Commerce : Acheter en musique fait chanter le tiroir-caisse

Selon un sondage pour la Sacem, 70 % des clients trouvent qu'entendre des chansons améliore l'image du magasin et 41 % de ceux qui y entrent pour la première fois promettent d'en être des habitués. Photo : Dominique QUET, Maxppp

Boulangeries, salles de sport, grandes surfaces, coffee-shop, coiffeur… Plus aucun magasin ne résiste à la tentation de diffuser de la musique – plus ou moins heureuse – pour que vous puissiez acheter en rythme. Et en nombre. En réalité, la pratique marketing, si elle est répandue, n’est pas plébiscitée. C’est ce qui ressort d’une enquête inédite LSA pour la Sacem et Mood Media, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, effectuée entre mars et juin 2017. « La pratique de la musique fait partie du quotidien de neuf Français sur dix, pourtant près d’un tiers des points de vente sont encore réticents à la diffusion de musique. » C’est cependant sur ce créneau que la société Radioshop, dans l’Hérault, a fondé sa réussite…

Pendant dix semaines, à Paris, Rambouillet, Saint-Mandé, Lyon et Toulouse, cinq enseignes qui ne diffusent pas de musique, spécialisées dans la banque, l’optique, la pharmacie, la distribution de carburant et le sport, ont pris part à une démarche pilote qui a permis de mesurer la valeur de la musique diffusée via un dispositif exceptionnel : l’installation et la diffusion d’un programme musical conçu spécifiquement pour chaque magasin et la mesure avant et après l’installation des réactions des clients ainsi que des gérants et salariés. Le résultat (voir infographie) est sans appel : 70 % des clients trouvent qu’entendre des chansons améliore l’image du magasin ; 65 % qu’elles le différencie des autres points de vente et 41 % des gens qui y entrent pour la première fois promettent d’en être des habitués.
La musique améliore la relation avec les clients et le quotidien des salariés, note l’étude. Le temps d’attente pour le consommateur est perçu comme moins important, 67% des salariés constatent que les clients sont de meilleure humeur lorsque le lieu est sonorisé, un magasin sonorisé a « une influence positive et augmente la proportion des consommateurs qui se sentent « en forme » passant ainsi de 67 % à 73 %.

Au quotidien, la musique est un élément important pour les salariés. Ils considèrent la musique comme un réel facteur de motivation : 93 % d’entre eux plébiscitent le travail en musique.

« La fin des préjugés »

Mieux, la musique dans des lieux dits sérieux, c’est la fin des préjugés, estime la Sacem : « 76 % des clients de ces secteurs (banque, pharmacie, opticien, sport et station-service) affirment que la diffusion de musique est compatible avec le sérieux de leur activité (notamment dans le secteur bancaire) contre 33% avant l’expérience de diffusion ! La diffusion de la musique sur le lieu de vente est perçue comme garante de la confidentialité des échanges avec une progression de 30 points (26 % avant diffusion de la musique).

Enfin, travailler en musique est un must : « Les playlists composées en fonction de chaque enseigne, de leur fréquentation et des horaires, ont généré une ambiance positive auprès des personnels qui ont souligné la bonne humeur communicative », dit l’étude.

« Ventes de disques divisées par deux »

« Ce que l’on montre avec cette étude, explique Serge Ansourian, c’est que la musique apporte un vrai plus. On s’en doutait mais de façon empirique. » Le responsable de la communication pour le Sud de la France de la Sacem ajoute : « Il y a vingt ans, les droits d’auteur (valables jusqu’à 70 ans après la mort de l’auteur) se décomposaient en trois tiers : les droits TV et radio, les ventes d’albums et les droits liés à la diffusion de spectacles et de musique dans les commerce. Or, les ventes de disque ont sensiblement diminué : elles ont été divisées par deux. » La Sacem, qui compte 150 000 inscrits, a plus de 500 000 clients (associations, radios, TV, commerces, événements, etc) et vise à convaincre de plus en plus de commerces de diffuser de la musique, histoire de garder aux auteurs un certain niveau de revenus. D’autant que ce n’est pas si cher : « Il faut compter, disons, pour un coiffeur de quartier, environ 180 euros par an, soit 20 euros à 30 euros par mois. »

Le temps d’attente pour le consommateur est perçu comme moins important. Et 67 % des salariés constatent que les clients sont de meilleure humeur quand le lieu est sonorisé. Photo : Dominique Quet, Maxppp.

Négocier avec les sites spécialisés

Autre axe de possibles revenus, la valorisation de la consommation musicale sur les sites spécialisés comme Youtube, Deezer, Itunes, etc. « Actuellement, c’est comme si vous entriez dans un supermarché et qu’avec 100 euros vous puissiez achetiez tout le magasin. Sur Youtube, par exemple, pour que l’auteur d’une chanson touche 150 euros de droits d’auteur, sa vidéo doit être vue 300000 fois ; 1000 euros, c’est trois millions de vues. L’idée, c’est que les auteurs obtiennent davantage de ces sites qui font quand même pas mal d’argent grâce à la publicité générée. »

Olivier SCHLAMA

  • La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) a pour vocation de représenter et défendre les intérêts de ses membres en vue de promouvoir la création musicale sous toutes ses formes. Elle collecte les droits d’auteur et les répartit aux auteurs, compositeurs et éditeurs dont les oeuvres ont été diffusées ou reproduites. Organisme privé, la Sacem est une société à but non lucratif gérée par les créateurs et les éditeurs de musique. La Sacem compte 500 000 clients qui diffusent de la musique en public : commerces, bars, discothèques, organisateurs de concerts ou d’événements en musique.

Lire aussi notre article : Burger King, Gémo, IKKS, Morgan, Memphis Coffee, Habitat… Il faut tendre un peu l’oreille pour découvrir le point commun entre ces enseignes, parmi les 272 qui ont fait confiance à Radioshop. L’entreprise héraultaise propose, depuis plus de dix ans, des solutions créatives et uniques à chacune des marques qu’elle accompagne dans leur stratégie de communication sonore et de marketing de points de ventehttps://dis-leur.fr/radioshop-lidentite-sonore-plus-grandes-marques/