Méditerranée : Soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, le Deyna arraisonné par la Marine

Ph. Marine nationale.

En moins de trois mois, c’est le second pétrolier suspecté de financer la guerre au profit de la Russie, après le Grinch. L’affaire est dans les mains du procureur de la République de Marseille. Réagissant sur X, Macron a dit : “Nous ne laisserons pas faire.”

Ce samedi 20 mars 2026, des moyens de la Marine nationale sont intervenus en haute mer, “au Sud des Baléares, dans le rail commercial”, en Méditerranée occidentale, sur le pétrolier-cargo DEYNA, arborant un pavillon mozambicain et en provenance de Mourmansk en Russie.

Il est soupçonné d’appartenir à la “flotte fantôme” russe détournant les sanctions internationales prises à l’encontre de la Russie liées à la guerre en Ukraine. Menée sur la base de l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, cette opération visait à vérifier la nationalité de ce navire soupçonné d’arborer un faux pavillon.

Vers quel port sera-t-il dirigé ?

“Après la montée à bord de l’équipe de visite, l’examen des documents a confirmé les doutes quant à la régularité du pavillon arboré. Un signalement a été fait au procureur de la République de Marseille, compétent au titre du tribunal maritime”, explique la préfecture maritime de Méditerranée, basée à Toulon.

“Conformément au droit international et à la demande du procureur de la République, le navire a été dérouté le 20 mars et est actuellement escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage pour la poursuite des vérifications.” On ne sait pas encore vers quel port, il sera dirigé pour poursuivre les investigations dans des conditions de sécurité et de sûreté satisfaisantes. Marseille ? Sète. Contacté, le procureur de Marseille devrait en dire davantage prochainement.

Cette action, “menée en coopération avec nos alliés dont le Royaume-Uni qui a participé au suivi du bâtiment, illustre l’engagement constant et la détermination de la France et de ses partenaires à agir pour le respect du droit international”.

Macron : “Nous ne laisserons pas faire”

Sur le réseau X, le président de la République, Emmanuel Macron, a dit : “La Marine française a arraisonné ce matin en Méditerranée un nouveau bateau de la flotte fantôme, le Deyna. La guerre en Iran ne détournera pas la France du soutien à l’Ukraine où la guerre d’agression de la Russie se poursuit. Ces bateaux qui contournent les sanctions internationales et violent le droit de la mer sont des profiteurs de guerre. Ils cherchent à engranger des profits et financent l’effort de guerre russe. Nous ne laisserons pas faire.”

3e cargo suspecté, dont le second en Méditerranée

C’est le 3e cargo suspect contrôlé par la Marine nationale. Le premier l’avait été à Saint-Nazaire, dans l’Atlantique ; le second, le Grinch, en Méditerranée, fin janvier comme Dis-Leur vous l’a expliqué ICI. Arraisonné, le pétrolier avait été obligé de rester au mouillage dans le golfe de Fos. Il arborait un faux pavillon, celui des Comores, et il était soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe qui finance la guerre en Ukraine. Le navire avait été mis à la disposition du procureur de la République de Marseille. Le capitaine de nationalité indienne avait, lui, été placé en garde à vue. Au final, au bout d’un mois, il avait pu repartir non sans avoir ey à payer une amende “de plusieurs millions d’euros”, selon le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, cité par la Provence. “Contourner les sanctions européennes a un prix”, avait-il alors souligné.

La flotte fantôme russe comprendrait 66 navires

Le président ukrainien s’était même félicité de cette opération. “Merci à la France. C’est exactement le type de détermination nécessaire pour faire en sorte que le pétrole russe ne finance plus la guerre de la Russie”, avait-il réagi sur X.

C’était la seconde opération du genre effectuée par la France après l’interception du Pushpa – ou Bocaray – fin septembre dernier qui avait été arraisonné par les commandos marine français en Atlantique et détourné cette fois là à Saint-Nazaire.

Selon le Conseil de l’Union européenne, quelque 600  navires soupçonnés d’appartenir à cette flotte fantôme russe font actuellement l’objet de sanctions de l’Union, comme l’interdiction d’accès aux ports européens et d’une large gamme de services maritimes.

Olivier SCHLAMA