Prénoms les plus donnés en 2022 : Alba, Jade, Louise… Gabriel, Léo, Raphaël…

Alba (Aube en Occitan) arrive en tête en Occitanie ! L’Institut de la statistique, l’Insee, permet, chaque année, d’explorer la popularité des prénoms – captés sur l’état civil – donnés à nos enfants dans l’Hexagone depuis le début du XXe siècle (1). La dernière mouture est sorti début juillet. Nos prénoms résonnent avec notre famille, nos ascendants, notre région…

Entre effets de mode, valeurs sûres, hommage à des célébrités et particularités régionales, les prénoms se font un nom à part dans notre société. La dernière mouture est sorti début juillet. L’Insee a rendu ces données disponibles des prénoms donnés aux enfants entre 1900 et 2022.

Alba et Gabriel en tête en Occitanie

Ainsi, en 2022, par exemple, le top 10 des prénoms féminins a été en France et dans l’ordre : Jade (3 420), Louise – les deux premiers gardent la même place qu’en 2021), Ambre, Alba (prénom occitan en tête des prénoms en Occitanie et dans une bonne partie de l’Hexagone !), Emma, Rose, Alice, Romy, Anna et Lina. Si l’on pousse jusqu’au top 100, on trouve Charlie, à la vingtième place et Aïcha (100).

Chez les garçons, le top 10 se compose dans l’ordre de Gabriel (donné 4 889 fois et le plus donné en Occitanie) ; Léo ; Raphaël ; Maël ; Louis ; Noah ; Jules ; Arthur ; Adam ; Lucas. Et, au-delà, jusqu’à la 100e place, on trouve Sacha (12) ; Gabin (14) ; Paul (21) ; Charly (73) ou encore Timothée qui ferme la marche (100e).

Tous les prénoms n’ont pas colonisé toutes les régions en même temps

Tous les prénoms n’ont pas colonisé toutes les régions en même temps. Ainsi, en 1946, Jean arrive en tête partout dans l’Hexagone, hormis Michel dans une partie de l’Est et de l’Ouest. En 2022, Léo a conquis l’Occitanie (plus précisément dans l’ex-Midi-Pyrénées, c’est bien Léo ; dans l’ex-Languedoc-Roussillon, c’était Gabriel comme pour les trois-quarts du pays). Précédemment, et si l’on reste sur le modèle des anciennes régions administratives, il y eut Jules ; Louis, Adam ; Lucas ; Enzo ; Théo… Dans les années 1990, ce fut le règne des Nicolas ; Kévin ; Julien ou Nicolas, etc. Les années soixante ? Philippe dura longtemps.

Beaucoup de “A” dans les prénoms féminins.

Chez les filles, en 1946, on eut une “couverture” générale de Marie ; Martine arrive début des années cinquante. Christine ; Sylvie suivent ; puis, Nathalie ; Sandrine ; Céline ; Audrey jusque dans les années 1980. Léa domine l’entrée dans le nouveau millénaire jusqu’en 2005 laissant la place à Léa. Emma, Lola ; Lina ; Jade ; Mila ; Louise et, enfin, en 2022, Jade. Beaucoup de “A” dans les prénoms féminins.

Kendji Girac ; Dave ; Elvis ; Cristiano ou Steevy et Loana

Le choix d’un prénom peut parfois être influencé par des modes qui peuvent être éphémères. il y eut par exemple des personnalités comme le chanteur Kendji Girac, durant quelques années après sa victoire à The Voice. D’autres personnalités ou célébrités ont ainsi prolongé leur aura via leurs prénoms que des parents anonymes eurent donné à leur progéniture par souvenir ou admiration, comme Johnny. Bien plus loin de nous, il y eu Joffre (Maréchal Joffre) ; et il y a quelques décennies Dave ; Elvis ; Cristiano ou Steevy et Loana, de la première émission de téléréalité Loft Story

Nos prénoms nous racontent. Résonnent avec notre famille, nos ascendants

Nos prénoms nous racontent. Résonnent avec notre famille, nos ascendants. Il y a ceux qui veulent se singulariser, sans se mélanger. C’est ce que l’on appelle un prénom rare, donné jadis à peine à 2 % des enfants ; aujourd’hui, on les appelle rares quand ils représentent moins de 10 % des naissances, comme Bapthiste (avec un “H”). Quant à Léa, souvent dupliquée, elle aurait dans quelques décennies tous les attributs d’un “vieux” prénom, celui d’une grand-mère…

Il y a aussi les prénoms de l’aristocratie – qui a perdu, de plus en plus, sa particule mais qui fait toujours dans le prénom de classe – qui use du charme discret d’une Guillemette, d’une Pia ou d’une Quitterie. Cela fait toujours son effet. Il y a aussi, à l’opposé, ceux tellement stéréotypés qu’on les associe systématiquement à une figure : Ingmar à la Suède (forcément blond) ; Mamadou (noir) au Sénégal. Ce dernier est même devenu une insulte raciste (un ouvrier, au bas de l’échelle) sur des chantiers de BTP).

Certains deviennent des… noms communs !

Certains deviennent même des noms communs ! Faire sa “Marie-Chantal”, par exemple (tenir des propos ahurissants en étant persuadé qu’ils sont vrais) ; sa (bimbo décérébrée) Nabilla (“Allô, non mais allô, quoi !…”) ou son Kévin (se comporter de façon puérile) qui sont l’objet de blagues. Fait rare, certains enfants n’ont pas de prénom, ce sont souvent des enfants nés à l’étranger (Inde, Vietnam…) Quelques centaines seraient dans ce cas-là. Et ceux nés sous X, eux, n’ont a contrario que des prénoms, pas (encore de nom).

Le prénom ne doit pas être “contraire à l’intérêt de l’enfant”

Enfin, parfois la justice s’en mêle. Car si l’on donne une grande liberté dans le choix des prénoms de ses rejetons, l’article 57 du Code civil donne une limite claire : un prénom de peut pas être validé par l’administration s’il paraît “contraire à l’intérêt de l’enfant”. Va, par exemple, pour Clémentine ou Renault. Mais il y a des cas où… Comme Hadès (Dieu des enfers dans la mythologie grecque), prénom qui avait été signalé à la justice et pour lequel la juge aux affaires familiales de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) a considéré en avril dernier que ce prénom était tout à fait portable. Il faudra que le jeune Hadès l’assume tout au long de sa vie. La bonne foi des parents a, cette fois, qui avait déjà été validé quelques dizaines de fois, était valide. Natihere, en polynésien (entouré de fleurs) ne devrait pas faire sourciller le moindre agent d’état civil…

Olivier SCHLAMA

Pour comprendre la méthode de l’Insee

Pour chaque prénom, il est indiqué pour chaque année de naissance (de 1900 à 2022) et chaque sexe, le nombre de personnes inscrites à l’état civil sous ce prénom.

Les personnes prises en compte : Le champ couvre l’ensemble des personnes nées en France (y compris Mayotte à partir de 2013) et enregistrées à l’état civil sur les bulletins de naissance. Les personnes nées à l’étranger sont exclues.

Le champ des prénoms retenus : Dans les fichiers de l’état civil, en l’occurrence les bulletins de naissance, les différents prénoms sont séparés par une espace (ou blanc). Ainsi deux prénoms séparés par un tiret constituent un seul prénom composé (exemple : Anne-Laure). Le premier prénom simple ou composé figure en début de liste, et c’est celui qui sera retenu après le traitement de la protection de l’anonymat.

Conditions portant sur les prénoms retenus :

1. Sur la période allant de 1900 à 1945, le prénom a été attribué au moins 20 fois à des personnes de sexe féminin et/ou au moins 20 fois à des personnes de sexe masculin
2. Sur la période allant de 1946 à 2022, le prénom a été attribué au moins 20 fois à des personnes de sexe féminin et/ou au moins 20 fois à des personnes de sexe masculin
3. Pour une année de naissance donnée, le prénom a été attribué au moins 3 fois à des personnes de sexe féminin ou de sexe masculin.

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