Méditerranée : Les déchets bientôt dépistés du ciel !

Le groupe Nicollin et la fondation Van Allen lancent un appel à idées auprès de la communauté scientifique internationale en vue de trouver la solution scientifique pour détecter les grandes pollutions, amas de plastique, etc. En y associant des nanosatellites.

« Nous réfléchissions depuis longtemps à un mécénat comme celui là : en faveur de l’environnement. » C’est Marion Frêche qui parle, responsable communication du groupe Nicollin. Davantage habituée à investir dans le sport, la société devient « grand mécène » de la Fondation Van Allen.

Olivier et Laurent Nicollin lors de la signature du partenariat avec la Fondation Van Allen. DR.

« Conscient des enjeux environnementaux actuels, le groupe Nicollin souhaite s’investir durablement dans des solutions d’avenir afin de participer à la préservation des territoires et au maintien de la biodiversité. » La Fondation Van Allen et son centre spatial universitaire s’engagent depuis 2012 dans des projets scientifiques d’envergure dédiés au développement de nanosatellites, dont Dis-Leur vous a parlés, souvent en avant-première, notamment la surveillance des épisodes méditerranéens depuis l’espace.

Un appel à idées début 2021

Les deux partenaires lancent une initiative originale. Sous la forme d’un appel à idées, dès le début de 2021. Celui-ci portera sur la détection des déchets en Méditerranée. « Les propositions scientifiques devront utiliser les capacités des nanosatellites, que cela soit par de l’observation directe ou par de la collecte de données. Enfin, afin de garantir le succès de ce projet un comité scientifique dédié est également mis en place », annoncent la fondation Van Allen et le groupe Nicollin.

Un tel projet avec une entreprise qui discute avec une fondation et des scientifiques pour apporter sa pierre, ce n’est pas si courant ! »

Marion Frêche, du groupe Nicollin.

Marion Frêche, du groupe Nicollin, précise : « Les nanosatellites peuvent participer à la mise en place d’une solution nouvelle, à grande échelle, au-delà de ce qui peut exister aujourd’hui. Il existe des choses comme des bateaux dépollueurs. L’idée, c’est d’arriver à repérer, voire de cartographier, demain des pollutions comme des nappes d’hydrocarbures, des agglomérats de plastiques, etc. Et d’avoir une meilleure connaissance des pollutions en tous genres ; comment elles se déplacent ; quelle surface elles occupent etc. Cela n’est pas exhaustif mais on peut imaginer que cela concerne des conteneurs perdus ; des nappes d’huiles, etc. Un tel projet avec une entreprise qui discute avec une fondation et des scientifiques pour apporter sa pierre, ce n’est pas si courant ! » Elle ajoute : « Pour nous, il n’y a pas de business derrière. »

On pourrait s’appuyer sur une « signature visuelle » – un amas important de matière plastique retiendrait peut-être la lumière d’une certaine façon – que l’on pourrait se mettre à rechercher »

Laurent Dusseau, directeur de la Fondation Van Allen

Du côté de la fondation Van Allen, on ne dit pas autre chose. « L’appel à idées sera d’envergure nationale, européenne et sans doute internationale. » De quoi faire avancer la recherche. « C’est un appel à idées ouvert », précise Laurent Dusseau. Directeur de la fondation et du centre spatial universitaire, il explicite : « Notre idée, c’est de demander à une communauté scientifique ouverte comment les nanosatellites peuvent-ils nous aider à repérer des déchets en mer Méditerranée. Mais il faudra définir par exemple un principe de détection. On pourrait imaginer un système mixte avec, par exemple, des drones marins qui ensuite communiqueraient avec un nanosatellite. On pourrait s’appuyer sur une « signature visuelle » – un amas important de matière plastique retiendrait peut-être la lumière d’une certaine façon – c’est cette « signature » d’une couleur particulière que l’on pourrait se mettre ensuite à rechercher. »

Cofinancer une thèse et démonstration

Laurent Dusseau poursuit : « On ne va bien sûr pas aller rechercher les micro-pollutions ou les microparticules. Si cet appel à idées débouche sur des idées, la fondation pourrait ensuite cofinancer une thèse. Et si, à l’avenir, une technologie est mise au point, le centre spatial universitaire de Montpellier pourrait prendre la main, engager une mission et une démonstration en situation réelle. Le groupe Nicollin, en tout cas, a vraiment envie de s’impliquer dans ce domaine. Ils étaient venus à l’origine nous contacter pour voir comment on pourrait récupérer les déchets dans l’espace. Mais c’est très compliqué. On a ensuite parlé des déchets en Méditerranée. Et ce projet leur a plu davantage… »

Olivier SCHLAMA

  • Le conseil d’administration de la Fondation Van Allen, présidé par Jean-Claude Gayssot, ancien ministre, vice-président de la Région et président du port de Sète, a validé le 22 septembre 2020 la création d’un comité scientifique en son sein. L’objectif pour la Fondation est de lancer auprès de différentes communautés des appels à idées pour des missions scientifiques, environnement, astronomie, sciences de la Terre, … basées sur des technologies avancées dont la démonstration en vol reste à faire.
  • Ce comité scientifique sera piloté par Jean-Louis Fellous, ancien directeur exécutif du comité mondial de la recherche spatiale (COSPAR) et membre du conseil d’administration de la Fondation en tant que personnalité qualifiée. L’objectif est d’identifier, courant 2021, des solutions pertinentes dans le cadre d’une mission nanosatellite.
  • Ce comité regroupe les grandes personnalités suivantes : Jérôme Benveniste, expert senior en océanographie, Direction des programmes d’observation de la Terre, Département des sciences et applications, Agence Spatiale Européenne ESA-ESRIN, Frascati, Italie ; Adriano Camps, professeur, universitat Politècnica de Catalunya (UPC), co-directeur du NanoSat Lab de l’UPC, Barcelone (Espagne) ; Bertrand Chapron de l’Ifremer, Laboratoire Spatial et Interfaces Air-Mer (rattaché au Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale), Brest. Ou encore Pascale Ultre-Guepard, conseillère scientifique pour les affaires spatiales à la Direction générale de la recherche et de l’innovation, Paris (anciennement responsable des Programmes d’Observation de la Terre au CNES, agence française de l’espace).

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