La surpêche aurait un peu baissé. Mais l’Ifremer s’alarme d’un effondrement d’un quart des poissons en France d’ici la fin du siècle. En cause, le réchauffement climatique, remettant davantage en cause le rendement maximum autorisé sans marge de manoeuvre, comme le dit Philippe Garcia, président d’une association de défense. En Méditerranée, trop peu d’espèces sont évaluées. Mais l’Institut affirme que thon rouge et anchois, deux espèces les plus débarquées, sont “en reconstitution” et “en bon état”. Alors que les trois-quarts de nos poissons pêchés partent à l’export, France Terre de Pêches milite pour du poisson français dans les cantines.

En France, la surpêche touche encore 20 % des poissons débarqués. En Méditerranée, cela n’excède pas 10 % des 18 000 tonnes pêchées mais avec un biais énorme : même pris en compte, 54 % des tonnages ne sont pas évaluables, dont le poulpe, le maquereau et la dorade royale “difficiles à suivre”, dit l’Ifremer dans son rapport annuel.

Depuis les premiers hameçons, il y a 15 000 ans, l’homme n’a eu de cesse d’améliorer ses engins… jusqu’à la surpêche. Aujourd’hui, explique le spécialiste Didier Gascuel, il faut changer de paradigme en tenant compte de tout l’écosystème : pêcher le poisson quand il est adulte ; sélectionner davantage les espèces ou mieux protéger les fonds marins… Cela s’appelle la pêchécologie, néologisme qui marie écologie et économie halieutique. Il explique aussi pourquoi les aires marines protégées ne le sont pas. Sans parler de l’aquaculture…