Hier, Carole Delga a rencontré le Premier ministre pour sauver Fibre Excellence qui risquait une fermeture imminente. La faisabilité du plan de sauvetage que la présidente de région a proposé est à l’étude. Si le gouvernement donne son feu vert, l’actionnaire majoritaire sera contacté pour sa mise en oeuvre. Quelque 700 emplois directs et 10 000 de la filière sont concernés
Au menu de la réunion de ce jour entre salariés, ce n’était plus la soupe à la grimace chez Fibre Excellence, cette société présente sous la forme de deux usines à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône).
“On est très contents de cette réunion entre Carole Delga et le Premier ministre”, confie Laurent Quinot. Le délégué CGT de Fibre Excellence et représentant de l’intersyndicale CGT, FO, CFDT explique que Carole Delga a “complètement relancé notre entreprise et le ministre de l’Industrie va même demander dans le week-end des mesures additionnelles” à l’actionnaire majoritaire l’Indonésien Jackson Widjaja du groupe forestier Domtar. C’est-à-dire aller au-delà du plan initial de 150 M€, comme Dis-Leur vous l’a expliqué ICI. L’idée, c’est de sauver les deux usines, le temps qu’elles s’engagent dans des productions plus rémunératrices (lire ci-dessous).
Buziness-plan et faisabilité juridique à l’étude
Il faudra en passer par une étape obligatoire : l’expertise du CIRI (Comité interministériel de restructuration industrielle) rattaché au ministère de l’Economie, façon médecin urgentiste des entreprises en difficulté. Son rôle ? Aider les grandes entreprises dans la panade, celles de plus de 400 emplois. “Il va étudier le buziness-plan et la faisabilité juridique” des mesures proposées par Carole Delga, explique encore Laurent Quinot. Une fois cela effectué, si le feu est au vert, le gouvernement contactera l’actionnaire pour la mise en oeuvre.
Ajustement du tarif de rachat de l’électricité

Hier après-midi, à la suite du rendez-vous qui s’est tenu avec le Premier ministre, la présidente Carole Delga a donc pu présenter ses solutions pour la survie de l’entreprise : ajustement du tarif de rachat de l’électricité, dans le cadre de ce que permet la loi ; la mise en œuvre d’un plan financier et d’investissement de l’État et de l’actionnaire ou encore l’instauration d’une nouvelle gouvernance et d’un pack d’actionnaires ambitieux et durable. La Région Occitanie s’est engagée à y prendre part.
C’est ce pack de propositions de Carole Delga que le CIRI va étudier et qui devrait pouvoir servir de base à un accord avec le groupe forestier. D’ici là, comme hier à Saint-Gaudens, un rassemblement s’organisera mardi matin, à 9h30, devant l’usine de Tarascon à laquelle tout le monde est convié. Peut-être pour y commenter une bonne nouvelle née durant ce week-end studieux à Bercy.
“Situation critique de Fibre Excellence”
Très mobilisée sur ce sujet, mardi, Carole Delga avait alerté le Premier ministre sur la “situation critique de Fibre Excellence”. Risquant une fermeture imminente, les usines papetières de Fibre Excellence – jadis La Cellulose – sont en sursis, celles de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et de Tarascon (Bouches-du-Rhône). Pesant de tout son poids, Carole Delga réclame depuis des semaines un meilleur prix de rachat de l’électricité pour l’une des dernières usines françaises de papier, située à Saint-Gaudens. Politiques et syndicalistes espéraient que les différentes réunions permettent d’actionner des leviers d’action pour éviter une fermeture imminente. Quelque 700 emplois directs sont en jeu.
700 emplois à Saint-Gaudens et Tarascon

Pour rappel, l’entreprise de production de pâte à papier emploie près de 700 personnes sur ses deux sites de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et de Tarascon (Bouches-du-Rhône), dont dépendent également plus de 10 000 emplois de la filière forêt, bois, papier. Malgré les multiples alertes de Carole Delga et des élus du territoire et une mobilisation continue aux côtés des salariés et syndicats, l’État n’a fait part d’aucune solution durable pour préserver l’entreprise. L’ensemble des solutions techniques mises sur la table – notamment l’ajustement du tarif de rachat de l’électricité – n’avait pas fait l’objet d’un examen sérieux. C’est chose apparemment faite.
Projet de diversification
“Si on nous promet une révision du tarif de rachat de l’électricité pour 2027, confiait Laurent Quinot, alors l’actionnaire majoritaire de nos usines restera à nos côtés, le temps que nous engagions une diversification plus rémunératrice de nos activités. Le prix du bois ne baissera pas ; la parité euro-dollar nous désaventage, etc. Non, la seule variable sur laquelle on peut agir, c’est sur la hausse du rachat du MGW/heure. La cour des comptes le dit comme le rapport d’expertise que nous avons commandé.”
Laurent Quinot évoque “un projet de diversification d’ici cinq ans sur des marchés plus porteurs et rémunérateurs pour la société comme fabriquer de la pâte fluff pour des papiers et serviettes hygiéniques et tout ce qui est packaging (pâte isolante pour remplacer l’amiante dans le fibrociment)”.
Olivier SCHLAMA