Vélo électrique : Le Toulousain Thirty One Bikes accélère fort

Christophe Baeza, président de Thirty One Bikes. Photo : DR.

La société toulousaine est finaliste d’un concours de la BPI où tout le monde peut voter. Avec son vélo électrique qui se recharge à la décélération et le recrutement de commerciaux, notamment, la start-up ambitionne d’en vendre de plus en plus dans les vingt plus grandes villes françaises.

À fond, le vélo ! Il s’est vendu 2,7 millions de vélos en 2018 en France, un boyau de moins qu’en 2017. Mais une belle stabilité après une forte croissance en 2017. Et un chiffre d’affaires du secteur qui a progressé, lui, de 2,3 % à 2,1 milliards d’eurosdont 1,3 milliard pour la seule production de cycles, selon l’Union Sport et Cycles. Et ce, grâce à l’engouement du VAE (vélo à assistance électrique), cinq fois plus cher (1 535 euros en moyenne. Ses 338 000 unités représentent à elles seules 40 % du chiffre d’affaires total.

Le fabricant toulousain Thirty One Bikes (31 : comme le numéro du département de la Haute-Garonne où la société est installée) l’a bien compris qui accélère son développement pendant que le VAE électrise le marché. « La progression des ventes en France est à deux chiffres », confirme Christophe Baeza, le président de la société qui conçoit des VAE rares à Villeneuve-de-Rivière (Haute-Garonne) : ils se rechargent à la décélération ! « Nous sommes les seuls en France, revendique-t-il, à proposer une solution complète : vélo, bornes de recharge et maintenance. » Ce qui ouvre au chef d’entreprise de belles perspectives. Thirty One Bikes, qui a déjà écoulé un millier de ses VAE, est d’ailleurs finaliste du trophée de la fameuse BPI, banque publique d’investissement qui aide et accompagne les projets du futurs.

En vente directe, nous avons une vingtaine de demandes de particuliers par semaine et une dizaine de demandes de professionnels. Nous avons multiplié ainsi nos vente par 30. Nous prévoyons d’être présents dans les vingt plus grandes villes françaises. »

Christophe Baeza, président de Thirty One Bikes

« Tout le monde peut voter. Nous sommes actuellement second et nous ne sommes pas loin de gagner ce trophée pour peu que les gens votent ! Nous avons notamment un accompagnement de notre développement à gagner à la clef », confie le chef d’entreprise. Il prévoit de recruter 40 personnes, notamment des commerciaux et des techniciens. Son vélo qui se recharge à la décélération est une innovation puissante qui prolonge fortement l’autonomie de la batterie. « La nôtre peut ainsi aller jusqu’à 100 kilomètres avec un moteur classique de 250 watts », affirme Christophe Baeza. Cet ancien champion vététiste de descente a monté cette entreprise à la suite d’un accident en Coupe d’Europe qui a mis un terme à sa carrière.

Cette société a été la première à créer le premier Vélib électrique en 2014, notamment adopté par la ville de Vannes (Morbihan). « Nous avons comme clients le conseil régional, le Département de Haute-Garonne, la métropole de Toulouse, etc. Mais nous avons décidé de modifier notre stratégie commerciale. » Finie la vente en magasin. Trop de réticence des vendeurs classiques à l’innovation. « Nous préférons maintenant vendre en direct. Avec possibilité de prendre rendez-vous sur notre site pour un essai ». Et cela a l’air de mieux « mordre » : « Les magasins n’étaient pas forcément prêts à vendre des vélos innovants. En vente directe, nous avons une vingtaine de demandes de particuliers par semaine et une dizaine de demandes de professionnels. Nous avons multiplié ainsi nos vente par 30. Nous prévoyons d’être présents dans les vingt plus grandes villes françaises. »

Quelque 65 % des composants de notre vélo dont d’origine européenne, dont la batterie ; le restants soit 35 % d’origine asiatique. »

Exemples : la société propose une offre spéciale aux promoteurs immobiliers qui peuvent ainsi s’en servir comme d’un cadeau promotionnel. Offrir, par exemple, un VAE de Thirty One Bikes aux premiers clients d’un programme neuf. « Nous pouvons également proposer notre vélo à des sociétés qui le mettraient à disposition de leurs employés… » La société est donc présente sur les trois segments : particuliers, collectivités et professionnels. Le chef d’entreprise, ancien agent d’assurance, précise : « Quelque 65 % des composants de notre vélo dont d’origine européenne, dont la batterie ; le restants soit 35 % d’origine asiatique. » Traditionnellement, la fourchette des prix des VAE va du vélo pliant au VTT de compétition, de 500 euros à plus de 3 000 euros. Le Thirty One Bikes, déjà distingué de plusieurs récompenses, vaut, lui, 2650 euros. C’est du haut de gamme dans la conception, le design et les matériaux.

Que choisir a établi un comparatif des principales marques de VAE. L’association publie aussi des conseils judicieux. Certes, le vélo à assistance électrique possède de nombreux atouts : on peut s’extraire facilement des bouchons, s’émanciper du passage erratique d’un bus ; réaliser de plus longues distances sans se fatiguer et sans arriver ruisselant au boulot ; cela peut aussi être l’occasion rêvée – et assistée – d’une reprise d’activité après une maladie par exemple. Les collectivités offrent souvent des aides. L’État aussi même si elle est difficile à obtenir. Mais attention, il y a des points négatifs très sérieux à prendre en compte parmi les centaines de modèles et des dizaines de marques existants.

Souvent volés et leurs batteries aussi…

Autre inconvénient à savoir : les vélos électriques sont souvent volés et leurs batteries aussi. À plusieurs centaines d’euros l’unité, on comprend qu’elles soient ciblées… Donc, il vous faudra ôter la batterie quand vous garerez votre destrier. À ce sujet le vélo de Christophe Baeza peut se verrouiller et déverrouiller grâce à son smartphone ! Autre point à prendre en compte : ne roulez jamais avec une batterie à plat : un VAE pèse lourd, plus de 20 kilos, et c’est dur à pousser en cas de panne sèche. L’autonomie, justement. Ne prenez pas les annonces théoriques des marchands au pied de la lettre : divisez par deux environ pour tenir compte du froid éventuel, des côtes, de la sollicitation (la plupart du temps, on peut faire appel à plus ou moins d’assistance), de votre poids, d’un passager (un enfant), etc.

Olivier SCHLAMA

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