Art : à Sète, Freddy a trouvé l’inspiration, il vend de l’air

Freddy Valette, l'homme qui met l'air de Sète en boîtes... Photo-Marion-BARGIACCHI

Marcel Duchamp avait ouvert la voie, dès 1919, en capturant l’air de Paris dans une ampoule… Depuis d’autres ont suivi sa voie, au Canada comme en France, de la Bretagne à Montcuq, sans oublier le Canigou ! Mais presque cent ans plus tard à Sète, où l’on fait rarement les choses comme les autres, Freddy Valette a su trouver l’inspiration en mettant en boites le « Véritable air de Sète » sous des étiquettes réalisées par une trentaine d’artistes…

« Je ne vends pas ça comme une vulgaire boite de thon, s’amuse Freddy Valette, je vends du véritable air de Sète. C’est déposé, l’air de Sète m’appartient ! », lance-t-il en rigolant. Et Freddy a réussi à entraîner une trentaine d’artistes dans l’aventure. Hervé Di Rosa, , Tino Cosentino, Topolino, Gilles Dupuy, Marc Durand, François Dezeuze… sans oublier Melle Roze, avec son poulpe et sa rascasse, Katy Bassaget et ses pavois d’Amour ou Chantal Hix… Pour les découvrir tous, mieux vaut aller sur la page Facebook de l’aventure, ICI.

Des envois partout dans le monde

Lancé à la fin 2017, la première série de boîtes du Véritable air de Sète a connu le succès à Noël dernier. Il est vrai qu’à 10€, c’était le cadeau de complément idéal pour tous ceux qui apprécient l’île singulière. Et pas seulement en Occitanie puisque « des boîtes sont parties à Taïwan, en Italie, en Espagne, au Maroc, en Argentine, en Scandinavie… », Freddy cesse son énumération avec un constat, « pour faire connaître Sète, la créativité des artistes qui lui sont attachée, c’est idéal… »

Avec même de savoureuses anecdotes ! Telle la mésaventure de ce Sétois exilé, sur le chemin du retour vers sa terre d’asile, dont la boîte d’air a longuement intrigué les douaniers de l’aéroport, qui ont eu besoin de quelques précisions avant de bien vouloir en sourire…

A chaque artiste sa vision de l’air

Une partie de la collection des boites du Véritable air de Sète. Photo Marion BARGIACCHI

Encore une précision, en achetant la boîte, vous achèterez « vraiment » de l’air, car elle n’est pas conditionnée sous-vide. Et pas n’importe quel air. « C’est la société Azaïs-Polito (conserverie artisanale de produits locaux, à découvrir ICI) qui sertit les boites, au bord de l’étang, il n’y a pas plus vrai ! »… s’amuse Freddy. Quant à la boîte cartonnée qui l’accueille, elle correspond aux standards de La Poste, ce qui permet de l’envoyer aux quatre coins de France (et du Monde) dans son carton d’origine, lui-même illustré de l’étiquette correspondante… L’envoi coûte seulement 4,80€ (« Si on m’en commande 5, je les envoie gratuitement par Colissimo », précise Freddy Valette).

Plus que de l’air, c’est une part de rêve que l’acheteur trouve dans cette boîte, avec une notion différente pour chacun… petit nuage souffleur pour Di Rosa, baigneuse qui pète selon Topolino, fumée d’usine sous le pinceau de Cosentino, etc. Pour l’instant, les boîtes sont en vente à Sète (au Miam –Musée international des arts modestes– à l’Office du Tourisme –OTSI de Sète– et à la librairie L’Echappée Belle) ou à commander sur la page Facebook (en accès direct en cliquant ICI).

Du Canigou à Montcuq… tout l’air d’Occitanie

Dans la région, l’entrepreneur catalan Emile Claverie a également saisi le concept, proposant depuis quelques mois une boîte d’air du Canigou… La conserve d’air pur de la montagne catalane qui culmine à 2784 mètres d’altitude est vendue au prix de 5 euros dans les offices de tourisme du département des Pyrénées-Orientales… Voilà de quoi commencer une collection qui ne manque pas d’air… D’ailleurs, toujours en Occitanie, un étudiant en communication Antoine Deblay avait déjà eu l’idée de commercialiser de l’air de Montcuq (commune du Lot) avec un beau succès. Paris, la Bretagne ont également développé le concept. Quant à Freddy Valette, il sera présent sur le stand du Chasse-Marée lors du grand rendez-vous Escale à Sète, du 27 mars au 2 avril prochains, pour une mise en boîte !

Philippe MOURET