À l’occasion des voeux à la presse, le président de l’Agglopôle de Sète, Loïc Linarès, a fait le tour des dossiers et des enjeux qui s’impatronisent dans ce territoire de 130 000 habitants.
Pas perso, Loïc Linarès. Le président de l’agglo de Sète, a un voeu et il est collectif : “La santé” pour tous. Immédiatement après, il complète : « Et la sérénité”. “J’essaie d’apporter ça”, dit-il, au milieu d’un maelström de nouvelles plus dures les unes que les autres dont on est bombardés jour après jour. À peine le café avalé, il égrène « ce contexte international qui peut avoir un impact local ; les questions climatiques…” Le lien avec la situation “compliquée, grave même” des conchyliculteurs de l’étang de Thau est évident. C’est, d’ailleurs, pour cela qu’il a annulé les voeux aux institutions prévus ce jeudi soir. Pas la tête à ça : “Je ne souhaite pas réunir du monde quand juste à côté, se déroule une situation dramatique”, a-t-il explicité (1).
“Dans ces moments de crise qu’il faut préparer l’avenir”

Les conchyliculteurs seront le fil rouge de son intervention car ils sont « la vigie du quotidien ». Et : “Cela pourrait être la crise de trop ; des entreprises n’y survivront pas. L’enchainement des crises a fragilisé les trésoreries, réduit la capacité d’autofinancement et les premiers retours de la profession sont inquiétants. On parle d’une filière avec 2 000 emplois et 400 entreprises. C’est aussi un patrimoine attractif. » Eutrophisation de la lagune, crises sanitaires : « Cela interroge la capacité d’accueillir des productions. Cette crise est le symbole d’autres enjeux.” Le plan d’urgence à 20 M€ ? Comme son nom l’indique, il n’y suffira pas. “Il est loin de répondre aux enjeux.” La crise de la conch’ est à la croisée de beaucoup d’autres enjeux.
“C’est dans ces moments de crise qu’il faut préparer l’avenir”, alors que cela n’avait pas été forcément fait avant sa présidence il y a dix mois. Sur l’économie, même méthode : “Il faut le faire dans la coopération.” L’agence de développement Blue est évidemment associée à cette entreprise. « Il faut aller chercher des entreprises avec une agence qui doit aller au-delà de nos frontières. Et le faire en utilisant le maximum existant et en limitant les extensions. Ce sont les objectifs que nous nous sommes fixés dans la révision du Scot » qui avait été retoqué par l’Etat.
70 hectares de foncier pour l’économie locale

ÉCONOMIE. Il s’agit de 70 hectares de foncier dévolus à l’économie du territoire, dont 11 hectares à Frontignan avec le site ExxonMobil ; 15 hectares avec Timac Agro ; 5 hectares sur Lafarge ; 5 hectares à Poussan ; autant à Gigean, etc. “Notre stratégie vise à positionner, c’est une nouveauté : tel type d’activité à tel endroit.”
Avec des entreprises engagées dans l’économie bleue – autour de la mer et de l’étang -, notamment sur le parc aquatechnique de Sète. Loïc Linarès a la volonté de tisser une collaboration avec Port sud de France ; l’agglo n’y avait jamais investi et cette ère-là doit s’ouvrir. Tout le monde doit être gagnant-gagnant avec des stratégies partagées.” D’abord, parce “qu’aucun des partenaires n’a les capacités d’investissement d’avant.”
Coopération en faveur du quotidien
COOPÉRATION. La collaboration, comme il dit et comme Loïc Linarès l’a théorisé dans Dis-Leur, doit inclure la métropole de Montpellier. « Je discute avec Michaël Delafosse, maire de Montpellier, Sébastien Frey, d’Agde, et Jean-François Soto, maire de Gignac également sur le sujet des mobilités, par exemple ; on peut le faire sur l’accès à des équipements publics ; je pense à Marseillan qui est davantage tournée vers Agde. L’idée est, par exemple, de permettre aux Marseillanais d’accéder aux équipements publics de Sète Agglopole. On ne va pas leur construire une médiathèque ou une piscine que pour eux. On prévoir la même chose avec le parc de Bessilles, du département. Cette coopération doit se faire au niveau économique mais aussi pour le quotidien.“
Logement : “Travailler au maximum sur l’existant”
LOGEMENT. “C’est aussi un sujet de pression sur la lagune. Notre doctrine est de travailler au maximum sur l’existant. De limiter les extensions. Et jouer notre rôle dans la régulation du marché. Nous sommes un territoire très attractif. Il y a beaucoup de demandes, davantage que d’offres. Et le prix du foncier a vraiment augmenté. Ce que l’on a commencé à travailler avec les collègues, c’est de trouver une capacité d’investissement et de fonctionnement. On veut pouvoir loger les actifs, il faut produire, de manière qualitative, des logements et d’éviter qu’ils ne servent que pour de l’investissement ou de la résidence secondaire.”

“Il faut trouver un équilibre entre réutiliser l’existant, l’étendre et accepter des constructions nouvelles. Et le faire dans des zones qui impactent peu notre milieu, dans la qualité. Pour cela, nous avons étoffé le service logement pour se mettre au service des communes. Il s’agit de dégager des marges de manoeuvres financières pour du foncier. Nous avons aussi l’objectif de créer un observatoire pour anticiper le marché au maximum ; trop de jeunes quittent le territoire faute de pouvoir s’y loger. » Et d’annoncer la révision du Plan local de l’habitat cette année.
L’Agglo de Sète s’est saisie de la compétence de la redynamisation territoriale pour, là aussi, « accompagner, coordonner les communes, en lien avec les opérations existantes : Coeur de Ville ou Bourgs centres avec la région. C’est un vrai levier. Y compris dans des communes au-delà de Sète et Frontignan.”
Mobilités, vélo, transports en commun
COMMERCE. “Nous avons re-questionné l’extension de la zone commerciale de Balaruc pour la caler aux besoins, a souligné Loïc Linarès. Il y manque des équipements pour la maison, pour les loisirs extérieurs. Le pari, c’est que les centres commerciaux de demain, ce soit nos coeurs de ville. Il y aura une stratégie globale. Les grandes enseignes commencent aussi à faire évoluer leurs pratiques : elles ne sont plus sur de grandes surfaces. Elles mettent en place la livraison sur le dernier kilomètre, etc.”
MOBILITÉS. “Il y a trop de voitures avec une seule personne, le conducteur. Nous avons développé un réseau de bus desservant l’ensemble du territoire et qui dispose d’une gare multimodale : depuis ce mois de janvier, on est sur les deux secteurs géographiques, au Nord et au Sud. La RD 2 se transformera en boulevard urbain et une ligne exprès. Autre gros enjeu, on va mettre à jour notre PDU en 2026, {plan de déplacement urbain qui fixe la stratégie en matières de mobilités, Ndlr}. Cela se fera avec les habitants. Second axe, c’est le vélo au quotidien. Nous avons un plan pluriannuel de schéma cyclable en lien avec le département de l’Hérault. Il faut mettre un coup d’accélérateur pour que nos concitoyens utilisent davantage le vélo. Il faut également des aires de covoiturage qui n’existent pas. Le travail avec les entreprises est essentiel.”

TRANSPORTS EN COMMUN. Loïc Linarès serait-il tenté de nouer un partenariat avec son homologue de Montpellier pour que les habitants de l’Agglo de Sète bénéficient eux aussi de la même gratuité que celle dont bénéficient les habitants de la métropole de Montpellier ? Notamment pour ceux qui bossent au Clapas.
« Notre réflexion c’est de travailler avec la SNCF et la métropole, dit-il. Ce qui se posera comme question, c’est si on n’a pas la gratuité des transports ici pourquoi on l’aurait à Montpellier ? En revanche, est-ce que l’on ne pourrait pas appliquer notre tarification sociale à Montpellier ? Pourquoi pas. On souhaite y réfléchir. On le fera dans le cadre de notre PDU. Il y a aussi le projet de Serm. »
Pour Loïc Linarès, « nous avons déjà une tarification sociale pratiquement gratuite pour ceux qui en ont besoin. Si on appliquait la gratuité ici, en plus des 5 M€ dépensés, il faudrait ajouter 2 à 3 M€ supplémentaires. C’est un argent que l’on n’investirait pas ailleurs. C’est un choix. Pour l’instant, on a un équilibre. »
Le Serm est appelé aussi RER métropolitain, comme Dis-Leur vous l’a expliqué ICI. Par exemple, dans le montpelliérain, pour limiter bouchons et autosolisme, les étudiants du master Transport mobilités réseaux de l’université Paul-Valéry proposent d’améliorer la fréquence des TER – la réalisation de la LGV Montpellier-Perpignan sera déterminante – ; créer 19 lignes d’autocars sur le grand Montpellier ; recourir au transport à la demande avec des mini-bus… Plus largement, le Serm, c’est un renforcement des transports en commun dans les deux capitales régionales mais aussi dans les villes moyennes d’Occitanie De quoi changer la vie quotidienne des habitants d’Occitanie.
Ligne nouvelle, Serm, des enjeux forts

LGV. « L’objectif était de retrouver de la sérénité, pose Loïc Linarès. Le bureau d’études que nous avons mandaté nous a servi à clarifier les différentes problématiques, d’avoir une vision globale sur les enjeux. La ligne nouvelle fait partie du plan de mobilité global. Elle permet de renforcer l’utilisation de la ligne historique, de travailler le Serm.”
Et de poursuivre : “Je recevais la présidente de l’association Halte lundi. Nous en avons parlé. On est d’accord sur la ligne nouvelle mais la manière dont elle se met en place. Et les conséquences sur le territoire. Ce que l’on sait c’est que l’on ne pourra pas revenir sur le tracé, vu que la DUP a été validée. On est dans la phase de la création de cette LGV. Nous, on fera le lien avec la ligne historique. La desserte de la gare de Sète, par exemple, il faut plus de TER au quotidien avec une amplitude horaire plus importante pour que cela serve nos travailleurs et nos jeunes. Plus de fret aussi : nous avons une nouvelle plateforme sur le port. C’est aussi faire le lien avec la gare SNCF Sud de France ; on sait que nous n’aurons pas 100 % des TGV actuels à terme ; mais si on arrive à en avoir 50 %, pour les 50 % autres que l’on puisse aller les récupérer facilement à Sud de France par le TER sans en passer par Saint-Roch. Et le maintien à 100 ans de la ligne historique. »
Loïc Linarès a ajouté : “Pour le Serm, nous avons un comité de pilotage dans deux semaines. On déposera le dossier en mai ou juin. Pour avoir de l’argent de l’Etat. L’enjeu c’est d’y intégrer l’aménagement de la RD 2 en voie express en site propre. On aura une réponse d’ici la fin de l’été. Et l’Agglo pourrait participer au financement. » On attend aussi une meilleure insertion du fameux viaduc : « On aura a minima 30 % de financement supplémentaire pour une démarche architecturale de haut vol.” Enfin, les 800 000 € qui avaient été gelés par l’ancien président de l’Agglo, devraient à cette occasion être dégelés.
L’Etat va valider le Schéma de cohérence territoriale
DIALOGUE. “On a testé une assemblée du territoire où étaient invités tous les élus de l’agglo à venir parler. Par moment, il y a trop de distance, voire d’ignorance sur ce que fait l’agglo. Il est primordial de faire culture commune sur les enjeux intercommunaux. Il est important de faire le lien, d’accompagner, de soutenir les communes et de manière apaisée pour un projet de territoire de demain. L’outil qui permet cela, c’est le Scot.”
En discutant avec les communes, en revoyant les zones, en utilisant friches et zones aménagées, nous avons pu économiser 90 hectares”

SCOT. “On a réussi – alors que nous avions un avis négatif de l’Etat – à travers la nouvelle gouvernance et le dialogue territorial, à débloquer la situation. L’Etat avait dit : “Vous avez 120 hectares en trop de consommation d’espaces.” En discutant avec les communes, en revoyant les zones, en utilisant les friches et les zones déjà aménagées, nous avons pu économiser 90 hectares. En y intégrant des zones que l’on veut renaturer – l’idée, c’est une opération neutre – 25 hectares de la zone Lafarge, l’entrée de Balaruc-les-Bains, notamment. Le Scot devrait être arrêté en conseil syndical en février. Et ensuite validé par l’Etat.
Sur les 90 hectares, un peu plus de 50 hectares ont été économisés pour le développement économique, le reste l’a été au niveau du logement”, confie Loïc Linarès expliquant par ailleurs que les prévisions d’accueil de population ont été réduites en dix ans : « On était sur des taux de développement en 2014 entre + 4 % et + 5 %. Aujourd’hui, nous en sommes à + 0,5 %. Ce nouveau Scot gèrera plutôt les équilibres que de développer à tout prix le territoire.”
Création d’un comité de lagune avec les habitants
EAU ET ASSAINISSEMENT. Autre nouveauté, “on a intégré la notion participative des habitants. Par rapport aux différentes crises, nous allons créer un comité de lagune réunissant les professionnels – pêcheurs, conchyliculteurs – les services de l’Etat, collectivités, Agence de l’Eau, etc. pour travailler sur l’aménagement et préservation des milieux. C’est aussi avoir la possibilité d’un suivi régulier sur l’assainissement, la gestion de l’eau – accueillir de l’activité, cela veut dire avoir les ressources nécessaires pour cela. Dans 30 ans, 40 ans ou 50 ans, quel sera le niveau de nos nappes phréatiques…? Sur l’eau, on doit avoir une stratégie. La station d’épuration des eaux blanches ne répond pas aux besoins de l’état du milieu et de la conchyliculture. L’eau qui en sort pourra demain servir à des usages secondaires : nettoyage des rues, agriculture, on l’espère. C’est de l’eau en moins pompée dans les nappes ».
On a créé une station d’épuration mais les tuyaux pour y amener les eaux usées ne sont pas bien dimensionnés…”
Mais, dit-il, “il faut s’assurer que les réseaux soient en capacité d’accueillir les populations nouvelles. C’est tout le travail fait depuis dix ans qui a payé. On subit une fermeture sanitaire de l’étang. On a créé une station d’épuration mais les tuyaux pour y amener les eaux usées ne sont pas bien dimensionnés. Du coup, on a une gestion de retour de pluie, côté Sète, d’un mois {le niveau de pluies moyen sur un mois, Ndlr}. L’objectif, c’est deux ans {donc avec des pluies plus importantes, Ndlr}. Mais même là c’est avec une pluviométrie moyenne… Si on a une intensité plus forte, cela met cela est mis à mal. Cela pose aussi la question de l’entrée de l’eau dans les réseaux, puisque l’on a un réseau unitaire. Et pour le revoir, il aurait fallu entamer les travaux il y a 20 ans… On pourrait intervenir mais on ne pourra pas tout revoir. Sur les 20 M€ du plan d’urgence, 3 M€ va aux aides et le reste pour améliorer l’état du réseau. Je bataille avec la SNCF pour les autorisations de travaux avant l’été ».
“Travailler à la mise à l’abri des productions”

Ces travaux peuvent fragiliser le réseau ferré, très sollicité l’été. “Notre objectif est de terminer ces travaux avant fin novembre pour éviter la situation de fermeture aujourd’hui. Nous avons aussi embauché deux personnes supplémentaires pour gérer les appels d’offres, etc. On avait prévu 9 M€, nous en sommes à 13 M€. Ensuite, à travers ce comité de lagune, pour éviter toutes les interprétations, voire les manipulations, on mettra tout sur la table avec les usagers, les professionnels, les collectivités. On fera un état des lieux précis ; on fera appel à un bureau d’études externe le plus neutre possible pour analyser tout ce qui a été fait. Quand certains disent que rien n’a été fait, ce n’est pas juste. Beaucoup a été fait. Mais tout n’a pas été fait et les choix stratégiques n’ont pas forcément été les bons. La difficulté c’est que l’entrée du pluvial n’a pas été prise en considération. Mais on ne pourra jamais gérer 100 % des flux ; aucun territoire ne peut le faire. C’est pour cela qu’il faut travailler à la mise à l’abri des productions.”
“On ne peut plus faire comme avant”
Loïc Linarès insiste : “Cela pose des questions de fond. Par exemple sur l’évolution du trait de côte. On attend un changement de doctrine de l’Etat. On ne peut pas faire avec les mêmes règles qu’hier. On est dans un chamboulement pas assumé par l’Etat ; nous n’avons ni ligne directrice ni orientation ; il n’y a pas de plan qui nous dise on ne peut pas faire comme avant. Or, c’est indispensable d’avoir un cadre, des repères, des modèles de développement qui tiennent compte du passé et des limites actuelles. On ne peut plus faire comme avant. En revanche, on a de l’ingénierie, des start-up, des gens prêts à jouer le jeu. Nous, on va essayer de le faire. »
Un fonds spécial pour aménager le trait de côte ? Oui. Mais cela touche à bien d’autres choses. On est devant une page blanche sur ce sujet”
Attendre, comme le souhaitent des associations d’élus nationales, la création hypothétique d’un fonds pour aménager le trait de côte ? « Oui, il faut le faire mais si on doit attendre dix ans de plus, on sera tous dépassés. Réfléchissons par exemple à la création d’une société de projet, d’investir dans du foncier pour pourvoir s’adapter. Ce qui touche à l’agriculture, nos réseaux qui seront demain possiblement submergés par l’eau salée… Le trait de côte touche à bien d’autres choses. On est devant une page blanche sur ce sujet. »

Pas question non plus de permettre aux conchyliculteurs de vivre dans leur mas pour économiser un loyer. Ce qui est interdit, même si les conchyliculteurs mangent et travaillent sur place et tiennent même parfois des restos en bord de lagune. “Habiter sur place, ce n’est pas possible. C’est sur le domaine maritime et cela ouvre des portes avec des effets de dérive trop importants. Les réseaux n’y existent pas. C’est une activité professionnelle, cela doit rester une activité professionnelle. En revanche, nous préférons travailler à obtenir une réglementation qui puisse nous permettre une mise à l’abri de la production sur le domaine public maritime.” Et d’ajouter : “Vous êtes-vous baladés sur les zones d’activités économiques ? Avez-vous vu les habitats professionnels qui sont devenus des maisons ? Avez-vous envie de revivre la même chose en bord de lagune ? Non. Dans nos zones d’activité, 50 % de ce qui est construit, c’est de l’habitat. Ce n’est pas possible. Il faut un équilibre général.”
Olivier SCHLAMA
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(1) “Mon engagement est né quand on a mis en place avec Alain Bonnafoux, pêcheur, la zone Natura 2000 dans les étangs palavasiens. Et les réunions difficiles, j’en ai vécu, la profession, je la connais…”
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