Certes, la législation était encore trop verte. Mais depuis le 31 décembre dernier, elle fait voir rouge à toute une profession émergente – plus de 1 500 boutiques créées en un an – qui ne peut plus réaliser la moitié de son chiffre d’affaires avec la fleur de chanvre CBD… Le député François-Michel Lambert dénonce une décision “cynique” et “stupide” car elle sera cassée par les tribunaux.

La crise du covid a accéléré la consommation de cet extrait de chanvre, adoubé par l'OMS en 2019, et censé combattre stress, insomnies, douleurs. Et même la gueule de bois ! Exemple avec Hanapiz, à Toulouse, et ses infusions bio au CBD de Lozère et du Lot-et-Garonne. Plus de 1 500 boutiques ont ouvert en un an ! Cela fait écho à la recherche de "produits sains, naturels", comme l'exprime le spécialiste Pascal Douek. Une molécule sans effet secondaire qui "suscite un espoir..." Difficile toutefois de s'y retrouver dans la jungle du CBD business, comme le confirme le président du syndicat professionnel du chanvre.

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“Le tout répressif est un échec.” François-Michel Lambert a brandi il y a quelques jours un joint en pleine Assemblée. Il est l’auteur avec notamment des députés de la majorité d’un rapport très étayé pour la légalisation contrôlée par l’Etat. Une position à rebours de l’exécutif qui, lui, veut encore durcir la répression. Macron avait annoncé un grand débat national ? Des députés lui demandent un référendum pour “éviter d’hystériser le débat pendant la présidentielle”…

Sociologue et juriste, Dominique Sistach, maître de conférence à l'université de Perpignan (P.-O.), explique comment les clubs de cannabis fonctionnent à plein régime et légalement en Catalogne, notamment à Barcelone. Dans l'Hexagone, la dernière enquête Escapad est sans appel : on compte, en 2014 (derniers chiffres connus), 14 millions de fumeurs réguliers, 70 000 personnes qui fument au moins un joint quotidiennement. Alors que la loi punit sévèrement, depuis 1970, l'usage de stupéfiant d'un an de prison et de 3 750 euros d'amende, que selon Europol, la drogue finance près de 4 000 groupes criminels, jusqu'au terrorisme, le haschich s'est généralisé avec près de la moitié du chiffre d'affaires des drogues, de l'ordre de 1 425 milliards d'euros par an (en hausse de 33 % en 2016).

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