Voeux : Le maire de Baillargues offre un string républicain !

"L'idée, c'est de dire qu'on risque d'avoir à Paris en 2018, lors du prochain congrès des maires, un défilé de sans-culottes" (1), lance Jean-Luc Meissonnier. Le maire de Baillargues, village de 7 000 habitants situé près de Montpellier (Hérault). Photos : DR.

Le maire DVD de Baillargues, près de Montpellier, Jean-Luc Meissonnier, toujours aussi facétieux, a imaginé envoyer une carte de voeux imagée accompagnée d’un string avec une cocarde bleu-blan-rouge pour illustrer un budget en baisse année après année. Le message, en substance : « Si les petits maires ne se révoltent pas, ils finiront comme des sans-culottes. »

« L’idée, c’est de dire qu’on risque d’avoir à Paris en 2018, lors du prochain congrès des maires, un défilé de sans-culottes » (1), lance Jean-Luc Meissonnier. Le maire de Baillargues, village de 7 000 habitants situé près de Montpellier (Hérault) et appartenant à la Métropole montpelliéraine dénonce à sa manière, humoristique et facétieuse, la suppression de certaines dotation de l’Etat. » Comment est née cette idée ?

« J’ai un petit côté anti-jacobin, sourit Jean-Luc Meissonnier ; cela fait 17 ans que je suis élu et je ne vais jamais au salon des maires, à Paris. C’est une sorte de déplacement pour faire allégeance, même s’il y a des nouveautés pour le fonctionnement des collectivités ; ça ne me sert à rien et je ne suis pas fan des selfies avec le président de la République ou des ministres… » D’autant que, ajoute le vice-président de la métropole montpelliéraine, malgré la proximité du golf de Massanne où la présence de belles demeures, la commune n’est pas riche. On y paie d’ailleurs des impôts (taxes foncière et d’habitation) parmi les plus élevés de sa strate de population. Mais on a des services qui vont avec comme 40 trains quotidiens en direction de Montpellier toutes les 8 minutes, une maison de retraite qui va déménager et devenir municipale avec des coûts à la journée pour les résidants inférieurs au privé, avec un service jeunesse performant, une vraie agriculture urbaine, etc. »

« Un string républicain, à porter au prochain congrès des maires bien entendu ! 

Jean-Luc Meissonnier, maire de Baillargues

Joli coup de com’ de ce premier magistrat qui, pour fêter la nouvelle année, fait donc un cadeau étonnant à ses propres administrés au nom des autres maires dont les finances s’amenuisent à cause de l’Etat, défend-il : « Alors pour que les maires ne se retrouvent pas sans-culottes, la ville de Baillargues a glissé un string accompagnant la carte de veux 2018 ! « Un string républicain, à porter au prochain congrès des maires bien entendu !  » plaisante Jean-Luc Meissonnier. « On n’a pas vraiment calculé le manque à gagner mais on sait que nous perdons par exemple 30 %  de la DGF (dotation globale de fonctionnement). Et nous ne savons pas comment va être compensée la suppression de la taxe d’habitation. » Soit, sans doute, plusieurs centaines de milliers d’euros.

« Comme à son habitude, le maire de Baillargues fait référence à l’actualité nationale tout en conservant sa touche d’humour en offrant cette surprise », dit-on du côté de l’hôtel de ville. « Pour la 11e année consécutive, explique-t-on à l’hôtel de ville de Baillargues, nous avons, en outre, opté pour des voeux originaux en renouvelant le partenariat avec le dessinateur-caricaturiste Dadou. Cette nouvelles carte de voeux accompagnée donc d’un string présente l’histoire de la décentralisation de 1982 à nos jours. Ainsi, le maire bâtisseur des années 80 laisse peu à peu la place au maire « bricoleur » des années 2 000.

Aujourd’hui, « le dernier acte de cette décentralisation, baptisé « recentralisation » par Jean-Luc Meissonnier, met en scène un maire fossoyeur, totalement démuni financièrement.

Jean-Luc Meissonnier n’en est pas à son coup d’essai. « Il y a eu les voeux avec préservatifs, ceux avec du gingembre, du trèfle à quatre feuilles et, même, une année, des lunettes noires pour « éviter la tempête solaire des promesses électorales en vue de la présidentielle… » Le facétieux maire a même amené, un jour, une partie de ses concitoyens à la première d’un long métrage mettant en scène James Bond. Pour lui, aucun message n’est impossible à faire passer.

Olivier SCHLAMA

(1) Les sans-culottes, c’est le nom donné au début de la Révolution française de 1789, par mépris, aux manifestants populaires qui portent des pantalons à rayures et non des culottes, symbole vestimentaire de l’aristocratie de l’ancien régime.