Langues régionales : Mobilisation générale aux quatre coins de France

Photo "Pour que Vivent nos Langus". D.-R.

Le collectif « Pour que vivent nos langues » organise le 10 octobre prochain une grande journée de mobilisation. Ce jour-là, dans plusieurs villes de Bretagne, d’Occitanie, du Pays Basque, de Corse, d’Alsace et de Flandre, etc… sera menée une sensibilisation autour de la défense des langues régionales qui « résistent en France pour ne pas disparaître » car elles figurent toutes à l’inventaire des « langues menacées de disparition » établi par l’Unesco.

Si ce rendez-vous est notamment piloté en Pays d’Oc par la Fédération des esneignats de la langue et culture d’Oc (Felco, avec l’IEO, les Calandreata, le Felibritge, le Congrès…) le Collectif espère une levée en mase de toutes les Régions :

« Nos langues, ce sont l’occitan-langue d’oc, le basque, le breton, le catalan, le corse, le flamand occidental, l’allemand standard et dialectal alsacien et mosellan, le savoyard (arpitan-francoprovençal), les langues d’Oïl dont le gallo et le poitevin-saintongeais, les créoles et les langues autochtones des territoires des Outre-Mer, cette richesse commune, partagée, dont l’article 75-1 de la Constitution fait un patrimoine pour la France dans son ensemble. »

Il n’existe en France aucune volonté réelle

de la part des pouvoirs politiques (…)

de mettre en place

de véritables politiques linguistiques (…)

pour les langues régionales

« Notre collectif représente les acteurs associatifs œuvrant pour la défense et le développement des langues territoriales en France, comprenant des acteurs du monde éducatif et culturel engagés dans la transmission de ces langues, dans tous les territoires concernés par cette pratique éducative », souligne une lettre de « Pour que vivent nos langues » adressée à Emmanuel Macron le 18 juin dernier.

La réforme du lycée menace de mort les langues régionales

« Face au déni de réalité des conséquences mortifères de la réforme du lycée et au refus systématique d’améliorer le statut de nos langues malgré vos engagements, c’est à vous que nous nous adressons aujourd’hui avec l’espoir d’être enfin entendus », précisait ce courrier… resté sans suite.

Et le Collectif de commenter aujourd’hui qu’« il n’existe en France aucune volonté réelle de la part des pouvoirs politiques, derrière les apparences et les discours convenus, de mettre en place de véritables politiques linguistiques efficaces pour les langues régionales. »

Et de constater avec effroi que « un an après la mise en place de la nouvelle réforme le processus d’effacement de nos langues est donc bien là : quelles que soient les dénégations infligées par le Ministre aux associations comme aux élus locaux et nationaux : c’est bel et bien à une mise à mort que procède la réforme du lycée. »

Biodiversité naturelle et biodiversité culturelle, même combat

Principales mises en cause (parmi d’autres), la mise en concurrence avec les filières dites de « l’enseignement utile » telles que les autres langues vivantes, et même les mathématiques, alors que l’enseignement des langues mortes peut lui être choisi en dehors de toute concurrence avec d’autres enseignements. Mais aussi la marginalisation des possibilités de suivre et de valoriser un enseignement de et en langue régionale.

« Aujourd’hui, la survie de nos langues est menacée par la volonté de l’État, malgré l’attachement des populations au patrimoine linguistique et culturel de leur territoire, malgré les efforts des parents d’élèves, des enseignants (enseignement public, associatif, catholique), malgré le travail des artistes et écrivains, malgré un réseau dense et actif de militants associatifs, malgré l’engagement de nombreux élus », insiste le Collectif.

Et de rappeler que « malgré l’élan mondial pour que biodiversité naturelle et biodiversité culturelle soient enfin considérées et préservées, malgré les textes internationaux qui régissent les droits de l’Homme et les droits des peuples, l’État français, en dépit de multiples condamnations par l’ONU, continue son œuvre de destruction du patrimoine immatériel millénaire que sont nos langues et nos cultures. »

Et « Pour que vivent nos langues » de souligner : « Le parallèle avec l’effondrement de la biodiversité n’est pas qu’une simple image : il existe un lien étroit entre un monde riche de ses écosystèmes complexes et une humanité riche de la variété de ses langues et de ses cultures. Urgence écologique et urgence culturelle sont les deux faces d’un seul et même défi : quel monde voulons-nous, demain, pour nos enfants ? »

Le soutien d’Occitanie Pais Nostre

A noter que le mouvement Occitanie Pais Nostre apporte son soutien à cette mobilisation, en publiant notamment une vidéo sur YoTube :

Malgré les restrictions liées à la situation sanitaire, le Colle ctif « Pour que vivent nos langues » espère donc une forte mobilisation afin d’obtenir que « soient enfin décidées des politiques linguistiques porteuses d’espoir pour l’avenir à l’image de ce qui se fait au Québec, au Pays de Galles ou encore dans la Communauté Autonome Basque. »

Philippe MOURET

Dis-Leur ! mais en Occitan