Faire découvrir le plus ancien des grands carillons français, mettre en valeur le carillon en tant qu’instrument de musique à part entière et inviter des carillonneurs français, européens ou étrangers, afin de programmer des concerts de qualité, sont les trois axes fondamentaux de cet événement campanaire le plus ancien et le plus important du sud de la France. Rendez-vous à Perpignan, du 10 au 14 août.
A la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan, l’année 2026 marque trois temps fort : les 30 ans de la restauration du carillon historique Amédée-Bollée par l’Etat, propriétaire, les 30 ans de sa mise en valeur par une équipe dédiée dans le cadre d’une association Loi 1901 (Les Amis du Carillon de la cathédrale)…
… Ainsi que les trois décennies de dévouement d’Elizabeth Vitu et Laurent Pie, carillonneurs qui en assurent la vie et la transmission. Ainsi, la programmation du Festival international de carillon de Perpignan célèbrera l’artisanat, la passion et la mémoire qui font battre l’airain de ce patrimoine sonore unique.
(Re)découvrir la compositrice Camille Besse
Le 10 août, lors du concert d’ouverture de ce 24e Festival international de carillon de Perpignan, ces deux carilloneurs attitrés de la cathédrale (avec le groupe perpignanais Jutglars : Isabelle Garcia, Pere Jordà i Manaut et Vincent Vidalou) puiseront dans le large répertoire de la compositrice Camille Besse (1889-1966), “hélas trop peu connue.”
Les interprètes ont souhaité cet hommage à la cantatrice, musicienne et professeur qui fut titulaiure de l’orgue de N.-D. de la Réal entre 1920 et 1950 et composa plus de 100 oeuvres pour piano, orgue, voix et divers instruments. On la connait pour les musiques traditionnelles et sardanes, mais on ignore le plus souvent qu’elle a entre autres composé la marche nuptiale du roi Baudouin et de la reine Fabiola de Belgique !
Le fond de ses 800 partitions musicales manuscrites est conservé dans les collections du musée Casa Pairal qui les a mises à disposition des Jutglars pour que certaines soient spécialement adaptées pour ce concert. On pourra ainsi entendre une sélection de pièces issues des “Danses catalanes du Roussillon : Cerbera, Cerets Prats-de-Mollo, Sant Lorens de Cerdans, Serrallonga, Sureda, Vilafranca de Conflent et Villalonga dels Monts.”
Avec des morceaux d’autres compositeurs, dont Albéniz, la soirée fera dialoguer la cobla et la carillon, en un paysage sonore catalan auquel il était naturel que le musée contribue.
Concert gratuit, lundi 10 août à 18h (gratuit, sans réservation), cathédrale Saint-Jean-Baptiste. Le lieu d’écoute conseillé est le parvis de l’église Saint-Jean-le-Vieux.
Une rayonnement international
Les autres concerts : mardi 11 août (18h) Monika Kaźmierczak, carillonneuse de la ville de Gdańsk (Pologne), elle enseigne le carillon et se produit internationalement. Elle a reçu plusieurs distinctions et a enregistré des albums dédiés au carillon contemporain. mercredi 12 août (18h), Dick van Dijk, diplômé de la Netherlands Carillon School et de la Royal Carillon School de Malines, il donne des concerts en Europe et aux Etats‑Unis. Pianiste, carillonneur et campanologue, il est aussi secrétaire de la Confraria de Campaners i Carillonistes de Catalunya. vendredi 14 août (18h), Benjamin Davis Maack (organiste et carillonneur à l’église de Holstebro au Danemark).
Il sera également possible de visiter le carillon historique Amédée-Bollée (1878), tous les jours à 15h. La visite du carillon, qui débute à l’Office de Tourisme Perpignan Centre du Monde, nécessite l’ascension du clocher qui comporte 122 marches. L’accès est fortement déconseillé aux personnes sujettes au vertige et nécessite une bonne condition physique. Gratuit avec réservation obligatoire : Office de Tourisme Perpignan Centre du Monde — 04 68 66 30 30.
Ph.-M.
Historique du carillon
Avant d’être installé définitivement dans le clocher de l’église Saint-Jean-le-Vieux en 1885, le carillon de la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan, œuvre de la fonderie Amédée Bollée & Fils du Mans, a été présenté à l’Exposition universelle de Paris de 1878.
Jusqu’à l’électrification de 1956, tous les jours, le matin, à midi et le soir, les sacristains successifs s’installeront devant le clavier manuel pour carillonner la prière de l’angélus. Quant aux quatre sonneurs, ils feront retentir la grande volée pour les sonneries cultuelles, festives ou commémoratives.
En 1996, le carillon, propriété de l’Etat, a été restauré par l’entreprise France carillons d’Hérépian (dans l’Hérault). Depuis, les carillonneurs, nommés par ordonnances épiscopales, sont chargés de mettre en valeur cet instrument, tant sur le plan cultuel que culturel. Cet ensemble campanaire, classé monument historique en 1990, est un des rares exemplaires pratiquement intact de la facture du XIXe siècle pour un carillon de quatre octaves.
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