Sciences / Toulouse : Deux chercheuses récompensées par la Fondation ARC

Lors de la remise des Prix Kermer. Marianna Plozza (2e à partir de la droite) et Rima Kochmann (au centre), les deux chercheuses toulousaines réc ompensées. Photo Fondation ARC

À l’occasion des 30es Journées des Jeunes Chercheurs en cancérologie, à Paris, deux scientifiques toulousaines ont été récompensées par la Fondation ARC pour leur capacité à rendre ces questions scientifiques accessibles au grand public elles ont remporté les deux premières distinctions du Prix Kerner 2026.

Marianna Plozza, doctorante à l’Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale (IPBS), reçoit le 1er Prix Kerner pour ses travaux sur les cellules responsables de la destruction osseuse dans certains cancers. Rima Kochman, chercheuse postdoctorante au Centre de Biologie Intégrative (CBI), obtient le 2e Prix Kerner et le Prix coup de cœur des donateurs (*), pour ses recherches sur les erreurs de réparation de l’ADN susceptibles de contribuer au développement de cancers.

Issus du legs in memoriam de madame Kerner, les Prix Kerner récompensent la capacité des jeunes chercheurs à vulgariser leurs travaux à travers un article et une illustration. Avant de concourir, les participants suivent une formation à la vulgarisation scientifique, offerte par la Fondation ARC. Ces prix sont attribués aux meilleurs articles grand public et décernés par un jury de professionnels des médias présidé cette année par Lionel Cavicchioli, biologiste et journaliste santé pour le média The Conversation.

Empêcher les cellules de “ronger les os” sans les éliminer

Marianne Ploizza, 1er Prix – Photo Fondation ARC

Les recherches de Marianna Plozza, portent sur les ostéoclastes, les cellules responsables du renouvellement osseux, qui peuvent devenir excessivement actives dans certains cancers et favoriser la progression des tumeurs et des métastases en détruisant l’os.

À l’Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale de Toulouse, Marianna
Plozza cherche à comprendre comment freiner cette destruction sans
supprimer les ostéoclastes, indispensables au renouvellement osseux. Ses travaux visent à identifier les mécanismes qui permettent à ces cellules de s’accrocher à l’os et de le dégrader. L’objectif est de développer des stratégies ciblées pour freiner la destruction osseuse liée au cancer, tout en préservant le rôle essentiel de ces cellules dans le renouvellement du squelette.

Quand notre ADN répare ses cassures… avec les mauvais morceaux

Rima Kochmann, Prix coup de coeur… Photo Fondation Arc

Par ses recherches, Rima Kochman étudie la manière dont les cellules réparent l’ADN et les erreurs qui peuvent survenir lors de ce processus. Elle s’intéresse notamment aux cassures double brin, qui affectent les deux brins de l’ADN, lorsqu’elles surviennent au niveau des gènes actifs, c’est-à-dire des gènes que la cellule est en train de lire.

Au Centre de Biologie Intégrative de Toulouse, au sein de l’équipe de Gaëlle
Legube, Rima Kochman cherche à comprendre pourquoi et comment ces
cassures se déplacent et se regroupent dans un emplacement spécifique du
noyau de la cellule, un phénomène qui pourrait faciliter la réparation, mais aussi
favoriser des erreurs génétiques appelées translocations chromosomiques,
impliquées dans certains cancers.

L’objectif est de mieux comprendre ces mécanismes et leurs conséquences sur le développement du cancer, notamment lorsque les protéines essentielles à la réparation de l’ADN, comme BRCA1 et BRCA2 (codées par des gènes associés au cancer du sein et de l’ovaire), sont altérées.

Ph.-M.

(*) Les jeunes chercheurs disposent de 3 minutes pour présenter leur projet de recherche de manière accessible à un public de donateurs et de testateurs de la Fondation ARC, avant d’échanger avec eux. À l’issue des présentations, les donateurs votent pour le projet qu’ils ont trouvé le plus convaincant et marquant.