Éboulements : Les Pyrénées-Catalanes à nouveau accessibles ! L’Andorre pas encore…

Ph Michel Jauzac, département des P.-O.

Grâce à une mobilisation de tous les instants, entreprises et collectivités ont réussi à limiter la fermeture de cet axe vital. En revanche, les accès vers Andorre sont toujours fermés à cause là aussi d’un éboulement, mais en Ariège.

C’était inespéré ! La route qui s’élance jusqu’aux stations de ski des Pyrénées-Catalanes rouvre demain à partir de 18 heures. On n’aura même pas besoin de rouvrir partiellement RD 66 – très fréquentée, y compris jusqu’en Andorre – dans des conditions dégradées avec un alternat. Les conditions météo ces derniers jours ont permis d’accélérer la cadence. “Les entreprises engagées sur ce chantier ont redoublé d’efforts, y compris la SNCF ; les travaux ont été menés sept jours sur sept et la route peut rouvrir ce vendredi. Nous avons pu limiter la fermeture à 15 jours au lieu d’un mois à l’origine.” En particulier les tirs de minage ont pu avoir lieu avec une semaine d’avance, les 3 et 5 février.

“Les entreprises engagées sur ce chantier ont redoublé d’efforts, y compris la SNCF”

Ce n’était pas gagné d’avance avec cet éboulement spectaculaire qui s’est miraculeusement arrêté au niveau de la voie ferrée et menaçait la RD 66. « Ces gros rochers pourraient remplir l’équivalent de cinq gros camions de chantier, confie explique Aude Vivès, vice-présidente du département des P.-O. et candidate aux municipales à Prades. La balafre sur la paroi s’étend sur 120 à 150 mètres de long sur 20 mètres de haut. L’éboulement s’est produit entre 930 et 800 mètres d’altitude. Nous avons eu beaucoup de chance qu’il se soit stoppé avant la route et qu’aucune voiture n’ait été touchée. » Il a fallu purger une partie de la paroi et s’assurer qu’elle n’était plus fragile à cet endroit.

“Cet engagement collectif témoigne de notre réactivité à agir concrètement”

Hermeline Malherbe, présidente du département des Pyrénées-Orientales “remercie l’implication des agents de la Direction des routes du Département, les services de l’État, la SNCF Réseau et les entreprises mandatées par la collectivité, pour leur action rapide qui aura permis que la fermeture de la RD66 soit limitée à 15 jours. Cet engagement collectif témoigne de notre réactivité à agir concrètement pour améliorer la sécurité et les déplacements des usagers.”

Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales « salue, lui, l’engagement et la réactivité du Conseil départemental et de la SNCF réseau pour leur action rapide et coordonnée, qui a permis la réouverture de la RD66 dans les meilleurs délais et du retour à la normale pour la population et les acteurs économiques ».

Éboulement rocheux le 23 janvier à Thès-entre-Valls

Ph Michel Jauzac, département des P.-O.

Ces désordres étaient la conséquence d’un éboulement rocheux survenu le 23 janvier à hauteur de la commune de Thès-entre-Valls ; quelque 700 m3 de roches menaçaient encore de tomber. Certes, des déviations avaient été mises en place, via les RD 117 et RD 118, dans l’Aude, mais elles imposaient un long détour. Les pertes financières avaient déjà été évaluées à quelque 40 % pour les professionnels du tourisme à quelques semaines des vacances de février, l’une des plus lucratives pour les Pyrénées-Catalanes. Le département a dû débourser plusieurs centaines de milliers d’euros pour ce chantier.

Initialement prévue pour le mardi 10 février, la réouverture partielle du CD 66 devait se faire en mode dégradé : avec une circulation alternée. Pendant ce temps, des opérations de minage des blocs rocheux devaient avoir lieu les 10, 12 et 16 février. Et donc en raison des risques pour la sécurité des usagers et des personnels engagés, la RD66 restant fermée de 10 heures à 16 heures. Désormais, c’est du passé.

Andorre : dérochement sur 250 mètres

Du côté de l’Andorre où là aussi un éboulement s’est produit “la phase de diagnostic de la paroi rocheuse est encore en cours”, indique la préfecture de l’Ariège. La finalisation de ce travail d’expertise est un préalable à l’établissement de tout calendrier de réfection de la paroi et de la chaussée. Pour rappel, un dérochement a eu lieu depuis une hauteur de 250 mètres, sur une paroi située entre Ax-les-Thermes et Mérens les Vals, dans la nuit du 30 au 31 janvier dernier. Cet événement a fortement dégradé la chaussée de la RN 20, rendant la circulation impossible sur ce secteur.

“Tous les moyens sont mis en œuvre pour accélérer cette phase de diagnostic ainsi que pour permettre la continuité de la vie de la vallée. Pour cela, la SNCF et la Région Occitanie ont renforcé la fréquence des liaisons ferroviaires, proposant ainsi 7 allers-retours quotidiens entre Ax-les-Thermes, Mérens-les-Vals, l’Hospitalet-près-l’Andorre et La Tour-de-Carol. Cette organisation, travaillée avec les maires, l’Éducation nationale et les employeurs, permet de couvrir les besoins des scolaires et des travailleurs, y compris tranfrontaliers de la vallée, mais également des publics précaires (portage de repas, assistance quotidienne ou médicale…)”

Le gouvernement Andorran a également adapté les horaires de la ligne de bus reliant L’Hospitalet-près-l’Andorre au Pas-de-la-Case. Ces bus vont également jusqu’à Andorre-la-Vieille.

Olivier SCHLAMA