Pyrénées-Orientales : Plus de 8 300 étrangers en situation irrégulière interpellés en 2025

Les contrôles à la frontière franco-espagnole se multiplient. Photo DR

La politique de contrôle des flux migratoires s’est sensiblement renforcée l’année dernière dans les Pyrénées-Orientales à l’origine d’important flux. C’est le préfet de ce département, Pierre Régnault de la Mothe, qui vient de l’expliquer, expliquant que les “contrôles vont s’intensifier”.

Le préfet de ce département a souligne que « l’État mène dans les Pyrénées-Orientales une politique migratoire complète, ferme et équilibrée : un contrôle renforcé de la frontière ; un éloignement effectif des étrangers en situation irrégulière ; un usage des pouvoirs de police du séjour pour préserver l’ordre public et accueil et intégration des étrangers qui contribuent au dynamisme du territoire”.

Perthus, péage du Boulou, Cerbère, gare de Perpignan, cols de montagne, à l’aéroport et à Port-Vendres

Le préfet des P.-O.Pierre Régnault de la Mothe, en costume sombre. Ph. Préfecture des P.-O.

Depuis le poste de police du Perthus, le préfet a donné des chiffres réaffirmant le rôle clef de la frontière franco-espagnole dans ces flux sous contrôle. Au total, 8 335 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés dans ce département en 2025, soit une hausse de 5 % par rapport à l’année précédente. Parmi ces interpellés, 5 189 ont fait l’objet d’une « réadmission » vers l’Espagne (et 690 non-admissions). Une majorité de ces interpellations ont eu lieu au Perthus et au péage du Boulou, à Cerbère ou à la gare de Perpignan et aux cols de montagne. Ainsi qu’à l’aéroport Perpignan-Rivesaltes et à Port-Vendres. Avec une vigilance qui va se renforcer à Bourg-Madame et Pas de la Case. La plupart viennent du Maroc ou de l’Algérie et aussi des pays subsahariens et sud-américains.

Pour cela l’action de l’Etat s’appuie sur la police, la gendarmerie, les douanes, les CRS, les militaires de l’opération de sécurisation Sentinelle. Drones et un avion des douanes ont également été intégrés au dispositif d’une action « coordonnée et ferme ». Sans oublier un renfort permanent d’une compagnie de CRS depuis août 2024.

Six filières de passeurs démantelées

Vue de Perpignan. Photo : Dominique Quet Maxppp

Dans le détail, six filières de passeurs ont été démantelées l’année passée, permettant de poursuivre en justice 172 trafiquants de migrants, soit une hausse de 46 % sur un an. Le préfet a encore certifié que la « pression » allait s’accentuer en 2026 « y compris dans la zone littorale et les ports ». Il a aussi souligné la coopération « exemplaire avec l’Espagne ayant donné lieu à 436 missions communes dans les trains transfrontaliers et les bus. Toujours dans les chiffres : 2 207 mesures d’éloignement ont été validées en 2025 (+ 17,3 %) dont 431 concrétisées (+ 31,4 %), soit un taux d’exécution de 19,5 %, au-dessus de la moyenne nationale. Et : « 76 % des étrangers en situation irrégulière interpellés en 2025 ont été éloignés de France vers l’Espagne ou le pays d’origine ».

“Convention d’attractivité des talents étrangers”

Le préfet a rappelé que « la population étrangère fait partie de la vie du département » avec quelque 20 000 personnes résidant dans ce département avec un titre de séjour valide. Par ailleurs, 4 565 de ces titres de séjour ont été délivrés en 2025 dans les P.-O. A ce titre, une “convention d’attractivité des talents étrangers” signée avec l’Université de Perpignan, le Conseil de l’Ordre des médecins et les clubs sportifs pro de l’Usap et des Dragons catalans, avait été signé pour faciliter l’installation en France de sportifs, médecins, étudiants ou chercheurs. Pas moins de 200 usagers concernés, 60 « titres » de talent délivrés.

Olivier SCHLAMA