Législatives : la parité sous le microscope

A partir des données fournies par le Ministère de l’Intérieur, l’Observatoire régional de la parité d’Occitanie a évalué la place des femmes pour le deuxième tour des législatives dans les 49 circonscriptions de la Région Occitanie Pyrénées/Méditerranée.

L’observatoire a passé au crible la proportion de femmes restées en lice à l’issue du premier tour, formation politique par formation politique et département par département. Globalement, la proportion de femmes candidates au deuxième tour régresse d’un point par rapport au premier (41,2 % contre 42,2 %). Ce résultat préjuge que les femmes n’ont pas forcement bénéficié d’investitures de mauvaise qualité, même si on constate qu’elles ont davantage de difficultés que les hommes à se qualifier, sauf en Ariège, dans le Gard, dans les Hautes-Pyrénées et dans le Tarn-et-Garonne.

Par départements, les Hautes-Pyrénées sont en tête, l’Aveyron en queue. Les disparités entre départements demeurent par ailleurs criantes : 75 % de femmes candidates dans les Hautes-Pyrénées, 58 % dans le Gard, 50 % dans l’Ariège et le Tarn-et-Garonne, pour 16,7 % en l’Aveyron et 25 % dans le Gers. Ce fossé semble dû au degré de volonté des fédérations politiques départementales de placer de nombreuses femmes en pôle position. L’analyse comparative de la proportion d’hommes et de femmes qui passent le filtre du premier tour permet d’identifier les départements les plus favorables aux femmes : les Hautes-Pyrénées, le Gard, l’Ariège et le Tarn-et-Garonne.

SortantEs : Une exception dans le Tarn-et-Garonne

Si on se penche sur les Partis, les Radicaux de gauche arrivent premiers (mais avec très peu de candidats en lice), Les Républicains derniers. En effet, les Radicaux de gauche confirment leur avance du premier tour avec 2 candidates sur 2 restant en compétition. Ils sont suivis du Modem (66 %) et de la France Insoumise (54,5 %). Les autres partis se situent en dessous du seuil de la parité. Les Républicains sont à la traîne (14,3%), précédés par les socialistes (33,3 %) et le FN (37,5 %).

Les candidates présentées par La République en Marche ! au 1er tour se retrouvent toutes au deuxième tour (40,9 % de femmes dans les deux cas). En Marche ! fait jeu égal avec les Radicaux de gauche, mais l’emporte avec 18 femmes (contre 2 pour les Radicaux) en position d’être élues le 18 juin. Ce bon résultat semble davantage lié au puissant effet d’entraînement de l’élection du Président de la République, avec le très fort résultat obtenu le 11 juin en France (près de 33 % des suffrages), qu’à des choix stratégiques visant à accorder aux femmes des circonscriptions dans lesquelles elles auraient des chances de gagner.

A l’inverse, pour le P.S., fortement en recul, on constate une déperdition de près de 20 % de femmes entre les deux tours. C’est certainement le prix du « dégagisme » (le nouveau mot à la mode sur les plateaux de télévision), dont ont été victimes ses très nombreux sortants élus en 2012, et de son très mauvais résultat électoral de dimanche. Le Tarn-et-Garonne, où deux sortantes sont qualifiées – Valérie Rabault (PS) et Sylvia Pinel (RDG) – fait figure d’exception.

Philippe MOURET

Sur la place des femmes politiques en région Occitanie, notre article paru avant le premier tour : https://dis-leur.fr/legislatives-le-…res-en-occitanie/