Découvertes : Fregosi au MIAM de Sète, mais aussi un printemps avec Combas, Dali, Sorolla

Le MIAM, Musée International des Arts Modestes (Sète) présente une exposition monographique de l’artiste Adrien Fregosi (1980-2024) qui a travaillé les dix dernières années de sa vie à Sète et y a développé une œuvre prolifique et hautement poétique. Photo Philippe MOURET

Adrien Fregosi (1980-2024) a travaillé les dix dernières années de sa vie à Sète. Avec l’exposition “Adrien Fregosi – Les Moyens du bord”, au Musée international des arts modestes (MIAM) de Sète (*), l’objectif est de révéler l’œuvre de cet artiste au grand public. Avec le printemps les expos fleurissent en Occitanie. Pour n’en citer que quelques’unes : Robert Combas au Pont du Gard, Sorolla. Maître de la lumière (collection Bemberg) à l’Hôtel d’Assézat à Toulouse, André Cervera (“Carambolages”) au musée Paul-Valéry de Sète. Mais aussi jusqu’au 22 novembre, une saison culturelle sur “l’Eau, source d’inspirations” présentée dans les musées et différents lieux de Nîmes et Dali au musée Hyacinthe-Rigaud” de Perpignan !

Le principal enjeu de l’exposition Adrien Fregosi – Les Moyens du bord, consiste à révéler l’œuvre originale et hautement sensible d’Adrien Fregosi, au grand public.
Pour cela, les commissaires d’exposition ont décidé de s’aventurer dans la poésie de cet artiste, afin d’y puiser “les sujets et les interrogations nécessaires à l’écriture d’un parcours structuré autour d’émotions et de sentiments variés qui hantent la littérature de l’artiste.”

Fregosi et une vingtaine d’artistes au MIAM, Cervera chez Paul-Valéry

Les travaux d’Adrien Fregosi trouvent leur origine dans sa pratique du dessin et sont profondément nourris par les cultures alternatives allant du graffiti au fanzinat. L’artiste “a également mené des expérimentations plastiques originales et développé des motifs narratifs reconnaissables et attachants au travers d’une œuvre picturale unique. Cette dernière se prolonge au travers de sculptures, photos ou éditions, dont certaines seront présentées pour la première fois dans l’exposition.”

Ses propres mots sont utilisés en citations afin de constituer “huit chapitres distincts qui offrent aux visiteurs un chemin juste mais libre dans le parcours personnel et artistique de l’artiste.” Dans le cadre de ce projet, vingt artistes ont été conviés à participer à l’exposition.

Ainsi, la grande lune rose suspendue (notre photo), de l’artiste Bruno Peinado, a été pensée comme “un hommage spirituel et non verbal” à Fregosi. Cette lune rose est, selon Bruno Peinado, “une pièce contemplative qui s’adresse à ces intelligences de l’émotion et du cœur, un refuge pour les personnes trop sensibles, une lune de guérison, d’éveil et de nouveau départ…”

Photo Ph.-M.

Toujours à Sète, le musée Paul-Valéry propose (jusqu’au 7 juin) l’exposition “Carambolages”, une quarantaine d’oeuvres rcéentes du sétois André Cervera. “Avec cette exposition, je célèbre la vie dans un port de Méditerranée, Sète, mais qui pourrait être Barcelone ou Naples. Ce n’est pas un hommage à la ville “d’avant” dans le sens passéiste du terme. Je pose un regard tendre sur Sète, à travers toutes ses époques et je le relie à mes nombreux voyages” commente l’artiste.

L’exposition s’articule, entre autres, autour de cette mémoire des lieux, dessinant une cartographie d’une ville au quotidien extraordinaire : “Un port est un lieu de rencontres, où se mêlent “figures locales” et personnes venues d’ailleurs. Je puise mon inspiration dans ces échanges et dans la collecte de récits lointains” explique encore André Cervera.

Combas au Pont du Gard et Nîmes qui ouvre les vannes

Robert Combas, inspiration mythologique ! Photo DR

On trouve encore une trace de l’île singulière avec “Guerre et Paix – Robert Combas au Pont du Gard.” Événement inédit par son ampleur, cette exposition est le fruit d’un partenariat fort entre le site du Pont du Gard et le Département du Gard. Elle marque une étape dans une programmation artistique contemporaine ambitieuse.

L’univers flamboyant de Robert Combas, peuplé de héros, de combats, de récits mythologiques et de figures épiques, trouve ainsi une place singulière dans ce site bimillénaire. Couleurs éclatantes, traits incisifs, énergie narrative : la peinture de l’artiste sétois dialogue naturellement avec les grandes fresques historiques et les récits fondateurs de la civilisation méditerranéenne. Point d’orgue de l’exposition : une toile monumentale de près de 9 mètres consacrée à la Guerre de Troie.

Dans le Gard également, jusqu’au 22 novembre, la Ville de Nîmes propose une saison culturelle sur “l’Eau, source d’inspirations” présentée dans les musées et différents lieux de la ville : un fil rouge entre les multiples facettes, historiques, artistiques, sociétales, environnementales et patrimoniales de cette ressource fondamentale. De la biodiversité marine aux mythes picturaux, en passant par l’histoire urbaine, la Camargue et les paysages cévenols, Nîmes déploie une saison culturelle dédiée à l’eau.

“Le choix de consacrer la saison culturelle des musées et lieux de connaissances à l’eau, est le choix de la sensibilisation de tous les publics à la nécessaire préservation de l’or bleu. Approche scientifique, historique, artistique, ou économique, toutes les expositions, conférences, ateliers permettront aux enfants, comme aux parents et aux grands-parents de s’immerger dans la complexité de l’eau, sa beauté, mais aussi ses risques” commente le nouveau maire de la ville, Vincent Bouget.

Le programme complet c’est ICI !

Dali à Perpignan en attendant 2027…

Parfums d’Espagne pour la suite. d’abord à Perpignan avec un avant-goût de la grande exposition Dali prévue pour 2027. Pour la première fois, le musée d’art Hyacinthe-Rigaud accueille une œuvre majeure de Salvador Dalí (1904–1989) dans son parcours permanent.

Grâce à un prêt exceptionnel du Centre Pompidou – Musée national d’art moderne, le tableau Hallucination partielle. Six images de Lénine sur un piano (1931), sera exposé durant plus d’une année dans un lieu chargé d’histoire : l’ancien salon d’apparat de l’hôtel particulier de Lazerme, au cœur du musée.

Belle occasion de découvrir une œuvre charnière dans le parcours de Dalí. Réalisée en 1931, elle est directement inspirée d’une vision hypnagogique (hallucination survenue à l’heure du coucher), dans laquelle Dalí voit les visages de Lénine se multiplier sur les touches d’un piano. Cette image obsessionnelle témoigne de la méfiance grandissante de l’artiste envers l’alignement du surréalisme avec le communisme, sous l’impulsion d’André Breton.

Aux côtés de ce chef-d’œuvre, deux œuvres issues des collections du musée Rigaud enrichissent l’accrochage : Un dessin original de Dalí représentant le clocher de Collioure, rare témoignage de son attachement au paysage roussillonnais et une photographie rehaussée de gouache par Dalí, déclinant son tableau La Gare de Perpignan ou Pop, Op, Yes-Yes, Pompier (1965), clin d’œil à ce lieu que Dalí considérait comme “le centre cosmique de l’univers !”

Rendez-vous plein de charme avec Sorolla à Toulouse

En ce printemps 2026, la Collection Bemberg s’allie au Musée Sorolla, maison-atelier du peintre qu’il fit construire à Madrid en 1911, afin de présenter un ensemble exceptionnel de plus de 60 œuvres issues de ses collections à l’Hôtel d’Assézat (Place d’Asséza,  Toulouse).

L’exposition s’articule autour des grands thèmes dont Sorolla fit sa marque de fabrique : les bords de mer, les portraits et les jardins. Les bords de mer occupent une part importante dans l’œuvre de Sorolla : de Valence à Saint-Sébastien en passant par Biarritz, les scènes de plage, de labeurs marins, sa famille ou de simples coques de bateaux échouées sur la plage sont pour lui une source d’inspiration constante.

Joaquín Sorolla, Contre-jour, María à Biarritz, été 1906. Huile sur toile, 63 x 92 cm Madrid, Museo Sorolla, inv. MS 775 © Museo Sorolla

Les protagonistes de ses portraits sont en première instance sa femme Clotilde et ses enfants María, Joaquín et Elena. Sorolla peignit également les portraits des acteurs de la haute société madrilène, tout autant que ceux des différentes classes populaires, croquées par l’artiste au gré de ses pérégrinations dans les différentes régions d’Espagne.

Les jardins apparaissent dans l’œuvre de Sorolla à partir des années 1907-1920. Ce sont d’abord les grands jardins patrimoniaux de l’Espagne, l’Alcazar ou encore l’Alhambra qui fascinent le peintre, puis son propre jardin, à partir de 1911…

Philippe MOURET

(*) Exposition du 11 avril 2026 au 7 mars 2027Musée International des Arts Modestes. 23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny, 34200 Sète. Accueil : 04 99 04 76 44. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h.