Dans son étude, l’Alliance France Tourisme “la dynamique reste plus fragile sur les segments dépendant de la clientèle française, qui représente près de 75 % des séjours”. Affleure la concurrence de l’Europe centrale et orientale plus compétitive sous-entendant la nécessité d’une mutation profonde de ce pilier de l’économie.
Certes, l’activité touristique a progressé, en France, en 2025, mais tous les territoires n’en n’ont pas profité. C’est le constat de l’Observatoire de l’industrie du tourisme. La France est même en léger retrait au niveau européen. Et c’est Dominique Marcel, président de l’Alliance France Tourisme, qui le dit comme une préoccupation à peine voilée : “L’année 2025 confirme combien le tourisme demeure un pilier stratégique de l’économie française, tout en révélant un bilan contrasté (…) Si la demande internationale soutient fortement certaines destinations et le haut de gamme, la dynamique reste plus fragile sur les segments dépendant de la clientèle française, qui représente près de 75 % des séjours.”
Un million d’emplois, 130 milliards d’euros de chiffre d’affaires
Le tourisme, c’est le pilier de la balance commerciale des services : « + 22 millards de contribution positive sur les 12 derniers mois. Ce secteur compense à lui seul le déficit hors énergie du commerce de biens. Son solde est cinq fois supérieur au solde commercial global (+ 5 M€).” C’est aussi et surtout plus d’un million d’emplois et un chiffre d’affaires dépassant les 130 milliards d’euros en 2025.
Le même qui poursuit : “Le maintien du départ en vacances des Français constitue ainsi un enjeu central, tant social qu’économique, dans un contexte où la sensibilité au prix, la réduction des durées de séjour et le recours accru à la dernière minute s’imposent comme des tendances structurantes. Ces constats soulignent la nécessité d’une lecture fine et objectivée des évolutions du secteur, au-delà des seuls volumes (…) Cet outil constitue un levier essentiel pour accompagner les transitions du secteur et construire un tourisme plus équilibré, compétitif et durable.”
Loin des promesses post-olympiques

Selon le rapport de l’Alliance France Tourisme, structure créée en juillet dernier, portée par Régions de France et Alliance Tourisme France, le bilan 2025 est donc révélateur des profondes mutations d’un secteur primordial pour l’économie française et pour les régions fortement touristiques comme l’Occitanie. Après un été en demi-teinte “loin de promesses post-olympiques”, l’année écoulée “se clôt sur une progression mesurée de l’activité ». Pour cela, l’étude se base sur l’hébergement marchand (65 % de taux d’occupation en moyenne, + 0,8 %) et la fréquentation des lignes ferroviaires.
Ça roule pour le train
Justement, le trafic ferroviaire affiche 232 millions de billets vendus en 2025 soit une hausse de 3 % par rapport à 2024. Ce qui correspond à 17,1 millions de clients (+ 4 % par rapport à l’année précédente). Toutes les destinations vers les régions progressent ; seules deux sont étales : Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. Et les destinations préférées sont celles en lien avec les grandes métropoles. Dans l’ordre : Lyon-Paris, Bordeaux-Paris, Lille-Paris, Marseille-Paris, Nantes-Paris, Paris-Rennes, Paris-Strasbourg, Montpellier-Paris, Paris-Toulouse et Avignon-Paris.
Le trafic aérien ? Le groupe ADP (Aéroport de Paris) enregistre près de 350 de passagers en 11 mois, soit une croissance de 4,3 % par rapport à 2024. A noter : avec plus de 10 % de hausse, les trafics Amérique du Sud et Moyen Orient affichent une belle dynamique.
“Toute l’Europe centrale et orientale est en train de gagner des parts de marché”

Sur l’hébergement marchand, la France a enregistré en 2025 une croissance de cette activité inférieure à la moyenne européenne (+ 1,4 % contre + 1,7 %). Tous les pays méditerranéens et d’Europe du Sud ont fait mieux, notamment l’Espagne « qui a encore creusé l’écart avec la France en termes de recettes touristiques ». Idem pour l’Italie dont le contexte national équivaut à celui de l’Hexagone et que son calendrier lui sera encore plus favorable avec les JO d’hiver, Biennale de Venise, etc. La France fait jeu égal avec Royaume-Uni et Benelux. Enfin, le tour d’horizon se termine avec l’Allemagne, dernier de la classe. Par ailleurs, analyse l’étude, « toute l’Europe centrale et orientale est en train de gagner des parts de marché ». Plus compétitive.
L’hôtellerie de plein air portée par les réservations de dernière minute
Quant à l’hôtellerie de plein air, l’engouement pour les mobile-home ne se dément pas. Avec une hausse des nuitées, de 141 à 148 millions en 2025 équivalentes à 4 milliards d’euros. Avec les précisions suivantes : les nuitées dans les trois étoiles “se sont accrues” ; la durée moyenne des séjour est à la baisse et la dynamique de ce marché “a largement reposé sur les réservations de dernière minute grâce aux offres promotionnelles”. A savoir : “Les emplacements nus ont été préférés à ceux équipés.” L’étude pointe aussi : “On continue d’observer des tendances de fond consistant à s’éloigner du traditionnel séjour samedi-samedi .”
Olivier SCHLAMA