Lapins, cochons d’Inde, rats, tortues, et même rapaces : la ferveur envers les Nac ne cesse de croître. Vétérinaires et associations spécialisées s’alarment. Adopter un animal exotique doit être un acte réfléchi. Bien connaître ses besoins et évaluer sa capacité à l’élever est indispensable. Et évaluer un budget qui peut être très conséquent. Présidente du Au Bazar des Nac, vétos Caroline Villin et Sara Llopis témoignent pour Dis-Leur !
Le port de Sète servit, jadis, de porte d’entrée facile au trafic illicite de petits singes de l’Atlas marocain, se moyennant plusieurs centaines de francs. Vendus sous le manteau, ces animaux alimentaient l’un des trafics d’animaux les plus rentables de la planète. On se rappelle aussi que le zoo du Lunaret, à Montpellier, avait fini par accepter, dans les années 1970, de récupérer un ouistiti, arrivé lui aussi illégalement dans la cale d’un navire et qui a fini encagé dans un centre aéré de l’Île singulière, que les enfants avaient pour habitude de harceler…
Plus près de chez nous, à l’été 2023, un faucon pèlerin, qui venait de croquer un pigeon, leur pêché mignon, en plein ciel céruléen, avait eu toutes les peines du monde à redécoller d’un jardinet sétois au niveau de la mer où il avait plongé. Sans doute s’était-il échappé de la volière d’un collectionneur. Plus habitué qu’il est à fréquenter les Gorges de la Jonte que le Mont Saint-Clair.
Lapin, rats, octodon, chinchillas, gecko…

On n’en était pas encore à l’explosion de la mode des Nac, Nouveaux animaux de compagnie, nom forgé il y a 40 ans par le vétérinaire Michel Bellangeon pour désigner ce qui n’est ni un animal sauvage ni un chat ni un chien qui régnaient jusque là en maîtres. Aujourd’hui, le lapin les talonne dans les familles.
Comme, dans une moindre mesure, cochon d’Inde, et rats. Hamster, aussi, octodon (il ressemble à un écureuil), gerbille, chinchillas et furets. “Les plus abandonnés sont les plus adoptés…”, résume Aline Maylin, présidente de Au Bazar des Nac, à Toulouse (lire ci-après) qui possède elle-même lapin et cochon d’Inde. “A l’association, nous avons eu un gecko de Madagascar ou une calopsitte, sorte de perruche. Mais ce genre de demande est rare. Nous redirigeons ces animaux vers des associations plus spécialisées.”
61 % des familles concernées par au moins un Nac chez elle
Caprices d’enfants, achats impulsifs, coups de tête post-confinement, attrait de la nouveauté et surtout l’idée qu’il est… facile de s’en débarrasser quand on n’en veut plus… Petit à petit, la mode a élargi le spectre de ces espèces d’animaux exotiques. En 2010, 49 % des ménages possédaient ainsi un animal. Désormais, ce sont 61 % des familles qui en ont adopté au moins un, selon la Fédération des fabricants d’aliments pour chiens, chats, oiseaux et autres animaux familiers (Facco).
Tortues du Maroc ; lapins ; perruches ; chinchillas, furets ; lézards ; serpents ; rongeurs, rats… “Cela fait des décennies que de nombreux particuliers possèdent des Nac. Mais la ferveur est plus importante aujourd’hui”, explique un vétérinaire de Toulouse. “Certains de ces animaux sont attachants ; on en choisit certains parce qu’ils n’ont pas besoin de beaucoup d’attention ni de les sortir faire leurs besoins.”
“Ce n’est pas un doux coussin mais plutôt une teigne !”
Et, parfois, il y a des surprises… Dans l’Hérault, Julien et son épouse, entrepris par leurs deux filles, décident d’acheter il y a quelques années, dans une animalerie, un lapin bélier. Julien ne se fait pas prier pour formuler : “Ce n’est pas un doux coussin mais plutôt une teigne !” Passe que cette femelle ait croqué pieds de tables et des chaises et autres fils électriques de la maisonnée. C’est son agressivité qu’il regrette le plus. “Cette petite femelle, nous l’avons acquise quand elle avait deux mois dans une animalerie ; nous pensons qu’elle n’a pas été bien sevrée de ses parents et trop tôt. Du coup, elle est hyper-craintive et si on s’approche elle peut nous sauter dessus…” Depuis, ils ont acquis un deuxième lapin belier. Et un 3e arrivera bientôt dans la famille pour vivre l’expérience jusqu’au bout mais dans les règles de l’art : “On ira le chercher en avril chez une éleveuse à Millau qui sait bien s’occuper de cette espèce…”
Le lapin, c’est le 3e animal de compagnie le plus adopté après le chien et le chat. Et c’est celui que l’on abandonne le plus. L’un des fléaux, ce sont les animaleries…”
Présidente de l’association Au Bazar des Nac, à Toulouse, Aline Maylin, elle, lui répond à distance : “Il faut absolument se renseigner sur l’espèce, pose-t-elle. Un lapin, ça s’éduque comme un chien, par exemple ; et une femelle c’est très territorial de base. Et surtout est-elle stérilisée ? Ça change tout à son comportement. C’est complexe. Le lapin, décrypte-t-elle, est aussi un palliatif à la solitude. C’est un mélange de chien et chat, c’est un vrai compagnon de tous les jours ; le rat, lui, est très intelligent ; on peut avoir de supers relations avec. Mais prendre une gerbille ou un hamster, ce n’est pas le cas : ce sont des animaux nocturnes. Il ne faut pas les prendre pour des animaux de compagnie mais juste pour les observer.”
Aline Maylin ajoute : “Le lapin, c’est le 3e animal de compagnie après le chien et le chat. Et c’est celui que l’on abandonne le plus. L’un des fléaux, ce sont les animaleries. Il y a des problèmes de “sexage” : quand une animalerie vend plusieurs lapins à la même famille, on leur certifie que ce sont pas exemple deux femelles ou deux mâles. C’est souvent faux. De toutes façons, deux femelles ou deux mâles ne peuvent pas vivre ensemble. Quand on nous appelle au secours pour deux mâles qui se battent, eh bien oui, c’est courant et ils peuvent même aller jusqu’à se tuer. Du coup, les propriétaires peuvent les abandonner.”
Pétition contre la vente d’animaux en animaleries

Elle plaide pour une meilleure information sur les animaux à adopter : “Une lapine n’a pas de chaleurs, rappelle Aline Maylin, elle est en période de reproduction TOUTE l’année, sans interruption. Et elle peut faire jusqu’à 12 bébés à chaque portée. Cela peut aller très vite.” La mission de cette association nationale est “de placer ces nouveaux animaux de compagnie en famille d’accueil dans toute la France. Nous avons en permanence 60 de ces animaux à gérer. Nous sommes conventionnés avec 70 cliniques spécialisées. Mais nous n’acceptons pas tous les animaux. C’est en fonction des places, notamment. On est très exigeants : on n’entasse pas les animaux.”
Aline Maylin fait aussi partie d’un collectif de 75 associations ou refuges, Urgence NAC, qui réclament l’interdiction de vente de ces animaux en animaleries qui ne peuvent déjà plus vendre chiens et chats. Déjà noircie de 1 977 signatures, une pétition circule sur le site de l’Assemblée nationale. Pourquoi ? “Ces Nac sont faciles d’accès, dit le texte, pour quelques euros, en animaleries, foires et brocantes. L’obligation de signature d’un certificat de connaissance de l’espèce concernée n’a rien changé : certaines animaleries ne prennent pas la peine d’appliquer cet aspect de la loi ou antidatent le document pour la contourner. Ces ventes incontrôlées aboutissent à des milliers d’abandons chaque année et les refuges sont saturés…”
Les adoptants ne sont “majoritairement pas renseignés sur les besoins de leur nouvel animal”

La perception de Caroline Villin, vétérinaire qui a travaillé à Toulouse et a été formée à la clinique des Nac de la Ville Rose, “n’est pas très optimiste” sur cette ferveur à adopter un animal exotique. Les adoptants ne sont “majoritairement pas renseignés sur les besoins de leur nouvel animal. Ils voient juste le fait que leur cochon d’Inde, par exemple, prend moins de place. Et demandera moins de temps pour s’en occuper. Le hamster ou le lapin vivent en cage ; éventuellement, on croit que nettoyer la litière une fois par semaine suffit… Sauf que ça ne correspond pas du tout aux besoins de ces animaux.” Sans oublier le fait que les enfants, très prescripteurs, “s’en détournent assez rapidement”. Et l’adulte vit cela comme “une charge nouvelle à assumer”.
Quelle est la situation des populations Nac en Occitanie ? “La demande est grandissante partout. C’est le sentiment qui a parcouru lors du dernier congrès annuel des vétos Nac de France, le Genac, à Deauville en 2025 organisé par l’association des vétérinaires Nac de France, on a du travail partout quelle que soit leur structure et région.” Contactée, l’école vétérinaire de Maison-Alfort s’est refusée à répondre à nos questions.
Trafic d’animaux, une réalité
Prendre position sur ce sujet de société est “en réflexion dans la profession”, confie néanmoins Caroline Villin, actuellement installée dans la vallée de l’Arve, en Haute-Savoie. Dans son cabinet, les Nac représentent une part massive de ses interventions, de l’ordre de 30 % à 40 % de son activité. Parmi les animaux les plus exotiques à soigner, la véto cite au-delà des lapins et autres cochons d’Inde, “les gros oiseaux, comme les Ara ; perroquets gris du Gabon ; cacatoès… Il y a aussi des rapaces. C’est l’une des particularités à Toulouse parce que l’un de ses vétérinaires était fauconnier sur son temps libre.”
Avec la proximité de l’Espagne, les trafics d’animaux sont aussi une réalité peu exposée. “Avec la faune sauvage captive, on va surtout parler d’oiseaux, reptiles, serpents. Même avec les perroquets de compagnie très représentés il y a 20 ans ou 30 ans, beaucoup sont encore dans les maisons ; ils vivent longtemps comme les tortues. Nous n’avons aucune idée de leur origine.” Et leur détention est dans la plupart des cas interdite (ci-dessous). “Mais, par définition, ces animaux-là, nous ne les voyons pas dans nos cabinets”, souffle Caroline Villin.
Les frais vétérinaire génèrent des abandons
Caroline Villin est également vétérinaire de deux animaleries mais qui ont “du personnel formé”. De façon générale, elle “n’encourage pas du tout la vente d’animaux dans les animaleries”. Les vétérinaires sont eux aussi touchés par de nombreux cas de burn out, structurel dans cette profession. “Avec les Nac qui arrivent en nombre, la fatigue est encore supérieure, souffle-t-elle. Les propriétaires nous amènent leurs animal quand c’est très grave. Le lapin, ils l’ont payé que 30 € et que la consultation seule se monte, elle, à 45 €. Et quand on fait une devis à 600 € pour trois jours d’hospitalisation, cela génère des demandes d’euthanasie. Ce qui accentue davantage d’abandons. Un chat, on peut en adopter un gratuitement : ils se récupèrent dans la nature.” Jeune vétérinaire sétoise, Sara Llopis renchérit : “La clientèle voudrait que l’on facture à hauteur du prix d’achat de l’animal. Mais c’est impossible : anesthésie, instruments de chirurgie, stérilisation, etc. : nos coûts fixes sont importants.” (Lire ci-dessous).
Nos très chers Nac…

Aline Maylin, du Au Bazar des Nac, ne dit pas autre chose. “La plupart des Nac sont des animaux très fragiles et coûtent cher chez le véto. Le lapin, par exemple, est sujet aux arrêts de transit, très fréquents. C’est une urgence avec, souvent, un pronostic vital engagé en moins de 12 heures. Il faut absolument voir un vétérinaire Nac et cela coûte, entre médicaments, hospitalisation, etc., et en fonction des régions, entre 400 € et 800 €. Pour le cochon d’Inde, ce sera un peu moins cher mais c’est quand même autour de 300 € à 500 €.”
Aline Maylin parle d’expérience : “Mon lapin, en parfaite santé, m’a déjà coûté, en quatre ans, plus de 1 500 €… Le lapin bélier, les gens adorent. Mais il est issu d’une manipulation génétique et a de nombreuses otites qu’il faut opérer moyennant 500 € l’oreille… Evidemment en animalerie, ça ne se dit pas… Alors, il existe de bonnes mutuelles. Mais le coût total d’un lapin est entre 1 000 € et 2 000 € par an, nourriture comprise. Le rat, c’est pire : il guérit vite mais il est tout le temps malade ; la consultation de base pour un Nac, sans médicament ni examen complémentaire, c’est 70 €.” Nos très chers Nacs…
Olivier SCHLAMA
À quatre ans, la Sétoise Sara Llopis voulait déjà devenir “docteur des chats”
La Sétoise Sara Llopis, 28 ans, vétérinaire depuis 2023, travaille à la clinique de Frontignan, après avoir été en poste à Bordeaux. Une vocation : “J’ai toujours voulu faire quelque chose dans la médecine. Et véto, c’est un métier-passion. Ma mère me raconte qu’à 4 ans, au pédiatre qui me demandait ce que je voulais faire plus tard, je lui dit ai dit : “Docteur des chats”. Mais elle ne savait pas qu’elle serait aussi docteur des Nac. “J’ai tout de suite eu la vision de pouvoir soigner un maximum d’animaux qui souffrent. Et, plus tard, quand j’ai fait mon clinicat dans un service Nac, quand je me suis rendu compte de la diversité des espèces, j’ai trouvé ce métier-là ultra-enrichissant.”
“Que je fasse 8 heures ou douze heures, je suis payée pareil”

A Bordeaux, “on avait beaucoup de lapins et de cochons d’Inde à soigner. Et aussi énormément de poules. C’étaient des particuliers qui avaient six poules dans leur jardin ; elles étaient friendly. Il fallait donc avoir une approche plus poussée pour résoudre les problèmes de santé de cette espèce. Notamment au niveau de l’appareil reproducteur ; Elles ont aussi des problèmes articulaires.”
Sara Llopis avance : “Il y a plusieurs types de propriétaires de Nac.” Ceux qui n’y connaissent rien. “Et ceux qui sont extrêmement investis et qualifiés ; qui ont beaucoup de connaissances, comme pour les perroquets dont certains peuvent vivre 80 ans.” Le jeune praticienne dit encore : “La clientèle, ça se crée : à Bordeaux, certains faisaient une heure de route pour faire soigner leur poule chez nous.” Comment est-elle rémunérée ? “Je suis payée à la journée. Les heures sup’, je ne les vois jamais, souffle Sara Llopis. Que je fasse 8 heures, 10 heures ou douze heures, je suis payée pareil.” Elle a pour projet d’avoir, un jour, sa propre clinique.
Obligée de faire des études à Madrid en Espagne
Sara Llopis n’a pas fait ses études vétérinaires dans l’Hexagone. La faute au par trop rigide Parcoursup. “J’avais fait un bac économique et social option sciences Po. C’était compliqué de faire une école vétérinaire sans le bac S en France. J’ai alors fait un an de fac de bio et, en parallèle, j’ai passé mon bac S en candidate libre.” Malgré ce parcours volontaire quoique « atypique », elle n’a pas pu intégrer la formation française d’école vétérinaire qui ne “voulait que des profils style voie royale”, dit-elle. Elle prend alors la direction de Madrid, la capitale espagnole, où elle est finalement acceptée.
“L’une des professions où il y a le plus de burn-out”
Reste que cette profession qui fait briller les yeux des gamins de tout temps est sujette au sur-investissement professionnel. Sara Llopis est lucide. “C’est l’une des professions où il y a le plus de burn-out. C’est une profession-passion où l’on est hyper-investis. Il y a un décalage important entre la vision que l’on se fait et la réalité sur le terrain. Nous avons beaucoup de responsabilités. Dans le monde médical humain, la responsabilité est diluée entre le chirurgien, l’anesthésiste, l’infirmier… Chacun ayant des tâches bien distinctes. Dans notre milieu, nous n’avons que des assistantes vétérinaires mais qui ne font pas 5 % de ce que font les infirmières pour les humains. On doit repasser derrière les assistantes pour tout vérifier ; nous gérons l’anesthésie, le réveil, les urgences… Beaucoup de choses en même temps. On passe d’une consultation pour euthanasie à un vaccin sur un chiot, quand une urgence arrive, etc. Il faut être bon partout. Ça demande beaucoup de travail pour répondre à tout cela. En sortant de l’école, on n’est pas du tout préparés.”
“À la clinique de Frontignan, J’ai des patrons bienveillants, c’est loin d’être partout le cas”
Sara Llopis, qui se dit passionnée et lucide, a la chance d’avoir des “patrons bienveillants c’est loin d’être partout le cas : je ne travaille pas plus que 3,5 jours par semaine. Ce n’est pas le cas partout… Ils me disent de prendre des vacances… Je fais partie des chanceux.” Il faut aussi savoir s’entourer d’une “bonne équipe qui soit dans le même état d’esprit ; où l’on est dans la même dynamique ; où l’on se forme ; où l’on se serre les coudes ; où l’on est soutenus. J’ai fait trois mois dans une autre clinique héraultaise, on y travaillait comme il y a 30 ans et les burn-out s’y multipliaient et tout le monde en part…”
La jeune sétoise finit sa formation, à Maison-Alfort, sur la médecine et la chirurgie des Nac, seule reconnue en France. “Il faut être disponible des semaines entières pour aller en région parisienne avec des pratiques ; on va plus loin que ce que l’on a fait jusque là.”
O.SC.
L’Occitanie, terrain discret d’un marché sous contrôle… ou presque
Serpents, perroquets, furets ou geckos… Derrière l’engouement pour les nouveaux animaux de compagnie (Nac), un marché en pleine expansion se développe en France. En Occitanie, entre climat favorable et proximité de la frontière espagnole, ce phénomène prend une dimension particulière. Enquête sur un secteur encore largement sous les radars.
Une passion en pleine expansion
Ils ne miaulent pas, n’aboient pas, mais séduisent de plus en plus de foyers. Les Nac, ces animaux de compagnie “hors normes”, s’installent durablement dans le paysage. Oiseaux exotiques, reptiles, petits mammifères ou poissons : leur diversité reflète une évolution des modes de vie et des envies.
En France, leur nombre est estimé entre 5 et 10 millions (hors poissons), un volume déjà conséquent, auquel s’ajoutent plusieurs dizaines de millions de poissons d’aquarium. Un marché discret, mais dynamique, porté par la recherche d’originalité et l’influence croissante des réseaux sociaux.
Un marché structuré… en apparence
Sur le papier, la filière est encadrée. Animaleries, éleveurs déclarés, vétérinaires spécialisés : le circuit officiel existe et fonctionne. Certaines espèces nécessitent même un certificat de capacité, censé garantir des conditions de détention adaptées. Mais cette façade réglementaire masque une réalité plus floue. Car en parallèle, un second circuit prospère : petites annonces en ligne, groupes privés sur les réseaux sociaux, ventes entre particuliers. Des échanges rapides, souvent discrets, et difficilement traçables.
Occitanie : un territoire favorable
Avec ses six millions d’habitants, son climat doux et ses habitats souvent spacieux, l’Occitanie coche toutes les cases d’une région propice au développement des NAC. Les estimations parlent d’elles-mêmes : 400 000 à 700 000 oiseaux ; 250 000 à 400 000 rongeurs et lapins ; 50 000 à 150 000 reptiles et plusieurs millions de poissons. La proximité de la frontière espagnole, notamment autour du Perthus et de La Jonquera, en fait un point de passage stratégique. “Les flux y sont nombreux, les contrôles difficiles à systématiser, et les échanges parfois opaques”, certifie un enquêteur.
O.SC.
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