Pyrénées : L’ours au coeur d’une lettre ouverte à De Rugy

La polémique reste vivre autour de la réintroduction des ours dans les Pyrénées... Photo D.-R.

Les élus régionaux du Groupe d’opposition UEDC (Union des élus de la droite et du centre) viennent d’interpeller le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire sur le lâcher d’ours dans les Pyrénées….

Tandis qu’une lettre de Nicolas Hulot vient à peine d’arriver sur le bureau de Jean-Jacques Lasserre, président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, les élus de l’opposition régionale viennent tout juste de s’adresser au successeur de Mr Hulot, François de Rugy… Les deux sujets portent naturellement sur un même sujet : le projet de lâcher deux ourses à l’automne dans les Pyrénées…

« Une consultation en trompe-l’oeil… »

« Au printemps, votre prédécesseur a annoncé le renforcement de la population d’ours bruns dans les Pyrénées par de nouveaux lâchers. Cette décision unilatérale ne s’est accompagnée d’aucune concertation avec les acteurs locaux. Une consultation a été organisée mais c’est une consultation en trompe-l’œil : à peine ¼ des 5 970 internautes ayant participé à ce pseudo-référendum réside dans l’un des six départements pyrénéens », précise le président du groupe UEDC au Conseil régional, Christophe Rivenq.

Et ce dernier poursuit : « Au-delà du coût de la mesure, le projet de réintroduction d’ours slovènes dans les Pyrénées, contre l’avis des populations, est un coup porté au monde montagnard et au pastoralisme qui concourt au maintien de la biodiversité. Il nie l’impact des prédations, menace une économie à l’équilibre fragile et fait fi de l’avis des femmes et des hommes vivant dans les Pyrénées qui ne sont pas contre l’ours mais contre sa réintroduction. »

La Slovénie (l’une des Républiques de l’ex-Yougoslavie) compte 750 ours bruns sur son sol… Photo D.-R.

Dans son courrier à Jean-Jacques Lasserre, Nicolas Hulot précisait, à la veille de sa démission, qu’un « audit des services d’inspection des ministères chargés de l’Environnement et de l’Agriculture étudie la prédation en Ariège afin de définir les pistes pour la réduire et favoriser la coexistence. » Dans les colonnes de La République des Pyrénées, M. Lasserre lui répond sans aménité : « Je ne regrette pas sa décision de démissionner (…) le vrai sujet de préoccupation sur l’environnement c’est le réchauffement climatique (…) il n’a pas su être consensuel sur ce point, et a allumé des feux sur des sujets secondaires. »

Deux femelles de Slovénie pour l’automne ?

Exit, donc, Nicolas Hulot. Dernière collectivité en date à s’être exprimée sur le sujet, le Conseil Départemental des Hautes-Pyrénées a adopté le 22 juin une motion exigeant l’arrêt du projet de réintroduction et l’organisation d’Etats généraux du pastoralisme. Cette fois c’est au niveau régional que s’exprime l’opposition au « plan Ours 2018-2028 », qui visait notamment à de nouveaux lâchers de plantigrades slovènes (après ceux de 1996 et 2006) dont celui de deux femelles dans la partie béarnaise des Pyrénées-Atlantiques.

« La sagesse commande de renoncer à une mesure coûteuse et inopportune au profit de ce qui doit constituer la priorité de l’action de l’Etat en faveur du pastoralisme : améliorer la protection des troupeaux et l’indemnisation des bergers », insiste Christophe Rivenq dans la lettre adressée à François de Rugy. Et le président du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques devrait à son tour saisir le successeur de Nicolas Hulot sur se sujet…

Dans leur courrier, les élus de droite et du centre d’Occitanie Pyérnées-Méditerranée insistent sur « la détresse des bergers dont les troupeaux sont régulièrement pris pour cible »… Et de rappeler que, en 2017, « 162 attaques (464 animaux tués ou blessés, 34 ruches détruites) ont été dénombrées sur le versant français des Pyrénées, soit une augmentation de 46% par rapport à 2016. » Naturellement, les écologistes et défenseurs de la réintroduction des ours ne manqueront pas de répliquer. Ce sera l’un des « dossiers chauds » de la Rentrée pour le nouveau ministre. Affaire à suivre !

Philippe MOURET

Dis-Leur ! avait déjà longuement traité le sujet des ours et du pastoralisme en décembre 2017 dans un article, à lire en cliquant ICI.