Législatives / Parité : L’Occitanie fait mieux que la moyenne

Née à Montauban, Marie-Olympe de Gouges inspirera-t-elle les nouvelles députées ?

A partir des données fournies par le ministère de l’Intérieur, l’Observatoire régional de la parité d’Occitanie a évalué la place des femmes dans la nouvelle Assemblée nationale élue le 18 juin…

France : la parité n’est pas encore réalisée

Rappelons que 41,2 % de candidats du deuxième tour étaient des femmes. Elles étaient 42,2 % au premier tour, soit 8 points au dessous du seuil de la parité. En France il n’y a cependant jamais eu autant de femmes élues à l’Assemblée nationale : 223 (soit 38,6 %), un record pour la Ve République, notamment dû au mouvement porté par La République en Marche !

Cependant, quatre législatures après la promulgation de la loi du 6 juin 2000, il faudrait 65 femmes de plus pour arriver à la parité. Il en manquait 134 en 2012, 182 en 2007, 218 en 2002. Ces mauvais chiffres traduisent la faiblesse de l’arsenal législatif et appellent une évolution de la loi, du seul caractère simplement incitatif de la parité vers une contrainte légale, comme c’est le cas pour l’ensemble de scrutins locaux.

Par la voix de sa présidente, Geneviève Tapié, l’Observatoire régional de la parité d’Occitanie « souligne la responsabilité de l’exécutif en la matière…  Son projet de loi sur la moralisation de la politique, les projets de recomposition de l’Assemblée nationale et de l’élection d’une partie de ses membres à la proportionnelle lui offrent autant d’opportunités d’amender la loi, afin qu’en 2022 l’Assemblée nationale compte – enfin ! – 50 % de femmes. Il en va aussi de la responsabilité des 225 députées élues dimanche. En garantissant la parité dans la loi, on évitera de laisser la représentation paritaire des femmes aux mains de l’unique volonté des partis politiques. »

Occitanie : 42,9 % de députées

De de son côté, la Région Occitanie atteint un résultat tout à fait honorable, puisque elle élit un pourcentage de femmes supérieur à celui de la France entière (42,9 % contre 38,6%). En présentant des femmes députées dans des circonscriptions de bonne qualité électorale, les partis politiques y ont été certainement plus « vertueux ».

Au palmarès de la « vertu » on distingue les Radicaux de Gauche qui font élire toutes leurs candidates (seulement deux, il est vrai, ce qui relativise l’exploit), suivis du Parti socialiste qui fait jeu égal avec de la France Insoumise (66,7 % d’élues). En Occitanie, La République en Marche ! (42,4 %) accuse un retard de 4 points par rapport à son résultat national (46,4%). Dans les départements, le Tarn-et-Garonne confirme son avance du premier tour, en élisant ses deux candidates : Valérie Rabault, PS, députés sortante dans la ville d’Olympe de Gouges, Montauban, et Sylvia Pinel, RDG, députée sortante et ancienne ministre.

L’Aude se caractérise avec, pour la première fois dans son histoire, deux femmes députées sur trois à Limoux-Castelnaudary et Carcassonne, suivie du Gers, du Lot, des Hautes-Pyrénées (50 %) et de l’Hérault (44,4 %) qui inaugure une forte représentation féminine (4 femmes sur 9 députés) : une avancée notamment due au renouvellement des pratiques instituées par la République en Marche ! Enfin, le plus mauvais score revient aux Pyrénées-Orientales avec seulement une femme sur quatre circonscriptions.

Philippe MOURET

Sur l’entre deux tours :

 https://dis-leur.fr/legislatives-la-parite-sous-le-microscope/