Vins : De bonnes raisons de ne pas (trop) craindre la « gueule de bois »

Certes, prétendre que le vin peut protéger du Covid est une fake news, comme l’a récemment rappelé Axel Kahn, généticien et président de la Ligue Nationale contre le Cancer, sur Twitter. Mais, bien que meurtri par la crise sanitaire, la fermeture des restaurants, la baisse du tourisme, etc, le monde viticole a enregistré un millésime 2020 exceptionnel et mise clairement sur l’avenir !

Les mardi 16 mars et mercredi 17 mars, le Concours des vins du Sud-ouest (1) s’est
adapté à la situation sanitaire. Organisé dans plusieurs centres de dégustation
(Madiran, Eauze, Gaillac, Cahors et Fronton), la 25e édition du Concours des Vins du Sud-Ouest a permis de récompenser 192 vins, dont 105 médailles d’or et 87 médailles d’argent.

Au total, 672 références étaient en compétition, un chiffre en hausse par rapport à la précédente édition. Pour Christophe Bou, président de l’interprofession, cette progression, dans un contexte difficile, « montre que ce concours est reconnu par les vignerons et les acheteurs. Il est un moyen de reconnaissance de la qualité des vins du Sud-ouest… »

Et le meilleur sommelier des terroirs du Sud-ouest est…

La veille s’était déroulé le Concours du meilleur sommelier des terroirs du Sud-ouest. Les candidats se sont d’abord affrontés durant la matinée lors d’une série d’épreuves comprenant la dégustation d’un vin rouge à l’aveugle, un test de connaissance et la conception d’un support de communication. Celle-ci a permis de sélectionner trois finalistes : Augustin Belleville (lycée CFA François Rabelais de Lyon-Dardilly), Lola Jallais (Lycée Hôtelier de La Rochelle) et le régional Nicolas Mas (CFA Blagnac).

Augustin Belleville, élève du Lycée CFA François Rabelais de Lyon-Dardilly est donc le grand gagnant de la 35e édition du Concours du Meilleur Sommelier des Terroirs du Sud-Ouest. Photo D.-R.

C’est le premier qui a été désigné vainqueur après une nouvelle série d’épreuves comprenant cette fois la dégustation à l’aveugle d’un vin blanc, un exercice de commercialisation dans un contexte de restauration, la correction d’une carte des vins erronée et deux questions posées par le parrain de l’édition, le sommelier Jean-Baptiste Bosc, collaborateur du chef parisien Yannick Alleno au Pavillon Ledoyen.

Âgé de vingt ans, le jeune lauréat natif de la région d’Annecy prépare une mention complémentaire sommellerie au sein du Lycée CFA François Rabelais de Lyon-Dardilly. Diplômé de l’École Hôtelière Savoie Léman de Thonon-les-Bains, il réalise en parallèle son apprentissage au restaurant de l’Abbaye de Talloires (Hate-Savoie) auprès de Charles-André Charrier, maître-sommelier de l’USDF.

« Le Concours du Meilleur Sommelier des Terroirs du Sud-Ouest est le premier concours auquel je participais. Le matin, j’avais un peu de trac mais je me suis détendu au fil de la journée. Et tout s’est bien passé : la victoire, c’est la cerise sur le gâteau ! Depuis un mois, je me suis beaucoup entraîné en compagnie de mon maître d’apprentissage en dégustant et en répondant à des questionnaires de connaissance. Au restaurant, nous proposons souvent des vins du Sud-Ouest au verre, des Fronton, des Cahors ou des Marcillac notamment. Cela m’a aussi aidé ! », a déclaré le jeune vainqueur qui deviendra à n’en point douter un excellent ambassadeur des vins du Sud-ouest.

Un projet qui est né à SupAgro Montpellier

Emma Costalonga et Robin Boulay, étudiants à SupAgro Montpellier. Photo D.-R.

Autre horizon, autre concours… La finale de la 3e édition de Tomorrow Wine, concours d’innovation à destination des futurs professionnels du vin, s’est également déroulée récement, à huis-clos, en présence des finalistes et des jurés dans le respect des mesures sanitaires actuelles.

Elle a été le théâtre de nombreux échanges sur les enjeux actuels de la filière de vin et des réponses des étudiants en école de marketing et de commerce du vin pour y faire face. Trois bourses allant jusqu’à 10.000 € ont été attribuées.

Le projet montpelliérain Go2Wine, complète le palmarès du concours, remporté par Ambre Colovray et Honorine Auvray, étudiantes à l’EFAP Bordeaux, dont le projet lauréat (2) vise à « mettre en avant le travail des vigneronnes, en alliant à la tradition du travail du vin les outils digitaux de la modernité. » De leur côté, Emma Costalonga et Robin Boulay, étudiants à SupAgro Montpellier ont déveoppé une application mobile permettant de mettre en relation les 20-35 ans avec des cavistes indépendants. Ils remportent une bourse de 1000€

Les cavistes, ambassadeurs du Cahors

Un fragment de l’affiche de « Cahors, Révélations Malbec ».

Forte de son succès, l’opération Cahors, Révélation Malbec revient pour une seconde édition, du 30 mars au 11 avril 2021. L’occasion d’affirmer le renouveau de l’appellation en montrant la diversité des styles et des terroirs de l’AOC Cahors à travers une visibilité accrue des vins de Cahors référencés chez les cavistes participants et sur les réseaux sociaux de l’appellation.

Les 215 caves participantes recevront un kit de communication à l’image de l’AOC pour animer leur vitrine et ainsi mettre en avant l’appellation et leur sélection
pendant 10 jours. « Cette animation est un vrai coup de projecteur pour les vins de Cahors. Le succès de la précédente édition et le contexte économique actuel difficile
lié au Covid ont conforté l’interprofession dans son souhait de renouveler son soutien au réseau des cavistes revendeur des vins de Cahors », souligne Armand de Gérard, Directeur Marketing et Communication de l’appellation.

Ambiance « chic et champêtre » pour l’AOC Languedoc-Sommières

Autre lieu, autre date, autre terroir… Pour sa 15e édition, les vignerons de l’AOC Languedoc-Sommières donnent rendez-vous au grand public lors du Salon Vinum qui se tiendra les 14 et 15 août prochains, dans le Parc du Château de Pondres. L’occasion de découvrir et déguster les vins de l’AOC LanguedocSommières, « dans une ambiance chic et champêtre. »

Le Salon Vinum se veut avant tout éco-responsable ! Et les organisateurs précisent : « Si plus de 75% des vignerons de l’AOC Languedoc-Sommières sont en bio, Vinum incarne logiquement cette démarche durable. Aucune bouteille plastique, tri des déchets, stands et mobilier de l’espace restauration construits en bois par les vignerons, mise en valeur de la biodiversité avec la visite botanique du parc… Le Salon Vinum se veut éco-responsable et également, covid-compatible : toutes les mesures sanitaires nécessaires seront mises en place. »

Toujours à consommer avec modération, les vins de la région Occitanie Pyrénées-Méditerranée sont bien décoidées à faire sauter le bouchon !

Philippe MOURET

(1) Le vignoble du Sud-Ouest abrite une mosaïque de terroirs situés entre l’océan Atlantique, les Pyrénées et le Massif central. Berceau de 130 cépages emblématiques (cabernet franc, fer servadou, gros et petit manseng, malbec, négrette, tannat, etc.), la région est en volume le quatrième vignoble de France avec une production de 3,7 millions d’hectolitres en 2019, dont 55 % en blanc (sec et doux), 32 % en rouge et 13 % en rosé. L’Interprofession des Vins du SudOuest, qui réunit 16 appellations d’origine protégée (AOP) et 13 indications géographiques protégées (IGP), est l’organisme professionnel chargé de fédérer les acteurs du vignoble et d’assurer la promotion des vins.
(2) Pour Ambre Colovray et Honorine Auvray,étudiantes à l’EFAP de Bordeaux, les femmes occupent une place encore trop méconnue dans le monde du vin, bien qu’elles représentent 30% des chefs d’exploitations viticoles en France. Avec des podcasts directement accessibles via un flashcodesur la bouteille et un packaging innovant, éco-responsable et différenciant, elles entendent donner la parole aux femmes du vin en créant du lien entre viticultrices et consommateurs, en proposant des vins biologiques de qualité accessibles à tous. « Ce challenge est pour nous une belle opportunité de repenser notremétier de demain et de concevoir un projet innovant dans le respect denos convictions humaines et environnemental », soulignent-elles.

Un nouveau visage des vins du Roussillon

Succédant à Philippe Bourrier dont le mandat arrivait à son terme, Stéphane Zanella, en tant que représentant du Négoce, a été élu par l’Assemblée Générale du CIVR à la fin de l’année dernière. Régis Ouguères a été élu en tant que Vice-Président au titre de la production à la même occasion. La nouvelle équipe dirigeante a pris les rênes du Conseil Interprofessionnel des Vins du Roussillon à compter de ce jour pour un mandat de trois ans et demi, qui s’achèvera en juin 2024.

Stéphane Zanella, nouveau président du CIVR. Photo D.-R.

Depuis sa création en 2001, le Conseil Interprofessionnel des Vins du Roussillon (CIVR) est engagé dans le développement des Vins du Roussillon au travers de quatre grands types de missions : une mission de pilotage économique, une mission
de recherche et d’expérimentation, une mission de suivi aval qualité des produits et une mission de promotion collective.

« 2020 a été une année difficile pour tous, et notamment pour les opérateurs qui ont d’autant plus besoin de l’interprofession pour améliorer la notoriété collective des Vins du Roussillon. Notre rôle d’accompagnement est clé dans ce cadre pour les aider à rebondir. L’action collective doit primer, en concertation avec l’ensemble des
acteurs de la filière, afin de garantir et promouvoir notre identité “Roussillon” et construire tous ensemble ce nouveau chapitre du CIVR. » a déclaré le nouveau président.

Après des études de commerce à l’ESCP et un MBA à l’INSEAD, Stéphane Zanella a exercé 10 ans en tant que consultant en organisation et stratégie avant de rejoindre le monde du Vin. Il prend alors la direction du Club Français du Vin, puis devient Président du Directoire de la maison Henri Maire, premier producteur et négociant des vins du Jura, avant de rejoindre Inter Caves (Groupe Cafés & Vins Richard) en tant que Directeur Général jusqu’en 2016. Il prend alors la direction générale des Vignerons Catalans en Roussillon, poste qu’il occupe toujours.

Situé dans les Pyrénées-Orientales, le vignoble du Roussillon recouvre 14 AOP et 2 IGP, représentées par le Conseil Interprofessionnel des Vins du Roussillon (CIVR) qui fédère 409 domaines, 27 caves coopératives et une trentaine de maisons de négoce. En 2019-2020, les Vins du Roussillon ont commercialisé près de 56 millions de cols : 71 % en vins secs (rouges, rosés et blancs) et 29 % en Vins Doux Naturels.

Palmarès 2021 du challenge Millésime Bio

Organisée dans un format exceptionnel cette année pour s’adapter au contexte sanitaire, la 14e édition du challenge Millésime Bio s’est déroulée en huit sessions de dégustations.  520 cuvées ont été médaillées. Pour parvenir à ce palmarès, 286 professionnels ont dégusté 1696 vins certifiés bio entre le 8 et le 22 février 2021.

Au total 520 cuvées se sont vues médaillées pour cette 14e édition du salon du Challenge Millésime Bio, 217 en or, 239 en argent et 64 en bronze.

Le nombre de vins inscrits au challenge cette année a augmenté de 5% par rapport à l’an passé avec une hausse notamment des inscriptions des vins du millésime de l’année en blanc et en rosé. Cette augmentation volontairement maîtrisée a permis de répondre au mieux à la demande croissante, tout en respectant les exigences du protocole sanitaire.

Andrew Jefford, président du jury 2021. Photo D.-R.

Le palmarès complet des lauréats 2021 est à retrouver en cliquant ici.

Journaliste dégustateur britannique et président de la 14e édition du Challenge Millésime Bio, Andrew Jefford témoigne :

« J’ai été ravi d’être Président du 14e concours Challenge Millésime Bio, rattaché au salon du même nom que j’aime beaucoup pour des raisons humaines aussi bien qu’œnologiques. Ce fut une expérience formidable avec un niveau qualitatif des échantillons impressionnant. Je tiens aussi à remercier tous les autres membres du jury qui étaient des dégustateurs très professionnels et avisés. Chaque année qui passe, le vin biologique monte en puissance dans le monde, et ce mode de culture est pour moi une évidence dans la viticulture moderne. J’attends donc l’année prochaine avec impatience pour parcourir les allées du salon et déguster toujours plus de domaines convertis en bio. »