Des initiatives qui fleurissent un peu partout

Collectifs citoyens ou associations locales redoublent d’efforts pour préserver la nature et sensibiliser l’opinion publique. Zoom sur des initiatives oeuvrant pour placer l’humain au cœur du changement.

Transformer une propriété privée en centre agro-environnemental. C’est le pari relevé par Adrien, Paul et Hélène (fils, père et mère) Guetat à Pamiers (Ariège). Ils tombent sous le charme du domaine de Brassacou, à l’été 2017. Étendu sur 100 hectares, il recoupe bord de rivière, forêt, landes, falaise, et se fait berceau d’une riche biodiversité. La famille comprend qu’elle doit agir pour la sauvegarder.

Ecologie et insertion sociale

L’ouverture officielle du centre agro-environnemental est prévue dans un an. Photo : Association Reveas.

Une fois la propriété acquise, l’association Reveas est créée. Adrien en est le président. « On ne vient pas du monde agricole ou d’un milieu écologique, mais on est sensibles aux questions de développement durable et de soucis climatiques. Mon frère souhaitait fonder une ferme pédagogique, on a sauté sur l’occasion. Nous voulons renouveler la vision de l’agriculture. »

L’ouverture aura lieu dans un an. Le centre sera porteur de projets écologiques, environnementaux et sociaux. Quatre axes ont été dressés, liés les uns aux autres. L’association est chargée de la protection de l’environnement et des continuités écologiques. Un inventaire ainsi qu’un suivi floristique et faunistique sont en cours, en lien avec l’Association des naturalistes de l’Ariège. Une ferme agro-écologique est présente et une commercialisation de produits est prévue sur place. Le volet pédagogique est déjà assuré par l’Oustal environnementale, avec des activités de sensibilisation pour scolaires ou seniors.

Le collectif est une dynamique essentielle du centre. Des projets sont proposés aux publics en situation d’exclusion sociale. Des chantiers participatifs peuvent aussi être menés par des services civiques, stagiaires ou « woofers ». Le gîte, quant à lui, a une visée éco-touristique. Une SCOP pourrait être créée. À terme, la famille espère voir naître une dizaine d’emplois.

Transmettre son savoir

En Occitanie, des naturalistes agissent également pour l’environnement en réalisant des inventaires, des suivis et des actions de protection. L’association audoise Ecodiv s’y emploie depuis 2002 grâce à Jean Muratet. Après un BTS en gestion et protection de la nature, il obtient une maîtrise en sciences de l’environnement. Au fil des ans, il transmet même ses connaissances dans différents ouvrages.

L’association s’engagera bientôt dans la préservation des zones humides de la Montagne noire. Une étude menée avec l’aide du monde agricole. Toutefois, « on a aussi une mission de sensibilisation », indique-t-il, se réjouissant de l’attractivité autour de l’éco-tourisme.

Une action citoyenne

Cet intérêt grandissant pour l’environnement, une coopérative toulousaine l’a saisi au vol : Citoy’enR permet à chacun de devenir sociétaire et de financer l’installation de panneaux photovoltaïques. D’abord association en 2015, elle est depuis 2017 une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Aujourd’hui, plus de 350 citoyens ont investi près de 120 000 euros et produit plus de 80 000 kWh.

Six chantiers (écoles, crèches, groupes scolaires, centres de loisirs) ont été réalisés en 2018 dans l’agglomération toulousaine. La SCIC recherche d’ailleurs de nouveaux citoyens sociétaires prêts à épargner utile. La part sociale est à partir de 50 euros.

M.D.