E-sport : Montpellier veut tirer son épingle du jeu

Avec son écosystème de plus de 90 entreprises spécialisées dans le jeu vidéo, dont le leader Ubisoft, Montpellier peut tirer son épingle du jeu dans la croissance phénoménale de l'e-sport en France. Photo : Dominique QUET, Maxppp.

Phénomène de société, le jeu vidéo de compétition représentera trois milliards d’euros en 2021 et 10,5 milliards en 2030, soit + 37,6 % de croissance par an, selon une étude inédite du cabinet spécialisé Idate. Place forte dans le domaine du jeu vidéo, Montpellier espère profiter de ce levier de croissance.

Ce n’est pas roupie de sansonnet. Selon Laurent Michaud, expert en la matière, citant une étude récente de l’Idate, « l’e-sport est un phénomène de société. Ce marché, encore émergent, représentera trois milliards d’euros en 2021 et surtout 10,5 milliards d’euros en 2030 soit une progression de + 37, 6% par an ! Phé-no-mé-nal ! Laurent Michaud ajoute : « Il fait partie des segments connexes au jeu vidéo, que les éditeurs les plus ouverts à l’innovation d’usage et à l’expérience utilisateur investiguent désormais très sérieusement (…) Ceux qui négligent le jeu vidéo de compétition pourraient passer à côté d’un levier de croissance significatif et durable. Depuis trois ans, l’e-sport attire l’attention au-delà du microcosme de l’industrie vidéo : medias et TV, groupes de communication… » Avec deux écueils au moins à dépasser, selon le spécialiste : élargir l’audience au grand public et faire émerger des stars de ce nouveau sport.

A Montpellier du 12 au 19 novembre, l’Idate organise le Digiworld summit qui concerne le monde du numérique en général et évoque chaque année, à travers des conférences, les grands tourments d’actualité électronique qui ont jalonné l’année et les grands espoirs du secteur : la transformation numérique, l’intelligence artificielle,etc. Et dans le cadre de cet événement, il y aura une conférence, baptisée le game summit, consacrée cette année en partie aux enjeux de l’e-sports. Photo : Dominique QUET, Maxppp

Élargir l’audience et faire émerger des stars

En tout cas, Montpellier, place forte de la French Tech et du jeu vidéo, pourrait tirer son épingle du jeu si d’aventure l’e-sport était propulsé sur le devant de la scène olympique. Son écosystème est assez unique dans l’Hexagone : « C’est la deuxième place en France en matière de conception de jeux vidéos, explique Laurent Michaud. Elle a sur son territoire quelque 90 sociétés. Il y a d’abord le géant, un leader, Ubisoft, qui réunit quelque 280 développeurs qui devrait continuer à grossir ; des sociétés de taille intermédiaire, comme Magic Design, Féérik Game, The Game Bakers, etc. qui représentent chacune au moins quelque dix équivalents temps plein. Cette catégorie-là représente un atout considérable car on ne la retrouve pas dans toutes les régions. Comme on ne retrouve pas de leader comme Ubisoft. Enfin, il y a beaucoup de micro-entreprises, des free lance, qui représentent la moitié de cet écosystème. »

Digiworld summit et game summit à Montpellier

A Montpellier, il y a aussi pas mal d’écoles. « C’est fondamental. Car ça renouvelle les talents et les entreprises recrutent dans ces écoles-là. On a une douzaine de structures de formation au jeu vidéo. Mais aussi aux médias et aux métiers de l’animation, des laboratoires de recherche qui utilisent le jeu vidéo comme objet de recherche ou qui visent à former des chercheurs qui vont travailler sur le jeu vidéo. On a le Lirmm (Laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier), le Lirit, qui est, lui, à Toulouse, le LGIPP (l’un des laboratoires des Mines d’Alès). On a une bonne dynamique dans la recherche. Et comme cette dernière est adossée à l’université, on a aussi des formations. Comme Imagina au Lirm. » A Toulouse, les acteurs du jeu vidéo sont « assez peu nombreux ».

A Montpellier du 12 au 19 novembre, l’Idate organise le Digiworld summit qui concerne le monde du numérique en général et évoque chaque année, à travers des conférences, les grands tourments d’actualité électronique qui ont jalonné l’année et les grands espoirs du secteur : la transformation numérique, l’intelligence artificielle,etc. Et dans le cadre de cet événement, il y aura une conférence, baptisée le game summit, consacrée cette année en partie aux enjeux de l’e-sports. Parmi les invités, Mathieu Dalon, l’un des fondateurs de l’e-sport en France et le président de France e-sport, Stéphan Euthine (lire ci-après).

O.SC.