Le contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier (CNM) est une liaison ferroviaire mixte, frêt-voyageurs. Sa construction, qui permettra de relier Montpellier à Paris en moins de 3 heures, a débuté fin 2013. Son coût : 2,3 milliards d’euros dont 147 millions d’euros (avec rallongement tramway) rien que pour la gare de la Mogère à Montpellier, Carole Delga ayant mis la participation financière de la Région (32 millions d’euros) entre parenthèses.Cette ligne est censée répondre à la saturation de la ligne actuelle. Mais aussi à en améliorer la sécurité, libérer de la place sur le rail pour augmenter la fréquence des trains du quotidien (TER). C’est pour cela qu’une seconde source proche du dossier affirmait, sans avoir été démentie, que « la Mogère se fera avec ou sans le concours de la Région… »

Toulouse lance une pétition pour avoir « son » TGV »

Toulouse, elle, fait tout pour passer, à la vitesse supérieure. Certes, le premier coup de pioche est encore loin d’être donné mais, d’ici cet été, le TGV arrivera à Bordeaux. « Toulouse sera alors à 4 h de Paris, soit 1h20 de trajet en moins », souligne avec fierté Jean-Luc Moudenc qui lance tout un programme de travaux, dont le réaménagement du parvis de la gare Matabiau…  » Bordeaux, c’est la seule certitude…

Toulouse, même avec une ligne à grande vitesse à cinq milliards d’euros et des recours qui vont probablement ralentir le projet, se hâte plus lentement qu’espéré… pour permettre à la Ville Rose de se rapprocher de Paris en trois heures d’ici 2024… L’important, c’est que le tronçon Montpellier-Béziers soit réalisé avant Poitiers-Limoges.

Oui mais voilà, justement, la mairie de Toulouse, inquiète des déclarations de désengagement au plus haut sommet de l’Etat, vient de  lancer une pétition pour défendre l’arrivée de « son » TGV. Jusqu’au 14 avril, la pétition sera ouverte sur le site TGV-Toulouse.fr pour soutenir la réalisation de la ligne à grande vitesse entre Toulouse et Bordeaux avec une mise en service en 2024. Une initiative soutenue par Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie.

Cette pétition cherche à interpeller les candidats à l’élection présidentielle afin qu’ils affirment leur volonté de concrétiser cette LGV dans le respect du calendrier convenu et s’engagent sur le financement. « Toulouse et sa Métropole, qui enregistrent la plus forte croissance démographique française et détiennent le record de création d’emplois privés, qui séduisent de plus en plus de grandes entreprises et de start-up ne peuvent rester plus longtemps à l’écart du réseau ferroviaire à grande vitesse. Je me bats depuis des années pour soutenir ce projet et défendre les intérêts de notre territoire », dit le maire dans le texte.

OLIVIER SCHLAMA