Certes on pourra citer quelques contre-exemples (Agen dans le Lot-et-Garonne notamment), mais le second tour des élections municipales 2026 montre que, dans la plupart des cas, les fusions entre listes PS et LFI ont été synonymes d’échecs. Ainsi à Toulouse où Jean-Luc Moudenc est largement réélu (53,9%) face à l’insoumis François Piquemal, à la tête d’une liste d’alliance de gauche, alors que LFI et PS représentaient plus de 52% des votes au premier tour…
La participation a été importante (62,5%) et a manifestement profité au maire sortant de la Ville Rose. La mobilisation enregistrée (nettement au-dessus de la moyenne nationale : 57,1%) a permis à Jean-Luc Moudenc de renverser une situation qui pouvait paraître compromise à l’issue d’un premier tour favorable à la gauche.
Ce sont plus de 92.000 électeurs qui ont choisi de faire confiance au maire sortant, tandis que le député LFI François Piquemal n’a pu en convaincre qu’un peu moins de 79.000, alors qu’ils étaient 82.519 à avoir voté pour la gauche (listes PS et LFI) au premier tour. CQFD !
Le choix sans détour de Mickaël Delafosse
Autre exemple parlant, celui de Montpellier, où le maire sortant Mickaël Delafosse est réélu sans coup férir (50,13%) face à ses concurrents, au premier rang desquels l’insoumise Nathalie Oziol (25,06%), déjà distancée au premier tour (15,3%, face aux 33,4% de Delafosse) et talonnée par le troisième homme, Mohed Altrad (24,8% au 2d tour).
Le maire (réélu) de Montpellier avait choisi dès le début de ne pas s’allier avec les encombrants représentants du parti dirigé par Jean-Luc Mélenchon, suivant ainsi la doctrine établie au niveau régional par Carole Delga. Car comme le soulignait Pierre Jouvet (député européen et secrétaire général du PS) au micro de Sud Radio : “Lorsqu’ils sont en tête (LFI, NDLR), ils deviennent un repoussoir pour une partie des électeurs. Leur stratégie de brutalisation de la vie politique empêche de rassembler largement et fait perdre des élections.”
Quelques belles prises pôur le Rassemblement national
L’autre enseignement à tirer de ces élections municipales, c’est l’enracinement progressif du Rassemblement national et notamment en Occitanie. Après Perpignan, où Louis Aliot a été réélu dès le premier tour, plusieurs communes des Pyrénées-Orientales ont basculé en faveur du RN et de ses alliés (Elne, Canohés, Rivesaltes).
Dans le département voisin de l’Aude, le RN n’a certes pas réussi le “gros coup” espéré, mais il se console cependant avec la victoire de Christophe Barthès à Carcassonne. Et cette citadelle conquise n’est pas le seul joyau tombé entre les mains du parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Car si Julien Sanchez a raté son parachutage à Nîmes (second avec 37,52%) battu par le communiste Vincent Bouget, le député Aurélien Lopez-Liguori s’est imposé à Agde (Hérault), Florian Azéma à Castres (Tarn) en profitant de la désunion à droite et Didier Lallemand à Montauban (Tarn-et-Garonne, où Moissac voit également la victoire d’un candidat RN) à la tête d’une liste d’union à l’extrême-droite. Et pour être tout à fait complets, Vauvert dans le Gard a également été remportée par Nicolas Meizonnet (RN) avec 57,5% des suffraghes exprimés.
Philippe MOURET