Rendez-vous / Evénement : Quand un vent d’Espagne souffle sur Toulouse

Image d'illustration r"éalisée par l'IA de ChatGPT

“Est-ce l’Espagne en toi qui pousse un peu sa corne ?” s’interroge Claude Nougaro dans “Toulouse.” Il est vrai que, située à moins de 200 kilomètres de la frontière, Toulouse est bien proche de l’Espagne. Et cette proximité géographique a influencé l’histoire de la ville rose. En cet automne 2026, deux rendez-vous de haut niveau soulignent brillament cette proximité…

Cinespaña c’est le rendez-vous qui permet chaque année de découvrir les nouvelles tendances des cinémas espagnol et portugais, avec une programmation riche et variée : la Violette d’honneur, remise à une personnalité pour l’ensemble de sa carrière, des compétitions de longs-métrages fiction et documentaires, des avant-premières, un panorama des meilleurs films de l’année, des cycles thématiques ou des rétrospectives, un hommage à une actrice ou à un acteur…

Mais aussi des écritures émergentes au format court avec Relámpagos, une programmation jeune public, des actions d’éducation à l’image et des rencontres professionnelles de coproduction transfrontalière…

Des films, des hommages… et La Rioja

Le Village du festival se tiendra du 2 au 11 octobre, dans la cour de la nouvelle Cinémathèque de Toulouse au 69, rue du Taur. Au programme tous les soirs : apéros-concerts, bar, tapas et stand-accueil du festival. Le festival sera également présent à l’ABC, au Pathé Wilson, à l’American Cosmograph, au Cratère, à la Forêt électrique, à l’Instituto Cervantes et à la Médiathèque José-Cabanis.

(Cinespaña sera également présent pendant tout le mois d’octobre en région Occitanie, dans une cinquantaine de salles de cinéma, avec des films en avant-première, des classiques et des cinéastes en tournée). Programme : https://www.cinespagnol.com/

Cette année, le festival met en avant La Rioja : Au nord de l’Espagne, La Rioja est une terre de vignobles, de gastronomie et de patrimoine, mondialement connue pour ses vins. Traversée par le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle abrite notamment les monastères de Suso et Yuso, classés à l’Unesco et considérés comme le berceau de la langue espagnole. Entre paysages de vignes, villages de caractère et cuisine de terroir, La Rioja cultive un art de vivre singulier…

Joan Miró : protester, sans cesse, c’est aux Abattoirs

Joan Miró, Ubu roi, 1966, lithographie originale en couleur sur papier Vitela Arches, 46,5 x 68,5 cm, inv. : EBM 303, Es Baluard Museu d’Art Contemporani de Palma, Govern de les Illes Balears collection long-term loan. Provenance : Pere A. Serra collection © Successió Miró / Adagp, Paris, 2026 ; photo : DR

Mais revenons à la Ville Rose avec un autre événement. Et non des moindres ! À partir du 3 octobre, Les Abattoirs présentent l’exposition “Joan Miró. Protestation.” À travers près de deux cents œuvres rarement montrées en France, elle propose de (re)découvrir cette figure emblématique de l’art moderne sous l’angle de la protestation.

Regroupant tapisseries, peintures, films, dessins, costumes, l’exposition montre comment Miró réinsuffle dans son œuvre les critiques dont il est l’objet et fait de son art une protestation autant artistique que politique. Le parcours retrace la recherche plastique d’un artiste engagé, menée dans un corps-à-corps avec la peinture, allant jusqu’à “l’assassiner”.

Carles Guerra et Lauriane Gricourt, commissaires de l’exposition donneront notamment une conférence inaugurale (Joan Miró : protester, sans cesse, samedi 3 octobre, de 15h30 à 17h30). Loin de l’image complaisante sous laquelle Miró est souvent présenté, cette conférence dévoile “un artiste qui réinvente et approfondit l’esprit de révolte de la peinture (…) un Miró anti-autoritaire, confronté au fascisme et un Miró en phase avec les énergies des jeunes générations, alors même qu’il était déjà un octogénaire célèbre. C’est le Miró que nous méritons.”

La déviation de Saint-Béat, achèvement en décembre

Enfin, petit rappel : Après 14 ans d’un chantier interminable, la déviation de Saint-Béat (Haute-Garonne), à la frontière franco-espagnole va enfin être totalement ouverte. Fin du chantier prévue en décembre (plus sur Actu.fr)

Philippe MOURET

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