Lancée lors de la campagne de 2022, la proposition devrait trouver une issue concrète au printemps via un vote des habitants. C’est Hermeline Malherbe, présidente du département, qui l’a annoncé lors des voeux à la presse ce lundi. Mais c’est le Conseil d’État qui tranchera.
« Pyrénées-Catalanes » ; “Pyrénées-Méditerranée » et le même qu’aujourd’hui : “Pyrénées-Orientales » ! Voici les trois des six noms qui seront proposés aux habitants. Car, même après les municipales, les électeurs des Pyrénées-Orientales pourront à nouveau voter. Cette fois, ce sera sur le futur nom de leur département. “Sur la consultation du futur nom des Pyrénées-Orientales, nous prévoyons une consultation de la population en mai ou juin prochains auprès des habitants inscrits sur les listes électorales.” Ce sera par internet et/ou par courrier.
« Il y aura entre trois et six propositions et nous proposerons le nouveau nom, s’il y en a un ». Car les habitants des P.-O. pourront aussi… ne rien changer. Après, il faudra transmettre le nouveau nom au Conseil d’Etat qui décidera. C’est pour cela que ces prochains semaines, associations de culture catalanes seront chargées de faire le point avec des universitaires et des juristes. La procédure est complexe et n’est pas sûre d’aboutir.
Le département a reçu plusieurs contributions

Nul ne le sait encore si ce sera l’un de ces trois noms ou un autre. C’est le Conseil d’État, plus haute juridiction française, qui aura le dernier mot, comme nous vous l’expliquions ICI. “Il nous faut un nom qui donne davantage écho à notre identité, notre catalanité”, avait exprimé Hermeline Malherbe. La présidente PS du département a expliqué ce lundi lors des voeux à la presse que sa collectivité avait reçu plusieurs contributions via sa plateforme internet Parlons d’avenir.
Présidente du département, Hermeline Malherbe a précisé : “Sur le nom du département, les contributions reflètent une identité plurielle : catalanité, histoire, paysages, gastronomie et sport. es avis sont partagés (lors des ateliers, des rencontres hors les murs et en ligne) : certains souhaitent garder Pyrénées-Orientales, d’autres y faire apparaître la catalanité, la Méditerranée, ou une combinaison des deux.
Proposition inscrite “dans le projet politique du mandat”
Créé en 1790, pendant la Révolution française, à deux pas de l’Espagne, le département abrite 500 000 habitants, connus pour être fiers de leur contrée la plus au sud de l’Hexagone. Cette “idée n’est pas tombée du ciel”, avait poursuivi Hermeline Malherbe. “Elle était inscrite dans le projet politique de notre mandat qui, lui, a tenu compte de la grande consultation que nous avions organisée en 2019” et de laquelle ressortait chez les habitants une volonté d’un nom plus en adéquation avec l’envie de “s’ouvrir aux autres” davantage que “d’être fermés”.
“Même si l’on ne parle pas un mot de catalan, on dit les “Sang et Or”, par exemple ou Nous, les Catalans. C’est inclusif”

Vice-président PCF du département et maire d’Elne, Nicolas Garcia, érudit de catalan, avait surligné : “Cela faisait partie du projet électoral. C’était un engagement. On le fait…” Et : “Avec le nom actuel, on ne parle pas à tout le monde. Il nous faut un nom qui parle de notre histoire, de notre culture…” Pas un nom “inodore, insipide”, avait-il défini en parlant du nom actuel, Pyrénées-Orientales, sans le prononcer. “Quand on commente les résultats sportifs, comme ceux de l’USAP, même quand on habite Paris ou que l’on est un nouvel habitant des P.-O. et même si l’on ne parle pas un mot de catalan, on dit les “sang et or”, par exemple. On dit aussi : Nous, les Catalans. C’est inclusif.”
“À partir d’avril, une nouvelle étape s’ouvre : approfondir les enjeux, faire émerger des priorités partagées et préparer la future assemblée citoyenne, avec des habitants volontaires de tous les territoires, pour participer durablement aux réflexions.
Seulement sept départements ont changé de nom
Depuis la création des département, ,en 1790, seulement sept départements ont changé officiellement de nom. La Mayenne devenue Maine-et-Loire (1791) ; Charente-Inférieure en Charente-Maritime (1941) ; Seine-Inférieure en Seine-Maritime (1955) ; Loire-Inférieure en Loire-Atlantique (1957) ; Basses-Alpes en alpes-de-Haute-Provence (1970) ; Côtes-du-Nord en Côte-d’Armor (1990). Et le 7e, celui qui est le plus proche des P.-O. : Basses-Pyrénées en Pyrénées-Atlantiques (1969).
Olivier SCHLAMA
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