La marque prévoit de créer une nouvelle usine de production et d’y sanctuariser les 250 emplois et même d’en créer une trentaine sous cinq ans. Les nouvelles lignes de production seront mises en service fin 2028 moyennant 100 M€ d’investissement. “Une très bonne nouvelle”, souligne Fabrice Verdier, président de la communauté de communes. Surtout dans un contexte de morosité économique, y compris localement.
Leader des bonbons en France, Haribo (de Hans Riegel et des initiales, BO de la ville de Bonn où l’entreprise est née) a annoncé vouloir créer une nouvelle usine à Uzès (Gard). “C’est une très bonne nouvelle pour la ville d’Uzès et sa communauté de communes”, a réagi Fabrice Verdier qui en est le président. “Nous allons avoir une usine totalement neuve qui garantit la présence d’Haribo dans les 30 ans ou 40 ans à venir avec le maintien voire la création d’emplois. C’est une excellente nouvelle. Cette nouvelle usine sera davantage automatisée et plus productive que celle d’aujourd’hui. Qui permettra à la marque d’accompagner sa croissance et d’accompagner les besoins sur le marché notamment national.” C’est une très bonne nouvelle y compris dans un contexte de morosité économique, y compris localement, avec la fermeture de l’usine Owens-Illinois à Vergèze (164 suppressions d’emplois) ou les fortes turbulences autour de l’affaire Perrier.
250 emplois pérennisés à Uzès, 30 à créer d’ici cinq ans

Cette marque s’appuie sur un marketing ultra-efficace qui a commencé à se faire connaître en utilisant la pub TV dès les années 1960 avec un slogan qui traverse les générations : “Haribo, c’est beau la vie…” qui parle autant aux enfants qu’aux adultes. La société familiale dont le siège français est à Marseille. “A terme une partie de la production de Marseille sera réalisée à Uzès. En plus de pérenniser ses 250 emplois à Uzès, la société estime pouvoir embaucher une trentaine de salariés dans les cinq ans à venir. Et l’investissement serait de l’ordre de 100 M€.”
Schtroumpfs, Croco, PIK ou Rotella
Haribo, marqué née en 1920 dans une… cuisine (!) et qui réaliserait un chiffre d’affaires en hausse constante depuis dix ans ans (à 354 M€), explique que ce projet “permettra de renouveler l’ensemble des lignes de fabrication et de conditionnement, d’optimiser l’organisation industrielle et d’améliorer significativement la performance opérationnelle du site. Dans cette organisation renforcée, le site d’Uzès concentrera donc les nouvelles capacités de production modernisées, tandis que le site de Marseille continuera de jouer un rôle essentiel en se spécialisant sur la fabrication de produits emblématiques tels que les Schtroumpfs, Croco, PIK ou Rotella, renforçant ainsi sa performance opérationnelle et son savoir-faire historique.” Selon plusieurs sources, le nouvel outil de fabrication à Uzès devrait se consacrer davantage à la production de confiseries demandant de la technologie. C’est le cas des bonbons en sachets pratiques et des assortiments diversifiés qui ont la préférence du consommateur.
Haribo a donc deux sites en France. Ils ont fait le choix de Marseille historiquement et d’Uzès parce que le site s’y prête ; parce que le foncier est disponible. Ils étaient sûrement content de l’environnement Uzétien”
Fabrice Verdier, président de la communauté de communes
Fabrice Verdier ajoute : “Haribo a donc deux sites en France. Ils ont fait le choix de Marseille historiquement et d’Uzès parce que le site s’y prête ; parce que le foncier est disponible. Ils étaient sûrement content de l’environnement Uzétien. C’est une modernisation de leur outil industriel validé par l’actionnaire majoritaire familial. Haribo envisage une mise en marche des nouvelles lignes fin 2028. Nous les avons accompagnés pour faire des ajustements réglementaires. Cela fait deux ans que nous y travaillons de façon confidentielle pour s’assurer que le cadre réglementaire est respecté ; que l’on intègre les questions de risques d’inondation… On nous avait demandé d’être discrets. Ce sont aussi des retombées économiques pour les prestataires externes. Que ce soient des transporteurs, dans la logistique, la maintenance…”
“La boutique est celle qui réalise le plus de chiffre d’affaires en vente de bonbons en France”

C’est à Uzès que Haribo avait racheté il y a 40 ans l’outil industriel des marques Ricqlès et Zan elles-mêmes entrant dans son giron. C’est sur ce site que la firme produit aujourd’hui et depuis des décennies les bonbons Haribo. Uzès a aussi la particularité de posséder un musée de la société Haribo dont “la boutique est celle qui réalise le plus de chiffre d’affaires en vente de bonbons en France”, confie encore Fabrice Verdier. Un bon connaisseur du dossier explique que “tout le monde est soulagé que Haribo reste en France et à Uzès en particulier ; vu les charges salariales en France, ils auraient pu déménager en Chine ou en Belgique.” Haribo France le dit autrement évoquant la possibilité de “gains de productivité et des technologies de production de dernière génération”.
“Augmenter certains capacités, notamment en dragées”

Mieux : “La nouvelle unité d’Uzès intégrera notamment de nouvelles lignes de fabrication et de conditionnement et permettra d’augmenter certaines capacités, notamment sur les dragées, tout en optimisant l’organisation industrielle ; répondre aux évolutions du marché du bonbon, en renforçant la capacité d’innovation et la flexibilité de l’outil industriel afin de s’adapter aux attentes des consommateurs et aux évolutions réglementaires ; réduire l’empreinte environnementale de l’activité, grâce à une usine conçue selon les standards les plus avancés en matière d’efficacité énergétique et de performance environnementale, tout en offrant un environnement de travail plus moderne et performant pour les collaborateurs. Cette nouvelle usine aura un impact carbone réduit de 90% par rapport à l’usine actuelle.”
Selon plusieurs sources, le groupe Haribo qui communique peu produirait plusieurs centaines de milliers de tonnes de confiseries par an à l’échelle mondiale grâce à ses 16 usines réparties dans le monde. On peut évaluer à 100 millions d’oursons Goldbears chaque… jour. La fraise iconique, moussue, Tagada, la rock star du bonbon rassurant ? Cette sorte de guimauve compacte, née en 1969, est devenue un phénomène en France, l’une des friandises les plus vendues dans l’Hexagone. Une capsule temporelle…
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Olivier SCHLAMA