Arraisonné jeudi, le pétrolier est au mouillage dans le golfe de Fos. Il arborait un faux pavillon, celui des Comores et est soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe qui finance la guerre en Ukraine. Le navire est à la disposition du procureur de la République de Marseille. Le capitaine de nationalité indienne a été placé en garde à vue.
Long de 249 mètres, le pétrolier-cargo Grinch, qui avait été dérouté jeudi 22 janvier en mer d’Alboran, dans les eaux internationales, entre Espagne et Afrique du Nord, “avec le concours de plusieurs de nos alliés, dont le Royaume-Uni”, selon le président Macron. Accompagné par des moyens de la Marine nationale, il est arrivé samedi 24 janvier en fin de journée dans le golfe de Fos (Bouches-du-Rhône), doté d’un terminal pétrolier qui est même le 3e plus important d’Europe. Le navire a été mis au mouillage forcé, loin de la côte, et maintenu à l’arrêt. Il est à la disposition du procureur de la République de Marseille, dans le cadre d’une l’enquête préliminaire du chef de “défaut de pavillon”. Le Capitaine, âgé de 58 ans, de nationalité indienne, a été placé en garde à vue.
« Poursuivre les investigations dans des conditions de sûreté et de sécurité satisfaisantes”
Le Grinch est suspecté d’arborer un faux pavillon, celui des Comores. Les forces de surveillance françaises l’avaient à l’oeil et suivaient sa progression. La Marine agissait sur la base de renseignements. Afin de poursuivre les investigations dans des conditions de sûreté et de sécurité satisfaisantes, des zones d’exclusion nautique (500 mètres) et aérienne (1,5 miles nautiques, 1 000 pieds) ont été définies autour du navire au mouillage. En clair, pas question de l’approcher. Des mesures ont été prises « afin de poursuivre les investigations dans des conditions de sûreté et de sécurité satisfaisantes ». La justice doit procéder, avec notamment les enquêteurs de la gendarmerie maritime, à des vérifications poussées.
Sous sanctions internationales, le pétrolier Grinch figure sous ce nom sur la liste des navires de la flotte fantôme russe, eux-mêmes placés sous sanctions par le Royaume-Uni mais sous le nom de Carl sur la liste établie par l’Union européenne et les Etats-Unis.
Le pétrolier russe avait été arraisonné jeudi matin. L’opération s’est déroulée à bord du navire en provenance de Mourmansk, port arctique de la mer de Barents. Cet arraisonnement avait ensuite donné lieu à un signalement auprès du procureur de Marseille, compétent.
La flotte fantôme russe comprendrait 66 navires
Le président ukrainien s’est félicité de cette opération. « Merci à la France. C’est exactement le type de détermination nécessaire pour faire en sorte que le pétrole russe ne finance plus la guerre de la Russie », a-t-il réagi sur le réseau social X.
De son côté, le consulat de Russie à Marseille dit tenter de vérifier si l’équipage sont bien de nationalité russe. C’est en tout cas la seconde opération du genre effectuée par la France après l’interception du Pushpa – ou Bocaray – fin septembre dernier qui avait été arraisonné par les commandos marine français en Atlantique et détourné cette fois là à Saint-Nazaire.
Selon le Conseil de l’Union européenne, quelque 600 navires soupçonnés d’appartenir à cette flotte fantôme russe font actuellement l’objet de sanctions de l’Union, comme l’interdiction d’accès aux ports européens et d’une large gamme de services maritimes.