Narbonne : « Petit à petit, Toulouse prendra le dessus… »

Rien n’est encore visible mais, en coulisses, les administrations préparent des économies d’échelle importantes. Certaines auraient déjà choisi Toulouse pour réimplanter leur direction régionale dans le temps. Et, dans la foulée, les entreprises privées les suivront pour être au plus près du même écosystème. C’est ce que défend Didier Mouly, le maire DVD de Narbonne, ville au centre de la région Occitanie à équidistance de Montpellier et Toulouse.

Didier Mouly, le maire de Narbonne. Photo : DR.

Didier Mouly lance : « Regardez la SNCF : elle se réorganise dans la région Occitanie comme dans chacune des régions. Elle se calque sur chaque région administrative. Elle va regrouper ses fonctions de ressources humaines à Montpellier mais demain ? A terme tout ira à Toulouse. Nous sommes bien au courant ici puisque nous sommes associés aux réunions et pour cause : nous avons participé justement à une réunion à Narbonne de l’ensemble des services de ressources humaines de la SNCF pour préparer tout cela sournoisement. Ce sera bientôt la même chose avec la justice : il n’y aura plus qu’une seule cour d’appel dans la région et qu’un tribunal par département. Que vont devenir les locaux devenus vides de sens ? Une maison de justice de proximité qui, petit à petit, disparaîtront dans le temps… Je vous laisse imaginer ce que ça va être avec le privé qui ne se génera pas de partir. » Actuellement, la SNCF a deux directions régionales l’une à Montpellier l’autre à Toulouse et un directeur régional qui a deux adresses, l’une à Montpellier, l’autre à Toulouse… Cela ne va pas durer. Logiquement.

« On sauve provisoirement les apparences »

« Petit à petit, reprend-il, les administrations vont s’employer à faire des économies d’échelle, c’est-à-dire au final des économies tout court… » Et d’ajouter : « Petit à petit, Toulouse prendra le dessus sur Montpellier. L’économie ce sera Toulouse », assure le maire de Narbonne. Alors, oui quand des sociétés d’ampleur au moins régionale auront besoin de lieu de réunions à mi-chemin entre Toulouse et Montpellier, à Narbonne, on pourra certes tirer notre épingle du jeu, géographiquement parlant. » Et toujours selon Didier Mouly, d’autres secteurs profitent de la fusion des deux régions pour s’implanter là aussi dans la Ville Rose,  à l’image de la Ligue de rugby qui a fait par exemple le choix « de garder la gestion des matches et la  commission de discipline à Narbonne ».

Autre exemple ? L’établissement public foncier, qui se charge d’accompagner les communes dans leurs projets. Elle est basée à Montpellier et contrairement à l’esprit de la loi, il est prévu de créer au moins une antenne pour couvrir l’ensemble du territoire d’Occitanie. C’est-à-dire que, même quand une administration reste à Montpellier – pour faire plaisir aux élus montpelliérains – , elle part un peu vers Toulouse… On sauve provisoirement les apparences… »

« Cette fusion avec la prééminence de Toulouse n’est pas une bonne chose pour l’Occitanie qui est, malheureusement, mal irriguée par les voies de communication… Le train, oui… Mais le combat ferroviaire est avant tout celui de Narbonne-Toulouse… »

O.S.C.