Dominique Bona, lauréate du Prix Méditerranée 2026 et académicienne est l’auteure de romans et de biographies, parmi lesquelles Romain Gary (prix de la biographie de l’Académie française), Stefan Zweig, Berthe Morisot ou Clara Malraux. Elle a reçu le prix Interallié avec Malika et le Renaudot pour Le Manuscrit de Port-Ebène. Dans ce nouvel ouvrage, paru en 2025 chez Gallimard, elle évoque son père, Arthur Conte (1920-2013), qui fut écrivain, historien et journaliste, mais aussi député, ministre sous la IVe République, et président de l’ORTF…
Comment exister dans un monde dont le père est un roi ? Dominique Bona répond en traçant au plus intime un portrait profondément ancré dans une époque et dans une région, le Midi catalan, avec ses “paysans de la vigne” et ses conteurs éternels. Du village natal de Salses aux coulisses de l’Assemblée nationale, remontent des éclats de souvenirs, tout un passé familial, coloré, sonore.
Grandir à l’ombre du père…
Et ce père, figure politique marquante de l’après-guerre jusqu’à la fin des années 70, qui aimait chanter, réciter des poèmes, et racontait inlassablement des histoires. Il puisait pour cela dans le vieux fonds du merveilleux qui remonte à la nuit des temps. Et le roi celte qui a donné son nom à la légende, ce roi assis à la Table ronde avec ses chevaliers fameux, ses fées et son Enchanteur, faisait partie de son répertoire. Leurs voix se mêlent ici et se répondent.
Livre sur la filiation, sur la transmission, ce récit plein de charme est aussi un roman d’apprentissage : une tentative pour comprendre le sens de sa propre histoire, quand on a grandi à l’ombre du père.
Réagissant à l’annonce du prix, l’académicienne a déclaré : “Je suis heureuse de recevoir ce Prix qui me lie à ma ville natale et me ramène aux sources, je remercie chaleureusement le jury qui me l’a décerné. Le Prix porte un nom enchanteur – pour moi, le mot le plus beau de la langue française “Méditerranée” m’attache et me fait rêver. C’est aussi un mot fédérateur, qui rassemble et unit : au-delà des divergences, il dit la réconciliation et la fraternité. Me savoir liée par la pensée et par le cœur aux lauréats qui m’ont précédée, Claudio Magris ou Amin Maalouf pour ne citer que deux d’entre eux, m’honore évidemment et m’enveloppe d’amitié.”
Le prix Méditerranée, créé en 1984 par le Centre méditerranéen de littérature (CML) et parrainé par le Ville de Perpignan, récompense tous les ans des ouvrages qui célèbrent les univers littéraires de la Mare Nostrum. Au palmarès du prix, on retrouve des noms illustres comme Jules Roy, Tahar Ben Jelloun, Pierre Assouline, Jean-Noël Pancrazi, Umberto Eco, Wajdi Mouawad, Teresa Cremisi, Valérie Zenatti, Kamel Daoud, Amin Maalouf, Boualem Sansal, Philippe Vilain et Colette Fellous. En 2025 il avait été décerné à Pierre Adrian pour Hôtel Roma (Editions Gallimard).

Rapport au père, aussi pour Federica Manzon
Federica Manzon, née en 1981, vit entre Milan et Trieste. Journaliste et éditrice, elle a notamment travaillé pour Mondadori et la Scuola Holden avant de devenir la directrice éditoriale des éditions Guanda. Elle a publié plusieurs romans, dont Di fama e di sventura, Prix Rapallo Carige.
Federica Manzon est lauréate du Prix Méditerranée étranger 2026 avec son ouvrage “Retour à Trieste” publié aux éditions Albin Michel. Ce roman évoque un souvenir d’enfance d’Alma avec son père, qui utilise l’image des vagues pour lui transmettre une leçon de vie. Comme les vagues, les êtres humains ont besoin de s’élancer, de se construire au large, mais ils traversent aussi des cycles de retour et de recommencement.
Récompensé par le prestigieux prix Campiello 2024, le roman de Federica Manzon explore avec brio les pièges de la mémoire et du passé, l’histoire individuelle et l’histoire collective, faisant de Trieste le point de départ d’une réflexion passionnante sur l’identité et la transmission.
Ph.-M.
Le palmarès des prix Méditerranée 2026 :
Prix Méditerranée : Dominique Bona, Le roi Arthur (Gallimard)
Prix Méditerranée Etranger : Federica Manzon pour Retour à Trieste (Albin Michel)
Prix Méditerranée Essai : Pierre Lunel, Le roman de Barcelone, (Editions du Rocher)
Prix Méditerranée premier roman : Jacques de Villiers, Le bâtard du Roussillon (Fayard)
Prix Méditerranée Spiritualités : Cardinal François Bustillo, Carnets corses, (Fayard)
Prix Méditerranée Polar & Imaginaire : Ian Manook, Gangnam (Flammarion) & Adrien Tomas, Le sang et la mer (Rageaot) (Ces deux prix sont attribués par la Ville du Barcarès).
Rappels :
Livres : Le Prix Méditerranée a été attribué à “Quelques fleurs” de Colette Fellous