Rentrée scolaire : Les nouveautés pour « 100% de réussite »

Tout ce qu'il faut savoir pour la rentrée scolaire 2018 en Occitanie... Photo D.-R.

Une dictée par jour, dès le CP, pas de portable à l’école et au collège, un nombre accru d’évaluations, des classes dédoublées en REP et REP+, une école plus inclusive pour les enfants handicapés, la mise en place du « plan mercredi », une lutte accrue contre le (cyber)harcèlement et le sexisme, un accent aigu sur le vivre-ensemble et le respect, la prévention de la radicalisation ainsi que l’apprentissage des médias et des réseaux sociaux, le tout avec une participation accrue de la présence des parents figurent parmi les grands objectifs de cette nouvelle rentrée, qui a lieu ce lundi 3 septembre, pour les 566 940 élèves, étudiants et apprentis d’Occitanie.

 Objectif « 100% de réussite »

« Je suis très fière d’annoncer une très grande évolution de notre système éducatif ! «  : au lendemain de la conférence de presse nationale, tenue par le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, la nouvelle rectrice de la région académique Occitanie, Béatrice Gille, a fait le point, à Montpellier, sur tout ce qui va changer, cette année scolaire. Priorité première : ne laisser aucun enfant sur le bas-côté, en matière d’acquisition des fondamentaux en orthographe, grammaire et mathématiques.

Un test dès la rentrée et des stages de rattrapage
Une conférence de presse pour dévoiler toutes les nouveautés. photo RoMA

Ainsi, dès la rentrée, il va il y avoir plus d’évaluations pour les classes de CP, de CE1, de 6e et de seconde (qui seront les premiers à faire le nouveau Bac 2021, extra-musclé) : « L’objectif n’est pas de pénaliser ou de classer les élèves, mais de faire en sorte que leurs enseignants sachent exactement où leurs élèves en sont et puissent adapter leur enseignement. »

Ainsi, en plus de la dictée quotidienne, dès le CP, l’accent sera mis sur la justice sociale : les collégiens dont les parents ne pourraient ou ne sauraient pas les aider à faire leurs devoirs, se verront offrir quatre heures d’accompagnement, pour les devoirs, chaque semaine. De plus nombreux stages de rattrapage, pour les élèves de CM2, seront également proposés, pendant une semaine, au cours des vacances scolaires, histoire de mieux préparer les enfants à leur entrée en 6ème.

271 nouvelles classes et davantage d’enfants handicapés scolarisés

Dans l’ensemble de l’académie (cinq départements), 271 nouvelles classes vont ouvrir  (74, dans les PO) : résultat du dédoublement des classes de CP et de CE1 dans les quartiers défavorisés, les fameuses REP et REP + (réseaux d’éducation prioritaire et d’éducation prioritaire renforcée). La justice sociale, c’est aussi une école inclusive, capable de mieux accueillir les enfants handicapés.

En attendant le dispositif académique de scolarisation des enfants sourds prévu en 2020, 20 000 élèves handicapés supplémentaires entreront dans le système scolaire ordinaire, cette année, en France. En Occitanie, des audits seront réalisés, notamment dans les maternelles qui accueillent des enfants autistes depuis deux ans, ainsi que dans les pôles d’accompagnement localisés (PIAL).

Lutter contre le sexisme, les stéréotypes genrés et la radicalisation

Dorénavant, toute parole ou acte sexiste fera l’objet d’une sanction, pouvant aller jusqu’à l’exclusion. « L’égalité entre les garçons et les filles ? Moi, je dirais plutôt : Liberté, égalité et fraternité entre entre les garçons et les filles ! » : la rectrice Béatrice Gille a joliment associé la devise française à la priorité du quinquennat Macron : l’égalité hommes-femmes. « Il y a encore tant de stéréotypes à vaincre… et s’il y a bien un endroit de socialisation, c’est l’école. Nous sommes donc très sensibles à l’enseignement du respect d’autrui et de l’empathie, notamment sur les réseaux sociaux. »

La lutte contre le harcèlement à l’école, mais aussi sur les réseaux sociaux est donc une priorité (vidéos humiliantes, propos dégradants…) c’est dans ce cadre que s’inscrit l’interdiction du portable dans les écoles et collèges (ainsi que dans les lycées qui le décident) et l’apprentissage de la façon dont fonctionnent les réseaux sociaux et Internet (sensibilisation aux fake news et aux procédés de radicalisation sur la toile…)

Quant à l’éducation affective et sexuelle, c’est encore un sujet délicat. « Il faut que l’école prenne ça avec beaucoup de discernement, pour qu’on progresse en la matière, mais sans choquer », a souligné la rectrice. Ce n’est donc pas encore cette année que le mot clitoris entrera dans les manuels de SVT.

L’art, la culture et la société numérique

Préparer l’avenir, ça commence très tôt… Photo D.-R.

Pour que les enfants d’aujourd’hui deviennent des adultes capables d’évoluer librement dans la société numérique, l’accent sera mis sur l’utilisation d’internet, le respect de la vie privée, mais aussi l’usage d’objets pédagogiques numériques et l’orientation vers les nouveaux métiers du numérique, avec le développement de l’intelligence artificielle, notamment, en 2025, deux tiers des métiers seront des nouveaux métiers.

Mais internet, ce n’est pas tout : la familiarisation avec l’art, le théâtre, la culture et la musique sera, elle aussi, prioritaire, via la pratique, mais aussi la fréquentation des lieux de culture. Le renforcement de la pratique de la lecture figure également au programme.

Des familles plus soutenues et plus soutenantes

Impliquer davantage les parents et les familles, dans le parcours scolaire des enfants et des jeunes, afin qu’ils connaissent mieux le milieux scolaire est un facteur essentiel de réussite des enfants. Ainsi, grâce à la « mallette des parents », les enjeux de la scolarité et le rôle de chacun seront mieux explicités.

Des réunions seront prévues, pour renforcer le dialogue et le soutien. Grâce à la mallette, les familles seront en outre informées sur les risques d’exposition, sur internet, de leurs enfants aux images pornographiques qui véhiculent une image dégradée de la femme. Par ailleurs, les familles les plus modestes pourront bénéficier de soutiens financiers (bourse collège et lycée, mais aussi une prime d’internat).

Retour de la semaine de quatre jours et « Plan mercredi »

La réforme Peillon, qui avait fait tant de vagues, en instaurant, en 2013-2014, la semaine des quatre jours et demi, semble avoir fait long feu : 70 % des villes françaises, dont Perpignan, l’ont abandonnée. Pour ne pas laisser les enfants livrés à eux-mêmes, tout le mercredi, voici le « plan mercredi » : un cadre périscolaire qualitatif, qui entrera notamment en vigueur à Perpignan, dans les prochaines semaines.

Sport, nature, culture : les activités proposés par les communes seront soutenues par l’Etat, via les CAF. L’aide passe de 0,54 € par enfant et par heure à 1 €, pour les collectivités signataires d’une convention de « Plan mercredi ». Un label qualité permettra de créer un cadre de confiance entre les collectivités, leurs partenaires et les familles.

RoMA