Gastronomie : Pig’s Daddy, « cochon qui s’en dédit ! »

Pour une viande de qualité, on vous a déniché le bon groin ! Photo D.-R.

Découvrez le crowdbuchering ! Pig’s Daddy c’est le premier site internet qui vous permet de participer à l’élevage d’un cochon destiné à votre consommation personnelle. Des cochons élevés en plein air, dans le respect de l’animal sans médicament ni OGM. Et oui comme à l’époque de notre enfance, nous parlons ici d’élevages traditionnels. Après Le bon coin, le bon groin ?

C’est « l’histoire d’une rencontre et de valeurs partagées. Ce que vous consommez devient aussi ce que vous protégez… » résument Clément et Fabien, les deux concepteurs du projet Pig’s Daddy. L’idée est née tout simplement,  partant d’un constat simple lors d’une discussion autour d’un barbecue : « Au fait, elle vient d’où la viande qu’on vient d’acheter au supermarché et quelle est sa réelle qualité ? » Qualité et traçabilité… Les deux mots essentiels dont lâchés !

Etudes à Montpellier et plaisirs gourmands

Fabien et Clément, adeptes du crowbutchering !

« Bon ok, on aime la viande, on en consomme surtout pour se faire plaisir et pas tous les jours. Mais est-ce que cette viande respecte la vie de l’animal ? Est-ce que l’éleveur arrive à vivre dignement ? Et le consommateur, est-il au final satisfait de la viande qu’il consomme régulièrement ? », s’interrogent Fabien et Clément. C’est plus qu’il n’en faut pour agiter les neurones des deux amis, qui se sont connus pendant leurs études en master à l’IAE de Montpellier (Institut d’administration des entreprises).

Fabien est est actuellement COO (directeur d’exploitation) d’une start-up du numérique. d’origine bourguignonne, il a toujours eu une forte attirance pour la bonne nourriture maison et les événements de campagne. Spécialisé dans le développement de start-up, son souhait est de « voler de (ses) propres ailes dans un domaine qui (le) touche. » Clément est Stéphanois, d’une famille d’entrepreneurs qui le soutient dans sa démarche, il a quitté son poste de business-développer dans une start-up du tourisme à Montpellier pour se consacrer à 100% à la création de l’entreprise Pig’s Daddy.

Financement participatif, consommateurs responsables

« Nous avons tous les deux le goût d’entreprendre et de travailler dans un domaine qui nous tient à cœur », expliquent-ils. cela devrait devenir effectif dès ce mois de mai 2018 ! « Nous travaillons sur ce projet depuis plus d’un an. Pig’s Daddy est incubé à Alter’Incub Montpellier, un incubateur du monde de l’économie sociale et solidaire. Le projet est également membre du réseau BGE Grand Biterrois, nous permettant de tester notre concept. Des événements locaux comme le start-up weekend de Montpellier ou la foire internationale de Montpellier ont déjà permis de découvrir l’entreprise et d’échanger en direct avec des consommateurs responsables. »

Le financement participatif, pour un monde plus éthique. photo D.-R.

Des animaux ont également déjà été financés depuis le démarrage du projet via les réseaux sociaux et un site temporaire. « C’est pour cela que nous souhaitons être opérationnel dès cet été 2018 sur l’ensemble de notre offre notamment en termes de sélection des éleveurs, de prix et de logistique. Et croyez-nous il y a eu du travail pour y arriver ! », avouent les deux jeunes entrepreneurs. On peut déjà accéder au site provisoire en cliquant ICI… Terminée en avril dernier, une opération de financement participatif a permis de réunir la somme nécessaire à la poursuite du projet.

Le principe : le crowdbutchering ! Un mot barbare mais une pratique éthique. il s’agit d’acheter à plusieurs les parts d’un cochon destiné à la consommation. L’animal ne sera abattu qu’une fois la totalité de sa viande vendue : pas d’abattage abusif et achat en commun entre consommateurs. Pig’s Daddy semble en effet proposer ainsi une solution plus conforme aux valeurs des « consommateurs responsables », de plus en plus nombreux. « Nous nous adressons à des personnes soucieuses de leur consommation. Manger des produits de qualité, qui ne proviennent pas du circuit de surproduction et surconsommation classique », précisent les deux complices.

Choisir « son » cochon

Dans cette optique, les clients de Pig’s Daddy contribuent à l’élevage d’un cochon en finançant ce qu’ils vont consommer. « Grâce à ce système vous avez une traçabilité et une transparence totale de la naissance à votre assiette.  Notre système, en lien direct avec des élevages locaux, à taille humaine, respectueux des animaux et de l’environnement permet de ne plus penser à la consommation de viande via les filières d’élevages intensifs ou des intermédiaires à répétition », ajoutent Fabien et Clément.

Le goût d’entreprendre et du bien-manger unit Fabien et Clément… Photo D.-R.

L’opération se déroule en quatre phases : trois à quatre mois avant que le cochon arrive à son poids final, il est présenté sur le site internet de Pig’s Daddy, les amateurs peuvent ainsi découvrir la race du cochon, ses spécificités, qui l’élève (le producteur) et son environnement. Il est alors possible de réserver une part du cochon en fonction des besoins : 2.5kg, 5kg, 10kg ou plus. Puis Pig’s Daddy s’occupe de récupérer le cochon post-abattoir et de le transformer dans un atelier de découpe. Par la suite, les morceaux sont conditionnés sous vide pour faciliter la conservation de la viande et mis en caissettes en fonction de votre investissement et de la gamme que vous avez choisi. Et puis, reste à livrer« Conscients que le transport de viande est sensible et fragile à la rupture de la chaine du froid, nous avons sélectionné Chronofresch comme partenaire logistique pour la livraison (…) la viande garde ainsi un maximum de fraîcheur avec un délai de livraison de moins de 48h partout en France », précisent Clément et Fabien.

Et Pig’s Daddy ne souhaite pas s’arrêter là, espérant par la suite séduire aussi les acteurs des métiers de bouche comme les restaurateurs, les traiteurs, les chefs à domicile, etc. Mais avant tout, la volonté de Clément et Fabien à établir une charte de qualité, qui assurera aux consommateurs la qualité de la viande et de contribuer à soutenir des agriculteurs locaux respectueux de leurs animaux, pérennisant ainsi des élevages responsables… Et « cochon qui s’en dédit ! »

Philippe MOURET