Pratique sportive : Les femmes et les seniors sur le podium

La pratique du sport s'est fortement féminisée ces dernières années. 45% d'entre elles font du sport (source Injep). Photo D.-R.

Selon une étude de l’Injep (*), les Français âgés de 16 ans ou plus sont plus nombreux à déclarer pratiquer au moins une activité sportive au cours des douze derniers mois qu’en 2009 : ils sont 24,4 millions (47 %) contre 21,7 millions en 2009 (44 %). Une hausse portée en particulier par les femmes et les plus de 60 ans…

Il est de notoriété publique que la pratique d’une activité physique et sportive joue un rôle positif sur la santé, le bien-être et l’intégration sociale des individus. La santé est d’ailleurs l’argument mis le premier en avant par les pratiquants. Face à cette évidence, le ministère des Sports s’est donné pour objectif d’augmenter fortement le nombre de pratiquants d’activités physiques et sportives.

Occitanie olympique 2024 : haut-niveau et sport pour tous

La grossesse entraîne malheureusement souvent l’abandon du sport. La Région Occitnaie soutient la pratique d’un sport pour la santé et le bien-être. Photo D.-R.

Cette réflexion est bien ancrée en Occitanie Pyrénées-Méditerranée, où le plan Sport Santé Bien-être vise déjà  à promouvoir et développer la pratique d’activités physiques comme facteur de santé publique et comme thérapeutique non médicamenteuse. Ce plan est co-piloté par la direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DRJSCS) et l’ARS (agence régionale de santé). Il est destiné à des publics aussi variés que les femmes enceintes, les enfants scolarisés, les personnes âgées à domicile, mais aussi en situation de handicap ou dans les entreprises…

Par ailleurs, depuis le mois de mai dernier, la DRJSCS a lancé un espace web dédié à l’observation du sport en Occitanie, rendant accessibles de nombreuses données telles que les équipements sportifs, les licences et les clubs. Toutes ces données sont disponibles en cliquant ICI.

En Occitanie, tout le littoral méditerranéen (des Pyrénées-Orientales au Gard-Rhodanien), la métropole toulousaine ainsi que Tarbes et ses environs sot les zones les mieux équipées. Et les projets sont nombreux, notamment dans le cadre de l’opération Occitanie olympique 2024, qui a été présentée par la présidente Carole Delga lors des Rencontres régionales du sport, en février de cette année. Carole Delga a précisé le double objectif visé : « Assurer le rayonnement de l’Occitanie aux niveaux national et international tout en permettant à tous les habitants de la région de pratiquer un sport, où qu’ils vivent et quels que soient leur âge, leur condition ou leur niveau… »

La pratique du sport se féminise

Car les disparités restent fortes. Selon l’étude de l’Injep : « Plus de la moitié des cadres sont sportifs contre un tiers pour les ouvriers. Avoir un niveau de diplôme élevé, une bonne santé ainsi qu’un niveau de vie élevé augmente
la probabilité d’être sportif tandis que le fait d’avoir au moins un enfant la diminue. Pour les hommes, le principal facteur d’arrêt d’un sport est l’âge. Pour les femmes, c’est l’arrivée d’un enfant qui est un frein à la pratique. »

La pratique sportive a progressé en France au cours des dernières années, fortement entre 2009 et 2012, avant de se stabiliser. Au total, la France comptait environ 2,7 millions de pratiquants (au moins une fois par semaine) de plus en 2015 qu’en 2009. La pratique d’un sport est plus répandue parmi les plus jeunes et diminue avec l’âge.

Toutefois, explique-t-on à l’Injep, « le taux de pratique sportive remonte légèrement chez les 60-64 ans (49%) et diminue fortement au-delà de 70 ans. Ils sont encore 4 sur 10 à déclarer pratiquer une activité sportive chez les 70-74 ans. mais on compte moins d’un quart de sportifs parmi la population des 75 ans et plus. » La hausse de la pratique sportive vers 60 ans peut s’expliquer par le passage de la vie active à la retraite et donc par l’augmentation du temps disponible pour les loisirs. Le manque de temps est en effet l’une des principales raisons évoquées (avec le manque d’intérêt) par les non-pratiquants.

La pratique féminine du soort est en hausse constante… Photo D.-R.

L’autre constat de l’étude, c’est que  la pratique sportive se féminise : entre 2009 et 2015 la pratique sportive des femmes a augmenté de 5 points tandis que celle des hommes est restée stable. Dans l’ensemble et pour
toutes les années, la pratique sportive des femmes reste stable avec l’âge alors que celle des hommes décroît progressivement. Les jeunes hommes âgés de 16 à 24 ans sont ceux qui font le plus de sport : 63 % d’entre eux pratiquent au moins une activité sportive en 2015 contre 50 % des jeunes femmes. En revanche, au-delà de 55 ans et jusqu’à 74 ans, les femmes pratiquent plus souvent une activité sportive que les hommes.

Pour les femmes, l’arrivée d’un enfant dans le ménage apparaît comme un frein à la pratique sportive. Pour les hommes, en dehors de la santé, seul l’âge ressort comme un facteur d’arrêt de leur pratique sportive… C’est sans doute pourquoi des pratiques moins violentes comme la randonnée ou la marche figurent au sommet des activités sportives (près de la moitié des pratiquants réguliers), devant fitness et musculation (environ un sportif sur 5).

En Occitanie, le CNDS (Centre national pour le développement du sport) soutient notamment la diversification de l’offre de pratiques pour les femmes et les jeunes filles au sein des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Il contribue également aux démarches des collectivités territoriales en faveur de l’apprentissage de la natation.

Par ailleurs, dans le cadre du plan Sport pour tous, la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée soutient près de 2000 clubs sportifs par an pour un budget global de plus de 8 M€, plus 2 M€ en 2018 pour les manifestations sportives classées en 3 catégories : « Internationales d’exception », « à fort impact territorial » et « de proximité ». En effet, « quelle que soit leur taille, les manifestations sportives participent au développement du sport par l’incitation à la pratique qu’elles favorisent, en particulier chez les jeunes. Elles contribuent également au maillage et à l’animation du territoire notamment dans les zones rurales et quartiers de la politique de la Ville », souligne-t-on au Conseil régional.

En conclusion, on souligne à l’Injep que « l’accès aux sports pour tous, en s’adaptant à l’environnement et aux moyens de chacun, est l’un des enjeux majeurs pour favoriser la pratique sportive en France. »

Philippe MOURET

(*) L’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) est un service à compétence nationale du ministère de l’Éducation. Sa mission : contribuer à améliorer la connaissance dans ces domaines par la production de statistiques et d’analyses, l’observation, l’expérimentation et l’évaluation. Son ambition : partager cette connaissance avec tous les acteurs et éclairer la décision publique. Accès au site officiel en cliquant ICI.

Les chiffres du sport en Occitanie Pyrénées-Méditerranée :

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