Ce serait le premier du genre sur la façade méditerranéenne. Et le département des P.-O. devrait créer une SEM avec la région Occitanie servant d’autres projets touristiques structurants dont un autour de la centrale solaire Thémis, à Targasonne.
Un Club Med, au Barcarès ! Le projet, inédit, puisque ce serait le premier du genre en Occitanie, se précise dans la réputée station balnéaire des Pyrénées-Orientales. C’est Hermeline Malherbe, présidente du département des P.-O., qui a évoqué ce sujet, se réjouissant des emplois qui y seraient créés. Au-delà de 450 emplois directs et le double en comptant les emplois indirects (lire ci-dessous), c’est « de l’emploi local, non délocalisable, et durable dans une zone déjà attractive. » Sans doute plusieurs dizaines. Hermeline Malherbe a ajouté que “l’Etat, la Région Occitanie, la communauté urbaine, la ville du Barcarès et le département y travaillent ». Tout comme la préfecture. Et qu’il “y a une vraie prise en compte de l’adaptation au changement climatique”.
Réhabilitation de l’ex-village vacances du Barcarès

Ce club Med serait en fait la réhabilitation d’un ancien village vacances (VVF), les Portes du Soleil, aujourd’hui sans activité. Le projet doté de plusieurs centaines de chambres s’étalerait sur une friche de 15 hectares avec un accès direct à la Méditerranée. Hermeline Malherbe, comme d’autres interlocuteurs dont le président de la CCI Laurent Gauze, qui ne souhaitent pas interférer avec les élections municipales, évoquent une possible prise de parole sur le sujet en avril.
Selon plusieurs sourves, ce projet est évalué à 180 M€. La CCI des Pyrénées-Orientales est entrée dans la danse en novembre 2025, en votant un prêt bancaire de 250 000 € pour un projet inspiré par les sports de glisse. La Région, le département des P.-O., la Communauté urbaine et la ville du Barcarès seraient amenés à participer au tour de table. Banques et investisseurs y seraient associés. Le projet ne verrait pas le jour avant 2028. Contactés, ni la ville du Barcarès ni la Banque des Territoires ni la CCI – le président Laurent Gauze espère une signature en juin – n’ont souhaité s’exprimer. Cheville ouvrière de ce projet si important pour les P.-O., la Banque des Territoires nous a simplement signifié : “Nous pouvons vous confirmer l’intérêt de la Banque des Territoires sur ce projet et nous travaillons collectivement à sa faisabilité”…
Investir dans le tourisme, c’est un choix politique : créer de l’emploi local, non délocalisable, et faire vivre nos territoires sans les dénaturer”
Lors de ses voeux à la presse, lundi dernier, Hermeline Malherbe a dit : “Investir dans le tourisme, c’est un choix politique : créer de l’emploi local, non délocalisable, et faire vivre nos territoires sans les dénaturer (…) Avec la Région et la Banque des Territoires, nous portons une ambition touristique pour inscrire durablement notre Pays Catalan sur la carte de l’Europe, une destination où chaque instant promet liberté, partage et émotion. Et demain, un village de vacances au rayonnement international sur notre côte et un projet pour faire briller nos Pyrénées à Thémis à Targassonne !”
Contacté, le Club Med confirme, à travers sa responsable de la communication, “souhaiter renforcer sa présence en Méditerranée. Le site du Barcarès offre des atouts uniques : 15 hectares entre mer et lagune, au cœur d’une région riche en activités culturelles, naturelles et sportives, et bénéficiant d’un climat idéal pour une longue durée d’ouverture. Il s’agira du premier Club Med en région Occitanie”.
Ajoutant : “L’implantation du Club Med pourrait générer environ 450 emplois directs et près de 500 emplois indirects. Ces chiffres sont des estimations qui seront précisées au fur et à mesure de l’avancée du projet. Depuis plusieurs mois, le Club Med travaille activement avec la Banque des Territoires, le propriétaire foncier et les collectivités pour concrétiser le projet. Les discussions portent actuellement sur les modalités de cession du terrain ainsi que sur le montage financier. Les prochaines étapes-clés consisteront à finaliser les accords avec les différents partenaires et à relancer les études nécessaires à la mise en œuvre du projet. Ces travaux permettront d’assurer que l’implantation soit pleinement adaptée au site et aux attentes locales.”
Tourisme scientifique à la centrale solaire Thémis

Par ailleurs, la région Occitanie et le département des P.-O. travaillent de concert à la création d’une Société d’économie mixte (SEM) pour « accompagner ce projet du Barcarès », selon un élu de la majorité départementale. Cette SEM servirait également à accompagner d’autres projets touristiques structurants dans ce département, comme celui concernant la centrale solaire Thémis, nichée en altitude, à Targasonne. Un projet de tourisme scientifique serait évalué à plusieurs millions d’euros est ainsi en phase d’élaboration. Ce serait un projet autour des énergies renouvelables et, bien sûr, du solaire. Sans doute en lien avec le four solaire d’Odeillo, à Font-Romeu, tout proche. Le potentiel est là : les Pyrénées-Catalanes, ce sont 4 millions de nuitées chaque année.
Tourisme : les P.-O., 7e département français
Le tourisme est une manne qui représente chaque année 1,3 milliard d’euros, ce qui en fait la première économie du territoire des P.-O., 7e département français et deuxième d’Occitanie en la matière. Le tourisme y représente enfin 65 000 emplois directs pour 7,6 millions de visiteurs par an (dont 3,5 millions de touristes et 4 millions d’excursionnistes) et 30,6 millions de nuitées. Plus que primordial avec un fort taux de chômage, autour de 12 %, contre 8,8 % pour l’Occitanie et 7,2 % en France. De mai à octobre, le nombre de nuitées dépasse les 23 millions. Le tourisme dans ce département entre mer et montagne ce sont 55 000 emplois salariés et non-salariés liés au tourisme soit près de 15 % de l’emploi salarié marchand du département ; 29,1 millions de nuitées marchandes et non marchandes.
Olivier SCHLAMA
👉 UN DON POUR SOUTENIR NOS JOURNALISTES !
L’information a un coût. En effectuant un don, vous réduisez, en plus, votre impôt en soutenant les journalistes indépendants de Dis-Leur ! à partir de 1 € et défiscalisé à 66% !
Après notre premier prix un concours national organisé par le ministère de la Culture en 2018 devant 500 autres medias, après l’installation de bandeaux publicitaires en 2019, après avoir été agréés entreprise de presse, nous lançons en collaboration avec le syndicat de la presse numérique (Spiil) un appel aux dons. Merci pour votre générosité et merci de partager largement !