Grâce aux budgets participatifs de la Région Occitanie, l’Association des étudiants sétois, qui a aussi été aidée par l’Agglopôle et le Crous, a pu faire fabriquer 15 VAE par une entreprise locale avec 75 % de pièces recyclées. Le projet, qui a valeur de test, pourrait être dupliqué autour du bassin de Thau.

Paul Rossi, 21 ans, n’est plus président de l’Ages, Association générale des étudiants sétois. Il ne profitera pas, à son corps défendant, de la location de l’un des quinze vélos à assistance électrique – la montagnette échauffe les mollets – qui seront à louer à partir de la semaine prochaine, le temps de recevoir les cadenas adéquats. Travaillant à Florensac, Paul Rossi a terminé ses études d’infirmier à l’Ifsi de l’Île Singulière. Son idée devrait faire florès : les lieux de formations – Ifsi, IUT de chimie, Beaux-Arts, cinémas… – sont éparpillés.
“Le bus, c’est parfois compliqué surtout l’été : il faut parfois 45 minutes pour un trajet…”

L’idée est née par nécessité. “L’agglo avait réuni les étudiants dans un Conseil de la vie étudiante. Puis, on a fondé une association loi 1901. » Ça a pris naturellement : “Le bus, c’est parfois compliqué surtout l’été : il faut parfois 45 minutes pour un trajet ; à vélo, c’est cinq à dix minutes. De plus, les rues du centre-ville sont en sens unique ; les parkings sont payants et d’ailleurs beaucoup d’étudiants n’ont ni voiture ni permis…”, argue Paul Rossi. Tout commence en 2024. L’Ages dépose un dossier aux budgets participatifs de la Région Occitanie. L’idée imprime ; les nombreux votes leur permettent d’en être lauréats et de recevoir une belle somme de la région Occitanie : 15 000 € qui sera complétée par 5 000 € du Crous et de 3 000 € de l’Agglopôle de Sète (pour les casiers, le stationnement…)
Aux tarifs de 7 € la semaine, 20 € le mois
« On veut voir si ça va marcher. Après, on pourra éventuellement agrandir la flotte. » Ces 15 vélos seront gérés par l’association, via un QR code, où l’on pourra pré-réserver au tarif de 7 € la semaine et 20 € le mois et seront rattachés au nouveau pôle universitaire Michèle-Weil. Théoriquement, quelque les 1 200 étudiants sétois pourront en profiter. “Ces 15 vélos, c’est une amorce. Pour savoir si cela prend”, disent de concert Paul Rossi et Pierre Clérivet, directeur du pôle universitaire, qui se situe, autre avantage, à quelques centaines de mètres du pôle d’échange multimodal. En cas de vol ou de casse, les étudiants disent avoir souscrit une “bonne assurance”.
Autre atout pour cette promotion de mobilités douces, cette flotte de vélos sont issus dans le cadre d’un partenariat avec l’entreprise locale Flying Cats qui a reconditionné les cadres de vélos de la ville. 75 % des vélos sont des pièces recyclées “sauf les équipements de sécurité, freins, éclairage, pneus etc. qui, eux, sont neufs », précise Pierre Clérivet. Mieux, ces deux-roues sont équipés de paniers, upcyclés : Claire Rouquette, une architecte, a dans le cadre de son entreprise, Jeannette, utilisé des pochons d’huîtres pour les fabriquer.
Vers d’autres actions de ce type
Pour Paul Rossi, ce type de location pour étudiants est “sans doute duplicable » ailleurs autour du bassin de Thau. « Tout le réseau cyclable de l’Agglopôle est bien fait ont peut aller jusqu’à Mireval. On peut rallier Agde, Marseillan, Vic, Frontignan. C’est pratique.” L’ancien étudiant espère, enfin, que son idée en appellera d’autres. “À Sète, le coût de la vie est élevé, notamment en raison de la pression touristique. L’Ages peut développer des actions intéressantes de ce type.”
Olivier SCHLAMA