Inquiets pour leur avenir, une cinquantaine de professionnels organisent dans une même convergence un barrage filtrant dénonçant, pour les uns, “de nombreuses importations entrent en France sans respecter les mêmes normes de production que celles imposées à nos agriculteurs » ; pour les autres « un soutien financier d’urgence ; des perspectives de financements d’une unité de mise à l’abri” de la production…
Agriculteurs, conchyliculteurs, même combat. “Ils ont leurs revendications, nous avons les nôtres”, commente Patrice Lafont, président du Comité régional conchylicole de Méditerranée. Plusieurs dizaines de professionnels se sont ainsi retrouvés, dès 7h30, ce matin, devant l’entrée du port de commerce de l’Île Singulière.
Une bonne cinquantaine s’y étaient rassemblés, selon plusieurs sources. « C’est un barrage filtrant : on ne laisse rien sortir du port mais on laisse entrer les gens qui viennent y travailler », indique Patrice Lafont. Ce mouvement entend interpeller l’Etat et le conseil régional d’Occitanie sur l’avenir d’une profession en grande difficulté, subissant une énième avanie avec la « fermeture » de l’étang de Thau et à la mise à l’arrêt depuis le 30 décembre dernier de la vente d’huîtres pour cause de norovirus, rendant le coquillage, à certaines doses, impropre à la consommation.
« De nombreuses importations entrent en France sans respecter les mêmes normes…”

La FEDSEA d’Occitanie et les Jeunes Agriculteurs de l’Hérault organisent ainsi un mouvement au port de Sète pour dénoncer “de nombreuses importations entrent en France sans respecter les mêmes normes de production que celles imposées à nos agriculteurs. Pendant que nous respectons des règles strictes, des produits ne respectant pas nos standards prennent leur place sur nos marchés.”
Ce mouvement se veut également “en solidarité avec les conchyliculteurs (…) Nous appelons donc les conchyliculteurs à se mobiliser pour faire entendre nos attentes de la Région Occitanie » Et de déployer une plate-forme de revendications à l’adresse des pouvoirs publics et des collectivités : comme “avoir des engagements fermes quant à nos demandes de soutiens financiers ; connaître sa position sur la création d’une caisse d’urgence, abondée notamment par les collectivités, pour faire face aux pollutions d’origines humaine et urbaine. Mais aussi avoir les perspectives de financements d’une unité de mise à l’abri collective ; avoir des perspectives claires sur la prise d’eau à Frontignan pour assurer une qualité d’eau optimum sur l’unité de mise à l’abri collective ; et leurs positions sur les autres points évoqués lors de la réunion de crise du 6 janvier en préfecture.”

Aujourd’hui, l’étang de Thau compte 2 500 tables et 450 entreprises pour 8 000 tonnes d’huîtres et 6 000 tonnes de moules produites chaque année, soit 8 % de la production nationale. Devant toutes les avanies et le réchauffement climatique, la profession réfléchit à l’avenir. Et montre toute sa colère et sa détermination.
Olivier SCHLAMA