Une famille nîmoise à la rescousse des océans

Ce projet trotte depuis plus d’un an dans la tête d’Oriane Burckel de Tell (36 ans) et Benoît Mahe (35 ans). À leur retour d’un surf trip à Bali, en 2018, ils ont pris conscience de l’impact de la pollution générée par le plastique dans certains pays.

Toute la famille va être mobilisée pour mener à bien le documentaire. Le programme scolaire suit les enfants dans leur voyage. La pratique des langues et surtout de l’anglais va aussi beaucoup leur apporter. Photo : Association Solessa.

“On était sur une presqu’île qui ne pratique pas le tourisme de masse”, précise la mère de famille, et pourtant “des déchets arrivent des côtes et le gouvernement ne fait rien. La population subit la situation et brûle les déchets pour s’en débarrasser. Il y a une odeur de plastique toute la journée”.

Ce voyage était d’abord une parenthèse dans leur vie de cadres. Il est devenu le point de départ d’un véritable combat. Ayant chacun un pied dans le commerce et la grande distribution, les deux adultes sont sensibilisés au gaspillage commis par les enseignes et ont déjà modifié leurs habitudes de consommation. Par ailleurs, “on a toujours voulu faire le tour du monde, alors notre projet s’est goupillé naturellement”.

Tout quitter pendant 10 mois

De leur réflexion naît l’association Solessa. Leur ambition, produire un documentaire à partir d’un voyage de dix mois dans dix pays envahis par le plastique. Ceux-ci sont majoritairement asiatiques. Une décision aussi audacieuse que vertigineuse.

La famille s’est résolue à quelques sacrifices. Quitter travail, école, amis et famille, piocher dans les économies personnelles, mettre la maison en location. Mais ça vaut le coup. “On veut montrer aux enfants ce qui se passe, instaurer un dialogue entre eux et retranscrire leur vision du monde.” Des ONG, biologistes, surfeurs et startups auront aussi leur place à l’écran.

Un film projeté à leur retour

Novices dans la confection de reportages, ils ont réalisé un financement participatif pour acheter un bon équipement (caméras, drones et micros), récoltant 5 565 euros. Une aide non négligeable pour mener à bien ce documentaire, dont la prévision budgétaire est de 97 000 euros. L’heure est aux derniers préparatifs. Le film sera écrit en amont, respectant un fil rouge.

Les deux parents vont aussi profiter des mois restants pour rassurer davantage leurs enfants. “Solal est le plus impatient des deux. Il est très investi dans l’écologie, même plus que nous. Tessa est très jeune, mais elle commence à s’y intéresser et à comprendre ce qui se passe.” Une fois le documentaire monté par des professionnels, la famille espère le projeter au Seaquarium du Grau-du-Roi, l’un de leurs partenaires, et dans des salles de classe.

M.D.