Guerre en Iran : Une famille Sétoise au Vietnam angoisse de ne pas avoir de vol retour…

Melvin

Diabétique, le Sétois Melvin Jouany est en vacances en famille au Vietnam et doit gérer le casse-tête de sa santé et d’un hypothétique retour vers Barcelone.

La lumière initiatique de la baie d’Ha Long, l’architecture immuablement graphique des rizières en terrasses de Sapa, le Mékong… Jadis colonisé, les habitants de ce pays ont gardé une belle énergie authentique que les touristes aiment à découvrir. Mais la carte postale du Vietnam a déjà passablement jauni pour Melvin Jouany, sa femme, Pauline et leur fille de 12 ans, Melina. Partis le 16 février de Barcelone pour ce beau pays qu’ils ont visité en partant d’Hanoï, cette famille de Sétois bien connus qui tiennent entre autres le Barajo, s’inquiète sérieusement pour leur retour qui n’a rien de garanti à cause d’un transport aérien très cahotique à cause de la guerre avec l’Iran. Une inquiétude doublée d’une angoisse : diabétique, Melvin est insulino-dépendant et n’a pas forcément avec lui suffisamment de médicaments. Et sa fille est asthmatique.

La compagnie nous a envoyé un message en expliquant que le trafic reprendra doucement pour réacheminer les touristes mais ceux du Moyen-Orient”

La baie d’Ha Long. DR.

Les démarches auprès des autorités n’ont franchement pas donné grand-chose. Et la seule solution qu’ils aient entrevue, c’est un vol Air France pour Paris à un prix exorbitant, dépassant les 13 000 € pour eux trois… ! Et “Vietnam Airlines est complet au moins jusqu’au 24 mars”. Melvin Jouany passe des heures et des heures à chercher une solution aérienne pour rallier une capitale européenne, par exemple. En vain.

“Théoriquement, on doit prendre le vol retour dimanche avec Qatar Airways. On n’a pas (encore) reçu d’annulation mais les vols de vendredi et samedi sont déjà supprimés. On est inquiets pour le nôtre. La compagnie nous a envoyé un message en expliquant que le trafic reprendra doucement pour réacheminer les touristes mais ceux du Moyen-Orient.” C’est le cas d’une autre famille de Sétois dont Dis-Leur vous a narré le périple, Francis et Malaurie Girma qui, eux, ont réussi à décoller d’Abou Dhabi ce matin tôt pour Barcelone.

Pas de solution du consulat à  Ho Chi Minh

Les rizicultures vietnamiennes en terrasses. DR

“On s’est inscrits sur le fil d’Ariane, sur le site du ministère des Affaires étrangères. Aucun retour. On est actuellement à Mui Ne depuis le 3 mars dans le Sud-Est du Vietnam, à trois heures de route de Saïgon, en attendant notre vol retour très hypothétique le 8 mars pour Barcelone via Doha. Mais cela fait six jours qu’aucun vol n’a décollé du pays. J’ai vraiment peur de ne pas pouvoir rentrer et de me trouver à court d’insuline.” Melvin Jouany a contacté le consulat français à Ho Chi Minh qui ne lui a donné aucune piste pour rallier l’Hexagone, juste a-t-il eu comme conseil d’aller à l’hôpital français de Ho Chi Minh, après avoir pris connaissance par mail de leur situation inconfortable.

34 heures de transit via des aéroports exotiques

Il dit encore : “Hier je suis resté debout à scruter le net ; j’ai sorti l’attestation d’assurance et de responsabilité de la carte bleue… J’ai évidemment contacté l’agence de voyages par laquelle on est passés notamment pour les transferts. Elle m’a trouvé un vol avec 34 heures de transit” par des aéroports exotiques… L’Ouzbékistan… “C’est l’enfer.” Soit nous allons rentrer plus tard que prévu, soit je vais me couper un bras pour racheter des billets hors de prix…” Il vient de recevoir un message de la compagnie leur intimant l’ordre de ne pas se déplacer avant 48 heures à l’aéroport, craignant une cohue, ingérable, de touristes en mal de vols retour…

Olivier SCHLAMA

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