Occitan : Quand Jean-Luc Moudenc prend langue avec le Premier ministre

Jan-Luc Moudenc, le jour de sa réélection à la présidence de Toulouse Métropole... Il s'adresse aujourd'hui au Premier ministre...

Dans un courrier adressé à Jean Castex, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc interpelle le Premier Ministre sur la menace de disparition de l’enseignement de la langue occitane. Comme Carole Delga, le maire de Toulouse plaide pour un réexamen de la réforme du Bac, qui laisserait sa place à l’occitan au sein du cursus scolaire.

Le Conseil municipal de la Ville Rose, réuni le 8 octobre dernier, avait déjà adopté un vœu en faveur de l’enseignement de la langue occitane, souhaitant « témoigner de son attachement à la langue occitane. Réaffirmer son soutien à l’enseignement des langues régionales en maternelle, primaire et secondaire » et demander « des mesures spécifiques aux langues régionales, en complément du plan langues vivantes étrangères… »

Un courrier de Carole Delga déjà adressé à Jean Castex

La manifestation du 10 octobre a fait boule de neige. ici à Saint-Affrique, en Aveyron. Photo source FELCO et Pour que Vivent nos Langues

Quelques semaines auparavant (le 3 septembre), c’est la présidente de la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée, Carole Delga qui écrivait au Premier ministre sur le même sujet. Au lendemain de la grande maifestation du 10 octobre dernier, à l’appel du collectif « Pour que vivent nos langues », (voir notre article du 5 octobre), elle soulignait :

« Cette réforme portée par le ministère de l’Education nationale constitue un recul inacceptable de divers enseignements, et notamment de la place et du statut des langues régionales au Lycée ainsi que de leur valorisation au baccalauréat. Pourtant, cet enseignement est essentiel pour l’avenir de nos langues et cultures régionales. Nous constatons d’ores et déjà un impact négatif sur les effectifs des élèves suivant cet enseignement  au sein de la région. Il n’est pas envisageable que nos lycéens ne puissent faire le choix d’apprendre l’occitan ou le catalan. Avec cette réforme, nos langues régionales se trouvent une nouvelle fois menacées de disparation. »

L’Occitan fait partie du quotidien de nombreux Toulousains

Aujourd’hui, c’est donc Jean-Luc Moudenc qui interpelle le Premier ministre, Jean Castex. « Les langues régionales font partie intégrante de notre patrimoine culturel. Elles portent l’histoire de nos régions et sont ‘âme de nos territoires. La langue occitane est ainsi constitutive de notre identité toulousaine et continue aujourd’hui à faire partie du quotidien de bon nombre de toulousains… »

Et de poursuivre : « Faire vivre la langue occitane auprès des jeunes générations est un impératif et doit s’accompagner d’un enseignement de l’occitan au sein du cursus scolaire. Ce type d’enseignement doit être généralisé, promu, valorisé et inclus dans l’esprit de toute réforme de l’enseignement. La réforme du bassalauréat et du lycée n’a, en ce sens, pas participé à l’objectif de pérennisation de l’enseignement des langues régionales… »

L’origine occitane du Premier ministre

Le drapeau Occitan, une bannière qui unit associations et élus pour la défense de la langue… Photo source FELCO-Pour que vivent nos Langues

Si l’on ajoute à ces initiatives le soutien apporté par le nouveau maire de Montpellier, Michael Delafosse à la journée de mobilisation du 10 octobre dernier, on voit que c’est une forme d’union sacrée qui s’établit entre élus d’Occitanie. Peut-être leur appel, après la mobilisation de « Pour que vivent nos langues » sera-t-il (enfin) entendu par un Premier ministre né dans le Gers (à Vic-Fezensac), qui a notamment été maire de Prades dans les Pyrénées-Orientales (de 2008 à 2020) et ancien conseiller régional du Languedoc-Roussillon de 2010 à 2015.

Selon The Economist, la nomination de Jean Castex pourrait contribuer à « mettre fin au snobisme parisien à propos des accents régionaux »… Cela pourrait-il aller jusqu’à sensibiliser le chef du gouvernement à propos des langues régionales ? La réponse à cette question reste en suspens.

Philippe MOURET

Dis-Leur ! et sa « Chronique occitane » :

Grâce à Marie-Jeanne Verny ou Philippe Martel, Dis-Leur ! donne une place centrale à la défense de la langue occitane… (Re)découvrez nos chroniques bilingues…