Ce jeudi, la Marine nationale est intervenue au large de la Sicile pour effectuer des vérifications sur le Deliver soupçonné de faire partie des quelque 600 navires russes contournant les sanctions internationales et finançant la guerre contre l’Ukraine.
Le 23 juin 2026, des moyens de la Marine nationale sont intervenus en haute mer, en Méditerranée centrale, sur le pétrolier-cargo Deliver, arborant un pavillon camerounais et en provenance de Primorsk en Russie. Soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe qui cherche à échapper aux sanctions internationales liées à la guerre en Ukraine, il a été arraisonné au large de la Sicile. “On ne connaît pas le port vers lequel il sera rapatrier.”
“Menée sur la base de l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, cette opération de contrôle de pavillon visait à vérifier la nationalité d’un navire soupçonné d’arborer un faux pavillon”, indique la préfecture de Méditerranée, basée à Toulon. Après la montée à bord de l’équipe de visite, l’examen des documents a confirmé les “doutes” quant à la régularité du pavillon arboré. Un signalement a été fait au procureur de Marseille, compétent au titre du tribunal maritime
Opération européenne Eunavfor Med Irini

Conformément au droit international et à la demande du procureur de la République, le navire a été dérouté le 23 juin, a été escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage pour la poursuite des vérifications. Le pétrolier-cargo Deliver est arrivé ce vendredi 26 juin en fin de journée dans le golfe de Fos. Il sera mis au mouillage et maintenu à la disposition du procureur de la République de Marseille, dans le cadre de l’enquête de flagrance du chef de défaut de pavillon.
Cette action, menée en étroite coopération avec l’opération européenne Eunavfor Med Irini et avec nos alliés dont le Royaume-Uni, illustre l’engagement constant et la détermination de la France et de ses partenaires à agir pour le respect du droit international.
“Nous ne laisserons pas la flotte fantôme contourner les sanctions et financer l’effort de guerre russe”
En moins de six mois, c’est le quatrième pétrolier – 3e en Méditerranée – suspecté de financer la guerre au profit de la Russie, après le Grinch. L’affaire est dans les mains du procureur de la République de Marseille. Réagissant sur X, Macron avait dit : “Nous ne laisserons pas faire.”
Le 20 mars 2026, des moyens de la Marine nationale étaient intervenus en haute mer, “au Sud des Baléares, dans le rail commercial”, en Méditerranée occidentale, sur le pétrolier-cargo Deyna, arborant un pavillon mozambicain et en provenance de Mourmansk en Russie. Il était soupçonné d’appartenir à la “flotte fantôme” russe détournant les sanctions internationales prises à l’encontre de la Russie liées à la guerre en Ukraine.
Le président Macron avait affirmé que “la guerre en Iran ne détournera pas la France du soutien à l’Ukraine où la guerre d’agression de la Russie se poursuit. Ces bateaux qui contournent les sanctions internationales et violent le droit de la mer sont des profiteurs de guerre. Ils cherchent à engranger des profits et financent l’effort de guerre russe. Nous ne laisserons pas faire”. Il le réaffirme aujourd’hui sur le même réseau social : “(…) Cette nouvelle action contre la flotte fantôme, conduite quelques jours après une opération similaire par le Royaume-Uni illustre la détermination des Européens. Nous ne laisserons pas la flotte fantôme contourner les sanctions et financer l’effort de guerre russe (…)”
“Contourner les sanctions européennes a un prix”
C’est le 4e cargo suspect contrôlé par la Marine nationale. Le premier l’avait été à Saint-Nazaire, dans l’Atlantique ; le second, le Grinch, en Méditerranée, fin janvier comme Dis-Leur vous l’a expliqué ICI. Arraisonné, le pétrolier avait été obligé de rester au mouillage dans le golfe de Fos. Il arborait un faux pavillon, celui des Comores, et il était soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe qui finance la guerre en Ukraine. Le navire avait été mis à la disposition du procureur de la République de Marseille. Le capitaine de nationalité indienne avait, lui, été placé en garde à vue. Au final, au bout d’un mois, il avait pu repartir non sans avoir eu à payer une amende “de plusieurs millions d’euros”, selon le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, cité par la Provence. “Contourner les sanctions européennes a un prix”, avait-il alors souligné.
La flotte fantôme russe comprendrait 600 navires
Le président ukrainien s’était même félicité de cette opération. “Merci à la France. C’est exactement le type de détermination nécessaire pour faire en sorte que le pétrole russe ne finance plus la guerre de la Russie”, avait-il réagi sur X.
C’était la seconde opération du genre effectuée par la France après l’interception du Pushpa – ou Bocaray – fin septembre dernier qui avait été arraisonné par les commandos marine français en Atlantique et détourné cette fois là à Saint-Nazaire.
Selon le Conseil de l’Union européenne, quelque 600 navires soupçonnés d’appartenir à cette flotte fantôme russe font actuellement l’objet de sanctions de l’Union, comme l’interdiction d’accès aux ports européens et d’une large gamme de services maritimes.
Olivier SCHLAMA
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