Stupéfiant : Plus d’un jeune sur dix a pris de la drogue avant de prendre le volant…!

Le protoxyde d’azote, ou gaz hilarant, qui sert normalement aux siphons à chantilly... Ph. Wikimedia Commons.

Le 21e baromètre Kantar pour Axa pointe que 43 % pensent que ça améliore leur conduite ! Selon le même sondage, record absolu : avec la généralisation du smartphone en conduisant et une vitesse excessive chez de nombreux conducteurs…

Dans son 21e baromètre, AXA Prévention révèle que la consommation de drogues est… stupéfiant. C’est une photo inquiétante. Réalisé par Kantar, le sondage révèle ainsi que 7 % des 2 700 usagers de la route interrogés, reconnaissent avoir déjà conduit sous leur emprise. Pire : 12 % chez les jeunes de 18 ans à 34 ans avouent avoir déjà consommé des drogues avant de prendre le volant. Parmi eux, 43 % pensent que ses substances peuvent améliorer la conduite…!

Quelles drogues sont-elles consommées ? Sans surprise cannabis et CBD sont citées en premier par les 18 ans-34 ans sondés (11 % des interrogés). Le cannabis demeure la drogue illégale la plus consommée en France avec 900 000 usagers quotidiens selon l’Observatoire français des drogues et tendances addictives.

“Les stupéfiants avant de conduire répond, pour 38 % des Français concernés, à un besoin de détente”

Expérimentation, usage récréatif, automédication : la consommation a différentes explications. Les jeunes, encore, sont particulièrement concernés : 9 % des 18 ans-34 ans déclarent dans ce même sondage avoir déjà consommé du protoxyde d’azote, gaz dit « hilarant » qui sert aux siphons à Chantilly (!), réputé pour ses effets euphorisants de courte durée. Et qui est à l’origine de nombreux accidents, comme celui, début novembre, qui tua un piéton de 19 ans est décédé après avoir été percuté à Lille par une voiture. Des bouteilles de protoxyde d’azote ayant été retrouvées dans la voiture du suspect. Mal-être croissant ou santé mentale fragilisée, “la consommation de stupéfiants avant de conduire répond, pour 38 % des Français concernés, à un besoin de détente”.

Seul un Français sur deux dit être suffisamment informé sur les conséquences

Le protoxyde d’azote, ou gaz hilarant, qui sert normalement aux siphons à chantilly… Ph.DR

Toujours selon ce baromètre, elle peut aussi être liée au stress (19 %) ou à la volonté d’améliorer son moral (18 %). La consommation ne se limite pas à la sphère privée : 17 % des Français concernés déclarent en faire usage sur leur lieu de travail et 29 % lors de soirées festives. Ces pratiques banalisent l’usage des stupéfiants au quotidien. Et seul un Français sur deux estime être suffisamment informé sur leurs conséquences.

Quelques jours plus tard, un homme de 27 ans a été condamné à un an de prison ferme par le tribunal de Mulhouse après avoir, notamment, inhaler, au volant, un ballon gonflé au protoxyde d’azote. Des villes où cette drogue déferle ont d’ailleurs déjà pris des arrêtés pour interdire la vente de ce produit, comme celle de Cannes dans les Alpes-Maritimes. D’autres communes tentent aussi de l’interdire.

livreurs, commerciaux, artisans sont en première ligne

En plus des jeunes et les conducteurs de véhicules professionnels – livreurs, commerciaux, artisans – sont en première ligne. “Si 7 % des usagers de la route reconnaissent avoir déjà conduit sous l’emprise de stupéfiants, ce chiffre grimpe significativement lorsqu’on évoque leur entourage : un Français sur quatre affirme connaître une personne ayant déjà pris le volant après avoir consommé des drogues. Ce décalage révèle une minimisation des chiffres réels et suggère une sous-déclaration3 préoccupante. Cette question se (re)pose avec encore plus d’acuité chez les 18 ans-34 ans, déjà identifiés comme les plus gros consommateurs de stupéfiants, soit un taux presque deux fois supérieur à celui observé dans l’ensemble de la population.”

Sur près de 30 000 contrôles de cars scolaires menés entre janvier et fin août, 119 conducteurs avaient été testés positifs à un stupéfiant selon le bilan dressé en septembre par le ministre des Transports Philippe Tabarot.

Vitesse encore trop élevée

Ph. Dariusz Sankowski, Pixabay

Ce n’est pas tout. Quant à la vitesse, tout le monde peut le constater : elle est encore trop élevée. 74 % des automobilistes admettent faire des petits excès de vitesse : excès de 10-20 km/h dans les zones à 30 km/h, en ville ou sur les routes secondaires. 19 % reconnaissent toujours faire de grands excès de vitesse. Enfin, sur le partage de la route, il est toujours sous tensions avec un sentiment d’insécurité croissant. “Le danger représenté par les accidents de la route est cette année davantage ressenti et notamment par les usagers vulnérables. Ce sentiment est exprimé par près de 7 cyclistes sur 10 (68 % contre 56 % en 2024). Arrivent ensuite les piétons (59 %), conducteurs de deux-roues à moteur  (58 %) et pilotes de trottinettes (55 %). Ce sentiment augmente également chez les automobilistes (38 % contre 34 % en 2024).”

Enfin, les Français sont de plus en plus connectés à leur smartphone. 85 % des automobilistes l’avouent… Contre 80 % ces trois dernières années). Les automobilistes connectés via CarPlay ou Android sont ainsi 54 % à consulter des messages en conduisant (contre 33 % pour les autres automobilistes). Et pour ceux qui ont pris de la drogue, le cocktail peut s’avérer là aussi stupéfiant…

Olivier SCHLAMA

  •  Selon Santé Publique France, au cours des 12 derniers mois, 1,1 million de Français âgés de 11 à 75 ans ont consommé de la cocaïne au moins une fois, tandis que 750 000 ont utilisé de l’ecstasy ou de la MDMA. Le cannabis reste la drogue illicite la plus répandue, avec environ 900 000 consommateurs quotidiens.
  •  Baromètre Kantar AXA Prévention 2025 réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 2 757 Français âgés de 18 à 75 ans, en ligne (CAWI) du 29 avril au 13 mai 2025.
  • Afin de limiter les biais de sous-déclarations, des formulations spécifiques questionnant la consommation de l’entourage des Français et leur consommation personnelle ont été apportées dans le Baromètre Kantar AXA Prévention 2025.