Fibre Excellence : Un “investisseur français” redonne espoir aux 670 salariés et à toute la filière

Carole Delga. Ph. Lydie Lecarpentier, Région Occitanie.

Grâce à cette nouvelle encourageante, le tribunal de commerce de Toulouse donne un délai de trois semaines supplémentaires pour sauver cette filière dans laquelle Carole Delga et la région Occitanie ont mené un travail “acharné”. Pour les syndicats, “c’est un signal important et encourageant qui permet aujourd’hui d’envisager l’avenir sous un autre jour.”

Un investisseur français “de tout premier plan” suscite l’espoir parmi les salariés et la filière pâte à papier-bois en France, via la reprise de Fibre Excellence, placée en redressement judiciaire depuis le 27 avril. L’entreprise qui emploie 670 personnes sur les deux sites, l’un à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, le second à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) est toujours à la recherche d’un repreneur capable de maintenir en vie ces dernières usines françaises de pâte à papier.

Selon plusieurs médias dont Libération, La Marseillaise, confirmée par Ici Occitanie, cet investisseur serait l’homme d’affaires français Matthieu Pigasse !

C’est en tout cas ce qui a permis de repousser l’échéance de la décision du tribunal de commerce de Toulouse de ce 17 juin au 6 juillet. Un délai “crucial” pour les salariés. Ce qui “offre un délai indispensable et crucial pour l’avenir de Fibre Excellence. Elle confirme ce sur quoi je me bats : il n’y a ni fatalité ni renoncement dès lors que chacun prend ses responsabilités et se mobilise”, indique Carole Delga dans un communiqué.

Cette mobilisation a notamment permis de faire émerger l’intérêt d’un investisseur de tout premier plan, qui a déposé hier une lettre d’intention auprès du tribunal”

Depuis plusieurs semaines, avec les salariés, les organisations syndicales et les acteurs publics, la Région Occitanie a mené un travail “acharné pour tenter de sauver 670 emplois sur les deux sites. “Cette mobilisation a notamment permis de faire émerger l’intérêt d’un investisseur de tout premier plan, qui a déposé hier une lettre d’intention auprès du tribunal. C’est un signal important et encourageant qui permet aujourd’hui d’envisager l’avenir sous un autre jour”, qualifie Carole Delga. On se souvient des rendez-vous qui se sont succédé avec le ministre de l’Industrie ; le Premier ministre ; avec des dirigeants syndicaux nationaux à l’instar de Sophie Binet…

Fibre Excellence, Ph. Léo Arcangeli.

Ces trois semaines supplémentaires doivent désormais être mises à profit pour consolider un projet industriel et financier solide, doté d’une gouvernance claire et d’un véritable capitaine capables de porter la pérennité de l’entreprise. Il en va de l’emploi dans la région et de la “souveraineté” industrielle du pays. Demain, se tient justement l’Assemblée générale des personnels sur le site de Saint-Gaudens où se rendra Carole Delga.

Construire une solution pérenne pour l’ensemble des sites en s’adossant au projet déposé par la direction opérationnelle

Dans un communiqué, l’intersyndicale de Fibre Excellence souffle : “La mobilisation de tous les salariés et celle de tous les acteurs ont permis la manifestation de dernière minute d’un investisseur français de premier plan. Un espoir se dessine : l’élément majeur de l’audience est l’arrivée d’un investisseur français de premier plan qui a manifesté un intérêt fort pour le groupe. Son projet vise à construire une solution pérenne pour l’ensemble des sites en s’adossant au projet déposé par la direction opérationnelle, permettant pour lui de s’appuyer sur l’expertise des équipes actuelles.”

Et les syndicats de rappeler que “l’importance de Fibre Excellence pour l’industrie française a été largement reconnue durant l’audience. Nos usines sont des actifs stratégiques uniques en France que tous les acteurs (direction, administrateurs, élus régionaux et Etat) souhaitent préserver“.

Occitanie et Paca abonderaient une reprise avec 8 M€

Ph. Lilian Cazabet.

La pression s’est accentuée sur l’Etat ces dernières semaines. Le propriétaire de ces usines, l’indonésien Jackson Wijaya dont la famille contrôle le géant mondial du papier Asia Pulp ans Paper, Fibre Excellence a reçu une offre de reprise formulée par l’équipe dirigante. Mais que le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a jugée “insuffisante” lors des questions au gouvernement le 9 juin à l’Assemblée nationale, estimant que cette proposition n’est pas soutenue par un acteur industriel.

Cette prise de position du gouvernement est intervenue alors que les régions Occitanie et Paca, la métropole de Rouen et les syndicat CFDT, CGT et FO ont adressé un courrier commun au Premier ministre, Sébastien Lecornu pour réclamer une intervention urgence de l’Etat : la disparition de Fibre Excellence plomberait la filière et menacerait directement 10 700 emplois.

Relèvement du tarif de rachat de l’électricité

Ce projet de reprise pour lequel les deux régions auraient abondé pour 8 M€ accompagnées par plusieurs partenaires reste conditionné à des décisions relevant de l’Etat : entre autres, le relèvement du tarif auquel EDF rachète l’électricité produite par Fibre Excellence en marge de son activité principale mais aussi un soutien financier à cette reprise. Mais le 12 juin, la réponse du gouvernement ne convainc aucun des acteurs mobilisés autour de ce sauvetage. Du coup, région et syndicats ont organisé, il y a quelques jours, une conférence de presse commune fustigeant le manque d’engagement du gouvernement. Carole Delga : “Le message que nous portons est clair : nous sommes mobilisés et ces usines ne fermeront pas.

Olivier SCHLAMA

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