Une semaine après le rassemblement dans la première station thermale de France, la présidente de région et Régions de France dénoncent “une erreur stratégique sur le plan médical, budgétairement très discutable et socialement injuste”. Carole Delga appelle les parlementaires à rejeter cette pseudo-économie. Et 60 sénateurs ont adressé une motion au gouvernement.
Le 8 octobre dernier, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, annonçait – dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2027 – un transfert de
200 M€ de dépenses liées au remboursement des cures thermales, actuellement prises en charge par l’Assurance maladie, vers les complémentaires santé. Or, les complémentaires santé n’ont aucune obligation de prendre en charge ces soins. En réaction, les présidentes et présidents de régions ont appelé les parlementaires à rejeter cette mesure, via un communiqué de Régions de France. Présidente de la Région Occitanie, Carole Delga dénonce “l’abandon du thermalisme par le gouvernement”.
Christophe Rioust, maire de la commune thermale de Balaruc-les-Bains, près de Sète, dénonçait, déjà, dans Dis-Leur, si tel était le cas, une “médecine à deux vitesses”. Il disait sa totale incompréhension et organise un rassemblement à Balaruc avec d’autres stations thermales de la région. A lire ICI.
Plus de 60 études soulignent l’importance des bénéfices du soin thermal pour la réduction des douleurs et la prévention des rechutes”

Déjà, en novembre 2025 au cours de l’examen du PLFSS 2026, Carole Delga alertait de la menace que fait peser le déremboursement des cures thermales sur la santé des patients et les territoires. Elle avait adressé un courrier au Premier ministre, le 5 novembre 2025, demandant de revoir en urgence cette mesure, finalement abandonnée à l’époque.
“Plus de 60 études soulignent l’importance des bénéfices du soin thermal pour la réduction des douleurs et la prévention des rechutes.” La Haute Autorité de Santé a lancé une analyse du service médical rendu aux patients par ces soins thermaux. Outre la question sanitaire, en Occitanie, plus de 148 000 patients ont suivi une cure conventionnée sur prescription médicale l’an dernier. Elles ont aussi une importance pour l’attractivité et l’économie des territoires : 90% des stations thermales se situent dans les communes de moins de 10 000 habitants. En Occitanie, le thermalisme représente plus de 460 M€ de retombées directes et indirectes.
“Ne plus les prendre en charge, c’est pousser des patients à renoncer à se soigner et demain, pour la Sécurité Sociale, payer le prix fort de maladies aggravées !”
Et Carole Delga d’appuyer : “Les cures thermales ne sont pas un soin de confort mais un acte de soin reconnu par la médecine pour traiter une douzaine de grandes familles d’infection. Elles sont une composante d’avenir du système de santé français. Cette annonce, non prévue dans les mesures d’économie détaillées lors de la présentation du projet de loi de financement de la sécurité sociale en Conseil des ministres, est une erreur stratégique.”
“Ne plus les prendre en charge, c’est pousser des patients à renoncer à se soigner et demain, pour la Sécurité sociale, payer le prix fort de maladies aggravées ! Un déremboursement, qu’il soit partiel ou total, de ces soins incite les patients à recourir, in fine, à des alternatives plus coûteuses (traitements médicamenteux chroniques, kinésithérapies répétées, hospitalisations, etc.)” Et : alors que le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 sera examiné par le Sénat dès le 9 novembre prochain, “j’appelle les parlementaires à rejeter avec force cette mesure”, déclare Carole Delga, présidente de la Région Occitanie.
Rassemblement inédit à Balaruc

À l’appel de Christophe Rioust, maire de Balaruc-les-Bains, près de 600 personnes se sont réunies vendredi dernier devant les Thermes, pour exprimer leur opposition au projet gouvernemental de transférer 200 M€ de remboursement des cures thermales de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé.
Un rassemblement marqué par une forte mobilisation des curistes, habitants, professionnels, des acteurs économiques et des élus, venus défendre une médecine inscrite dans l’histoire sociale et sanitaire Française, mais aussi dans l’identité et le développement de nombreux territoires.
De nombreux élus côte-à-côte

Cette mobilisation a rassemblé, aux côtés de Christophe Rioust, maire de Balaruc-les-Bains, et de Didier Calas, P.-D.G. des Thermes de Balaruc-les-Bains, de nombreuses personnalités politiques et représentants des territoires thermaux : Marie Costa, maire d’Amélie-les-Bains-Palalda et présidente de la Fédération thermale d’Occitanie ; René Ginieis, maire de Lamalou-les-Bains ; Cédric Blanc, maire d’Avène-les-Bains ; Loïc Llinarès, président de Sète Agglopôle Méditerranée ; Sylvain Carrière, député de la 8e circonscription de l’Hérault ; Julie Frêche et Hussein Bourgi, sénateurs de l’Hérault.
Mais aussi Patrice Canayer, conseiller régional d’Occitanie délégué à l’attractivité, au rayonnement de l’Occitanie et aux marques régionales ainsi que des maires et élus des communes du bassin de Thau et des représentants de la Région Occitanie. Par ailleurs, ce mercredi 28 octobre, à l’initiative du Sénateur Jean-Marc Boyer, près de 60 sénateurs issus de 42 départements thermaux se sont mobilisés pour défendre l’avenir de la filière.
Une même conviction s’est exprimée : le thermalisme ne peut être réduit à une ligne de dépenses de l’Assurance maladie. Ancré depuis des générations dans l’histoire sanitaire et sociale française, il constitue une offre de soins, un savoir-faire et un moteur de développement pour près de 90 communes thermales.
Olivier SCHLAMA