Les Pyrénées apparaissent comme la destination la plus résiliente en Occitanie qui a particulièrement souffert des canicules ininterrompues et de la baisse du pouvoir d’achat.
Chaleur extrême, pouvoir d’achat en baisse, séjours plus courts, départs davantage improvisés… Et intérêt sensible pour des destinations “plus fraîches” comme les Pyrénées. En août, certes la “fréquentation a mieux résisté qu’en juillet mais reste en retrait de 2025” ; les touristes étaient là mais moins longtemps ; ils ont réservé tardivement et ont réduit leurs dépenses au maximum.
“Campings et résidences de tourisme enregistrent les retraits les plus marqués”

Selon Ad’occ, l’agence régionale spécialisée, qui n’est pas encore en capacité d’analyser la provenance des touristes à cause d’une panne de Fluxvision qui se base sur le bornage des téléphones portables, “sur les stations du littoral, août termine à 85,7 % d’occupation pour les hébergements marchands, soit -2,3 points par rapport à 2025, mais gagne 1,4 point par rapport à l’état des réservations observé fin juillet, signe d’un apport important des réservations tardives. Ce sont les campings (-4,7 points) et les résidences de tourisme (-7,4 points) qui enregistrent les retraits les plus marqués, à l’inverse des hôtels qui se maintiennent. A date, en revanche, septembre reste orienté à la baisse : 36,6 % d’occupation à date, soit -4,1 points par rapport à 2025”.
Dans cette recomposition, la montagne a, elle, mieux résisté. Ce tourisme d’altitude, lui, a tiré son épingle du jeu. Le 28 août, l’Association nationale des mares des stations de montagne (ANMSM) a fait état d’une hausse de 2,2 points du taux d’occupation des hébergements par rapport à la saison précédente, à 65,3 %. Avec une progression franche entre juillet (58 % de remplissage) et août (69 %).
De la même manière, selon la Fédération nationale des résidences de tourisme, “la montagne signe la plus forte progression relative de la saison” avec + 1,8 point en juillet et + 2 points en août.
Les Pyrénées veulent attirer une clientèle familiale durant les quatre saisons

Dans le massif des Pyrénées, l’ANMSM a constaté un remplissage des hébergements marchands de 69 % (+ 3,5 %) par rapport à 2025. Et pour une période plus large, jusqu’au 4 septembre, le taux d’occupation sur l’ensemble du massif pyrénéen atteint 64,7 % (+ 1,5 point). Comme si les touristes avaient (sur)réagi aux canicules. Il faut dire aussi que tout est fait dans les Pyrénées pour attirer une clientèle familiale durant les quatre saisons. Remontées mécaniques, canyoning, tyroliennes, espaces de loisirs et restos d’altitude sont le plus souvent ouverts toute l’année.
Ce constat fait suite à un bilan touristique de juillet – mois le plus chaud jamais observé – qui fit grise mine, entre les canicules insoutenables à répétition, les incendies (dans les P.-O., Aude, Tarn et Hérault – et un pouvoir d’achat déjà en berne.
“La montagne Pyrénéenne résisterait mieux que les autres espaces de destination”

Du côté de l’agence régionale Ad’occ, en effet, “la montagne Pyrénéenne résisterait mieux que les autres espaces de destination. D’après les données issues du panel des stations de montagne de l’Agence des Pyrénées, le taux d’occupation moyen, tous modes d’hébergements marchands confondus, s’élève à 66,1 % sur le cœur de saison estivale, soit + 2,4 points par rapport à 2025. Septembre serait à date toutefois en retard de 3,1 points”. 65 % des professionnels de montagne se déclarent satisfaits et estiment leur fréquentation supérieure ou équivalente à celle d’août 2025.
Le pouvoir d’achat constitue l’autre facteur majeur d’arbitrage. Toujours selon Ad’occ, “62 % des vacanciers français déclarent s’être restreints sur leur budget cet été ; 66 % avoir moins pratiqué d’activités de loisirs payantes et 58 % avoir moins fréquenté les restaurants. En Occitanie, 53 % des professionnels estiment ainsi que leur panier moyen est inférieur à celui d’août 2025”.
Littoral : fréquentation élevée malgré un léger recul

“Les Pyrénées apparaissent comme l’espace de destination le plus résilient. Les données de suivi des réservations dans les hébergements marchands des stations de montagne viennent conforter cette tendance. Sur l’ensemble des destinations pyrénéennes observées par l’Agence des Pyrénées, le taux d’occupation atteint 51,5 % pour la saison de la mi-juin à début octobre 2026, soit un niveau parfaitement stable par rapport à l’an dernier.”
Et sur le littoral ? La fréquentation reste élevée malgré un léger recul. “Les hébergements marchands des stations littorales affichent 85,7 % de taux d’occupation en août, soit 2,3 points de moins qu’en 2025. Les réservations de dernière minute ont permis de soutenir l’activité. Les destinations urbaines présentent des situations contrastées, avec une légère progression à Toulouse Métropole (+0,3 point) et un recul limité à Montpellier Métropole (-1,1 point).”
Les réservations de dernière minute, les séjours plus courts et les arbitrages sur les dépenses sont désormais des réalités avec lesquelles les professionnels doivent composer”

“L’été 2026 nous montre que les Français continuent de partir en vacances, mais qu’ils adaptent davantage leurs séjours au contexte économique et climatique. Les réservations de dernière minute, les séjours plus courts et les arbitrages sur les dépenses sont désormais des réalités avec lesquelles les professionnels doivent composer. Dans ce contexte, la bonne résistance de la montagne et des hébergements est un signal intéressant pour l’Occitanie : notre diversité de destinations et d’expériences constitue un véritable atout pour répondre à ces nouvelles attentes” commente Vincent Garel, conseiller régional et administrateur de l’agence Ad’Occ.
Les perspectives pour septembre restent néanmoins plus fragiles. 44 % des professionnels jugent leur niveau de réservation encourageant, soit 6 points de moins qu’en août 2025.
Ces premières tendances restent provisoires et seront consolidées par le croisement des différentes sources de données. Le bilan complet de la saison, portant sur la période d’avril à septembre 2026, permettra d’affiner les résultats par territoire, type d’hébergement et filière touristique.
Olivier SCHLAMA