Annoncée fin juillet, sans concertation, la suppression dès 2027 des crédits dédiés à l’apprentissage des Régions et de l’enveloppe du Pacte régional d’investissement dans les compétences (PRIC) consacrée à la formation des demandeurs d’emploi représente une perte estimée à près de 100 M€ pour la Région Occitanie. Une baisse qui intervient alors même que le chômage remonte, que les mutations économiques accélèrent les besoins de reconversion et que les entreprises peinent à recruter.
En parallèle, la Région Occitanie souhaite également “peser sur les débats du Projet de loi de finances 2027″, et a, pour cela, adressé un courrier aux parlementaires pour les appeler à “défendre les financements de l’apprentissage et de la formation professionnelle lors des débats budgétaires.”
“Dans les 13 départements d’Occitanie, les rassemblements organisés ont permis de faire entendre la voix des territoires et de celles et ceux qui font vivre l’apprentissage et la formation professionnelle au quotidien. Leur présence en nombre témoigne d’une conviction partagée : préserver ces parcours de formation est essentiel pour l’avenir de nos jeunes, l’accès à l’emploi et le développement de nos entreprises” déclarait la présidente de la Région à l’issue de ces rassemblements.
Et Carole Delga ajoutait : “Notre jeunesse a besoin de perspectives, de formations qui lui ouvrent des portes pour se projeter sereinement dans l’avenir. Le combat se poursuit désormais dans le débat budgétaire. J’appelle les parlementaires à prendre leurs responsabilités et à défendre les moyens de la formation et de l’apprentissage. La Région continuera à se battre, aux côtés de tous les acteurs mobilisés, pour que personne ne soit sacrifié et que chaque territoire conserve les moyens de préparer son avenir.”
Pour se faire une idée : selon l’Observatoire de l’apprentissage, au 31 décembre 2023, les centres et organismes de formation d’apprentis d’Occitanie accueillaient 85 102 apprentis soit une augmentation de 6% par raaport à l’année précédente.
Un contetxte économique particulièrement critique

Les coupes budgétaires décidées par l’Etat interviennent il est vrai dans un contexte particulièrement critique : le chômage remonte, notamment chez les jeunes, les mutations de l’économie provoquent de forts bouleversements du monde du travail et les tensions géopolitiques créent de légitimes angoisses. Par ailleurs, les besoins en compétences des entreprises restent très importants : plus de 40 % des recrutements sont aujourd’hui considérés comme difficiles, notamment dans le BTP, la santé, le numérique et l’hôtellerie-restauration.
Dans cette période, “affaiblir la formation professionnelle et l’apprentissage, c’est fragiliser l’équilibre économique local, déjà mis à rude épreuve. Former n’est pas une dépense, mais un investissement vital pour l’égalité des chances, l’emploi et la compétitivité.”
Ph.-M.
Quelques chiffres pour comprendre les conséquences de cette coupe budgétaire pour les territoires : 10 000 places de formation pour les demandeurs d’emploi menacées en Occitanie. Plus de 4 000 jeunes apprentis qui pourraient être privés de soutien. 200 à 250 sessions de formation susceptible de fermer, principalement dans les territoires ruraux. 58 % des CFA qui envisagent déjà de fermer certaines filières à l’échelle nationale.
Quelques images d’apprentissage…
Photos Léo Arcangeli / Région Occitanie

