Le département de l’Aude a lancé une démarche inédite, les “écoutes territoriales” : aidés par des spécialistes, 120 habitants ont cheminé ensemble pour ébaucher des pistes pour continuer à vivre dans ce territoire. Une écoute qui a révélé des “perspectives” et une intelligence collectives. De quoi servir d’exemple pour d’autres territoires sinistrés. Inédit.
mégafeu
Quatre départements d’Occitanie, les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Hérault, le Gard (ainsi que les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse) sont concernés par un “risque très élevé d’incendies” a annoncé Météo-France. Dans l’Aude, si durement touchée en 2025, information et prévention sont déjà au rendez-vous.
Après les mesures d’urgence – il y a deux ans de travail pour ramasser les bois brûlés – la collectivité lance un appel à volontaires pour associer la population traumatisée et co-construire un projet de territoire. Et de le rendre résilient. En attendant les conclusions de la mission interministérielle, le département anticipe : par exemple, en identifiant les lieux comme d’ex-caves coopératives pour stocker l’eau et doter les pompiers d’équipements adéquats.
L’Aude et l’Occitanie sont particulièrement exposées aux risques liés au réchauffement. À ce titre, Carole Delga et Hélène Sandragné, présidente de Région et du département de l’Aude, réclament la reconnaissance de ces feux comme aléas climatique. Et demandent, au-delà des mesures prises, que joue la solidarité nationale et même au niveau européen pour que notre région bénéficie de financements à la hauteur de l’enjeu.
Réchauffement climatique, sur-tourisme, accès à l’eau potable… Les choses vont empirer d’ici 2050 si on ne fait rien,”mais on a des marges de manoeuvres”, selon Denis Lacroix, secrétaire général du Plan Bleu, mandaté par les Nations Unies. Positif, il dit : “Nous ne sommes pas condamnés à des constats. Avoir une Méditerranée plus saine ce n’est pas hors de notre portée. C’est pour cela que nous appelons à la responsabilité à tous les niveaux…”