“Nous encourageons la mairie de Colomiers à prendre au sérieux la condition animale et à annoncer mettre définitivement un terme aux campagnes cruelles envers les pigeons. Cela est possible : de nombreuses Villes l’ont fait avant elle, c’est le cas de Toulouse par exemple !” précise Amandine Sanvisens, cofondatrice de PAZ. Et pour appuyer cette demande (qui n’a pas reçu de réponse de la municipalité) un “happening” est prévu ce jeudi 16 juillet, à midi, sur le marché de la place du Languedoc…
Certes ceux dela Place Saint-Marc à Venise sont célèbres, mais en règle générale les pigeons ne sont pas les bienvenus dans les villes. On accuse leurs déjections d’être source de corrosion pour des bâtiments et véhicules, et d’être porteurs de maladies transmissibles à l’homme (bien que le risque de transmission directe soit plus que modéré).
Mais pour d’autres, il est au contraire “un oiseau fascinant, héritier d’une longue histoire partagée avec l’homme”, soulignant que “plutôt que de les considérer comme nuisibles et de les persécuter, il est préférable d’adopter des solutions respectueuses de l’animal.”

Et nous voici au coeur de l’actualité qui va secouer le marché de Colomiers (Haute-Garonne) ce jeudi 16 juillet. En effet, c’est la journée que l’association PAZ (Projet Animaux Zoopolis) a choisie pour sensibiliser les habitants de cette commune au destin funeste réservé aux pigeons par la municipalité.
Un arrêté municipal (de 2025) constate la “multiplication des pigeons de ville qui ont envahi différents secteurs entraînant une importante dégradation des espaces publics et des gênes pour la population” et considère que “cette multiplication de pigeons de ville entraîne par ailleurs un risque sanitaire de par la présence de fientes, notamment dans les zones ouvertes au public.”
En conséquence de quoi “autorisation est donnée” à une société spécialisée “de procéder à la régulation de la population des pigeons de ville” dans certains secteurs. Cette régulation “se fera par arme à air comprimé…”
Un “happening” jeudi 16 juillet à Colomiers
A l’approche de la Journée Mondiale pour la Défense des Animaux Liminaires (18 juillet), et en l’absence de réponse de la municipalité à ses sollicitations, PAZ organise donc un “happening” sur la Place du Languedoc de la ville le jeudi 16 juillet et en cette occasion “des panneaux de photos de pigeons seront brandis et des tracts seront distribués pour sensibiliser les habitant-es.”
Précisons que lors des élections municipales de 2026, la deuxième ville de Haute-Garonne (41.000 habitants) a réélu dès le premier tour la maire sortante Karine Traval-Michelet pour un troisième mandat.
L’association insiste sur le fait que des méthodes moins cruelles existent pour limiter les populations de pigeons. Ainsi, Toulouse “qui procédait à des campagnes de capture, gazage et stérilisation chirurgicale de pigeons” y a renoncé pour se tourner vers “l’installation de deux nouveaux pigeonniers contraceptifs.” (*)
Dans l’Hérault, la commune de Saint-Georges-d’Orques a également pris la décision de renoncer aux campagnes de tir visant les pigeons. “Lors de notre échange téléphonique le Maire s’engage à ne plus utiliser de méthodes létales visant les pigeons. Nous le remercions” précise PAZ sur son site internet.
Il existe des solutions pour une cohabitation durable
Comme le souligne un spécialiste : “Lorsqu’on aborde la question de la gestion des pigeons, il est essentiel de maintenir un équilibre entre l’efficacité des méthodes de contrôle et le respect de l’éthique animale. Les solutions doivent être humaines et éviter de causer des souffrances inutiles aux pigeons. Cela nécessite un plan de gestion bien pensé, qui combine prévention et actions ciblées, en intégrant si possible l’éducation du public.”
Et pour un autre : “L’engagement de tous constitue un levier déterminant pour parvenir à un équilibre durable. Grâce au dialogue continu et aux solutions innovantes, la cohabitation avec les pigeons peut devenir un véritable atout pour une Centre-Ville-Nature, respectueuse de la fois de l’environnement et du bien-être humain.”
Philippe MOURET
(*) Le pigeonnier contraceptif est une structure qui offre un habitat aux pigeons, tout en limitant leur population. Le principe consiste à secouer les œufs pondus ou à les remplacer par des factices afin qu’ils n’éclosent pas (certaines entreprises retirent les œufs sans les remplacer mais cela est à proscrire pour éviter que les pigeonnes ne repondent rapidement). Afin de fidéliser les oiseaux au pigeonnier, celui-ci doit être entretenu (nourriture et nettoyage).
Qu’est-ce qu’un “animal liminaire” ? Les animaux liminaires sont tous les animaux qui vivent en liberté dans l’espace urbain. “Parce que leur habitat a été profondément modifié par l’urbanisation et notre mode de vie, les animaux qui vivent dans les villes se distinguent des animaux sauvages ou domestiques ; c’est pourquoi on les appelle des «animaux liminaires». Pigeons, rats, lapins… les animaux liminaires sont nombreux à cohabiter avec nous. Ils sont méprisés voire tués. PAZ se bat pour faire entendre la voix de ces animaux trop souvent oubliés ou négligés.”
Le dernier mot..; à La Fontaine :
Les deux pigeons
Deux Pigeons s’aimaient d’amour tendre.
L’un d’eux s’ennuyant au logis
Fut assez fou pour entreprendre
Un voyage en lointain pays.
L’autre lui dit : Qu’allez-vous faire ?
Voulez-vous quitter votre frère ?
L’absence est le plus grand des maux :
https://www.fable-de-la-fontaine.fr/pdf/les-deux-pigeons-texte-original-jean-de-la-fontaine.pdf